Capitale-Nationale

La Capitale-Nationale est une région administrative du Québec. Elle est composée de l’agglomération de Québec, de six municipalités régionales de comté, d’une réserve autochtone hors MRC et d’une municipalité de paroisse hors MRC. Elle ne doit pas être confondue avec la région de Québec. (Wikipédia)

Ainsi, ni les cinémas ni les salles de spectacle ne vont être davantage affectés par les atterrissages en zone orange à Québec, à Montréal et ailleurs, à l’heure de conjurer la seconde vague de la COVID-19. Par cette annonce de nos dirigeants, on se sent soulagés. Les colonnes des temples culturels, si ébranlées, peuvent difficilement en encaisser davantage sans s’écrouler. Mais on retient son souffle. Bien d’autres secteurs, dont les petits commerces et les restaurants, résisteraient si mal à un nouveau confinement en virant au rouge. Alerte pourtant ! Le scénario est possible. Encore possible à éviter. Ce qui frappe lors des points de presse des autorités, c’est cet appel au civisme lancé à une société qui a si longtemps enfoncé le clou de l’individualisme forcené. Voici les antimasques et autres adeptes des théories conspirationnistes, comme les amateurs de gros partys, mis à contribution afin d’aplatir la fameuse courbe, sinon gare ! Ils ne semblent pas partis pour se calmer le pompon, ceux-là… Liberté ! Liberté ! scandent-ils sans évaluer la portée de leurs actes. Elle aura eu ça de bon ! La pandémie nous a mis le nez dans bien des dérives collectives à remettre en cause. Qui avait tant parlé aux foules jusqu’à maintenant du bien commun, notion remisée sur les rayons d’État depuis belle lurette parmi maints idéaux de la Révolution tranquille ? Le civisme et le respect de l’autre auraient dû demeurer au centre du projet social, ici comme ailleurs. Sinon, comment affronter les microbes et les ouragans d’aujourd’hui et de demain ? Car, virus ou pas, les changements climatiques n’annoncent guère un avenir radieux. Les temps de crise sont là pour durer. Le besoin de se serrer les coudes en compagnons de corvée, comme les anciens à l’heure de bâtir granges et maisons, devient une nécessité vitale. Celui aussi de modifier nos modes de vie. On s’était égarés dans les brumes d’un égocentrisme aux couleurs de l’Éden promis à tous… Et puis badaboum ! Certains roulent encore sans masques sur des voies désormais sans issues… Et nous allons sans doute frapper un mur. Il ne nous aura guère menés bien loin, cet idéal du « moi, je »… De nouvelles valeurs doivent émerger pas juste chez les antimasques, mais dans l’ensemble de la population, trop longtemps invitée à ne viser que le confort. Naviguer dans l’esprit des autres Les amateurs de culture, à force de naviguer dans l’esprit des autres par la voie royale des œuvres d’art, possèdent du moins une longueur d’avance sur ceux qui manquent de références. Se frotter à des sensibilités diverses, hors de son petit écosystème, en voyage à travers les époques et les lieux de l’histoire, éclaire la conscience des personnes qui cherchent un peu de lumière. Sur un champ planétaire bouleversé, on invite chacun à ajouter à sa boîte à outils des livres, des tableaux, des notes de musique et des plans sublimes de cinéma. Indispensables flambeaux pour avancer dans le brouillard sans trop trébucher. Privés de pâture pour l’esprit, les gens risquent de rouler à vide, et pour longtemps. La voie du consumérisme est bouchée et la possibilité de se désolidariser des autres tout autant. Nourrissons-nous ailleurs. Pour trop de personnes, la culture se réduit au mot « divertissement » ou se voit présentée uniquement comme une industrie — simple élément de son grand tout —, mais sa sphère d’influence va bien au-delà du délassement du public et des chiffres brandis. Elle est précieuse autant qu’impalpable. Le monde se retrouve en quête de sens. L’art, par sa portée provocatrice et poétique, aide à penser par soi-même et à s’abreuver à d’autres sources que matérielles. Plusieurs estiment que sa survie est une cause mineure face aux cataclysmes et aux énormes défis sanitaires et économiques à nos horizons. Les grandes plateformes américaines leur offrent sensations et émotions à pleines images déferlantes, alors basta ! Point besoin de s’alimenter sur ce plan ailleurs qu’en ligne. Au diable si les géants qui les diffusent ne paient pas de taxes ! Mais l’avenir de la diversité culturelle est en jeu. Cette pandémie joue malgré elle un rôle d’accélérateur dans un processus de nivellement qui menace d’appauvrir le Québec comme la terre entière. Il appartient ainsi à chacun de retrouver l’art à sa manière pour y puiser des sources d’inspiration et l’aider à poursuivre sa mission d’éclaireur dans un univers transformé. On a raison de s’inquiéter pour l’avenir d’un secteur appelé à se dématérialiser de plus en plus pour survivre. Car sans le phare de la culture, nous nous sentirions encore plus aveugles, plus démunis. Ralentir la course de la pandémie est une nécessité pour sauver des vies et des industries, mais aussi pour voler au secours de ce qui permet encore de nous s’envoler.... Lire la suite

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