La revue de presse du 22 avril 2024

La revue de presse du 22 avril 2024

Par Wayan – Le 22 avril 2024 – Le Saker Francophone

Cette semaine, le Proche Orient continue de faire la une de l’actualité, reléguant l’Ukraine et la Chine en arrière-plan.

D’abord avec la guerre de basse intensité entre Israël et l’Iran. Netanyahou a promis de répondre aux bombardements iraniens mais, sous la pression étasunienne, y réfléchit à deux fois :

« Le principal message de l’administration Biden à Israël suite à l’attaque aérienne de l’Iran se résume à ceci : arrêtez-vous et réfléchissez.

Les responsables américains s’attendent à ce qu’Israël réponde d’une manière ou d’une autre aux frappes de samedi, mais, tant de manière publique que privée, ils prennent des mesures qui, espèrent-ils, convaincront Israël de choisir une réponse limitée plutôt qu’une contre-attaque armée totale.

Et pour bien insister :

« Le président Biden a déclaré samedi au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d’un appel que les États-Unis ne soutiendraient aucune contre-attaque israélienne contre l’Iran, a déclaré à Axios un haut responsable de la Maison Blanche. »

Les principaux pays européens aussi font pression :

« Le Premier ministre britannique Rishi Sunak a déclaré que « toutes les parties doivent faire preuve de retenue » pour éviter une spirale croissante de violence au Moyen-Orient. Le président français Emmanuel Macron a déclaré que Paris tenterait de « convaincre Israël que nous ne devons pas répondre par l’escalade ».

Mais il y aura quand même réponse :

« Le chef de l’armée israélienne a déclaré lundi que son pays réagirait aux attaques de missiles et de drones lancées par l’Iran ce week-end, au milieu des appels à la retenue lancés par les alliés soucieux d’éviter une escalade du conflit au Moyen-Orient.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a convoqué son cabinet de guerre pour la deuxième fois en moins de 24 heures pour réfléchir à la manière de réagir à la toute première attaque directe de l’Iran contre Israël, a indiqué une source gouvernementale.

Le chef d’état-major militaire israélien, Herzi Halevi, a déclaré que le pays réagirait, mais n’a fourni aucun détail. “Ce lancement d’autant de missiles, de missiles de croisière et de drones sur le territoire israélien suscitera une réponse”, a-t-il déclaré à la base aérienne de Nevatim, dans le sud d’Israël, qui a subi des dégâts lors de l’attaque de samedi soir. »

Pour mieux faire avaler la pilule, la contre-attaque iranienne est présentée comme un échec pour l’Iran :

« Un porte-parole de l’armée israélienne a déclaré que 99 % des drones et missiles lancés par l’Iran avaient été interceptés. »

Et un succès pour les Etats-Unis :

« La diplomatie et la dissuasion ont échoué, mais samedi soir, l’armée américaine est intervenue pour aider à protéger Israël contre l’attaque sans précédent de l’Iran. On attribue à une défense antimissile presque parfaite, à commencer par les avions et les navires de guerre américains, la destruction de 170 drones, 30 missiles de croisière et 120 missiles balistiques. »

Oubliant le fait que l’Iran, ne voulant que contre attaquer sans déclencher une guerre totale, a volontairement limité les dégâts :

« Pratiquement personne, à l’exception des têtes parlantes israéliennes, ne croit que l’Iran a lancé l’attaque avec l’objectif d’élargir la confrontation. Le fait que l’Iran ait constamment préparé la communauté internationale en déclarant bruyamment ses intentions une semaine à l’avance et en promettant aux États-Unis que son attaque serait “sous contrôle” et menée de manière à “éviter l’escalade” confirme que l’Iran a fait preuve d’une grande retenue dans ses frappes. Même les détracteurs arabes de l’Iran ont raillé les attaques comme un exercice impuissant de “théâtre” politique et militaire. »

L’agence de presse iranienne a publié un communiqué expliquant les motivations de cette attaque :

« Avant tout, l’attaque iranienne a été la première confrontation directe entre la République islamique et le régime sioniste. C’est très important en termes de questions historiques. Des attaques efficaces au plus profond des territoires occupés sont un rêve non réalisé des pays islamiques depuis 1967, devenu réalité grâce aux efforts du berceau de la résistance dans la région. Pour la première fois, des avions iraniens ont attaqué les ennemis de la mosquée Al-Aqsa dans le ciel au-dessus de ce lieu saint.

Le deuxième point est que l’action militaire iranienne, qui répondait à l’agression israélienne contre les locaux diplomatiques du pays à Damas, démontrait que la République islamique avait tenu sa promesse de punir l’agresseur.

L’attaque iranienne a eu lieu à un moment où le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en frappant la mission diplomatique iranienne, tentait d’échapper à la pression provoquée par la lourde défaite du régime à Gaza et d’attirer l’attention d’une opinion publique sioniste fragmentée sur de fausses victoires. Mais la punition sévère infligée au régime sioniste a laissé le cabinet d’extrême droite de Netanyahu les mains vides pour obtenir des résultats.

Le troisième point est que l’attaque de la République islamique contre les positions israéliennes est la deuxième attaque stratégique contre le régime après l’opération palestinienne de tempête d’Al-Aqsa le 7 octobre. L’opération de tempête d’Al-Aqsa a accru la popularité des groupes de résistance palestiniens. L’action militaire visant à montrer que la République islamique a tenu sa promesse contribuera également de manière significative à accroître le soutien populaire à l’Iran dans la région. Cela s’ajoute au fait que l’opération de tempête d’Al-Aqsa et l’action militaire iranienne ont éliminé la fausse grandeur et le prestige du régime sioniste.

Quatrièmement, l’opération du CGRI a été menée alors que les médias mondiaux avaient rapporté plus tôt l’imminence de l’attaque. La préparation maximale du régime sioniste et le soutien politique, diplomatique, du renseignement et militaire des États-Unis et d’autres alliés du régime ont donné naissance à la spéculation selon laquelle l’opération militaire iranienne serait désamorcée par les systèmes de défense du régime et de ses alliés. Mais malgré l’espoir des sionistes de pouvoir contrer les armes iraniennes, de nombreuses images prouvent que les drones et les missiles iraniens ont réussi à atteindre des cibles militaires prédéterminées et que les systèmes de défense des États-Unis et du Royaume-Uni ont échoué. L’ampleur, la précision et la planification stratégique de l’opération ont pris les sionistes au dépourvu, choqués et surpris.

Cinquièmement, l’opération punitive de l’Iran vers les territoires occupés a été menée dans deux vastes zones géographiques dans les deux régions (les points de lancement et les destinations), démontrant clairement la pleine disponibilité de l’Iran à toutes les circonstances.

Sixièmement, la publication de l’annonce précoce du CGRI concernant le début de l’opération hybride contre Israël, quelques heures avant que les missiles et les drones n’atteignent les territoires occupés, indique le niveau de préparation, de confiance en soi et d’assurance de l’Iran.

Septièmement, l’utilisation récente de centaines de missiles et de drones ainsi que l’intensité de l’opération punitive feront probablement comprendre aux autorités du régime sioniste que toute réaction ou réponse contre Téhéran peut ouvrir la voie à des attaques encore plus dévastatrices de la part de l’Iran. »

Ce qui n’est pas dit dans ce communiqué est que cette attaque aura surtout permis à l’armée iranienne d’enregistrer des données au sujet des capacités de l’armée israélienne :

« Le directeur de la campagne d’Avaaz, Fadi Quran, a indiqué sur X que “l’ampleur de l’attaque iranienne, la diversité des lieux qu’elle a ciblés et des armes qu’elle a utilisées ont forcé Israël à découvrir la majorité des technologies antimissiles dont les États-Unis et l’Israël disposent dans la région”.

“Les Iraniens n’ont pas utilisé d’armes dont Israël ignorait l’existence, ils en ont simplement utilisé beaucoup”, a ajouté M. Quran. “Mais il est probable que les Iraniens disposent désormais d’une carte presque complète de ce à quoi ressemble le système de défense antimissile d’Israël, ainsi que des installations américaines en Jordanie et dans le Golfe.

Selon M. Quran, cela signifie que l’Iran peut désormais “rétroconcevoir” les renseignements qu’il a recueillis, tandis qu’Israël et les États-Unis “devront revoir leur modèle actuel”, ce qui rend le coût du “succès” de l’arrêt de l’attaque très élevé.

“Quiconque pense qu’il ne s’agit que d’un coup de théâtre ne comprend pas comment les militaires évaluent la stratégie par rapport à la tactique”, a expliqué M. Quran, soulignant que la collecte de renseignements est un élément clé des longues guerres d’usure, un modèle que l’Iran préfère à la guerre totale. »

Et puis, comme toujours, le nerf de la guerre entre dans la balance :

« Le système de défense aérienne israélien, remarquablement performant, est également très coûteux, surtout si on le compare aux cibles qu’il cherche à abattre.

Par exemple, alors que chacune des roquettes Katyusha de fabrication russe que le Hamas et le Hezbollah tirent régulièrement sur Israël coûte environ 300 dollars, chacun des missiles Tamir que le Dôme de fer utilise pour les intercepter coûte entre 20 000 et 100 000 dollars, selon un rapport de l’Air Force. & Magazine des forces spatiales. Ajoutez à cela le fait que plusieurs missiles Tamir peuvent être tirés sur chaque projectile entrant pour garantir le succès, et le coût de l’interception explose.

Institute for National Security Studies, a déclaré au Wall Street Journal qu’Israël avait dépensé plus de 2,1 milliards de shekels israéliens (plus de 550 millions de dollars) pour repousser le barrage iranien au cours d’une seule nuit. Le site d’information israélien Ynet News a estimé le coût au double, soit plus d’un milliard de dollars.

“Si nous parlons de missiles balistiques qui doivent être abattus avec un système Arrow, de missiles de croisière qui doivent être abattus avec d’autres missiles et de drones, que nous abattons principalement avec des avions, alors additionnez les coûts – 3,5 millions de dollars pour un missile Arrow, 1 million de dollars pour un David’s Sling, tels et tels coûts pour les avions… [nous obtenons] un ordre de grandeur de 4 à 5 milliards de shekels (plus de 1,3 milliard de dollars) », le général de brigade Reem Aminoach, ancien conseiller du chef d’état-major de Tsahal, a déclaré à Ynet News.

En revanche, les missiles balistiques iraniens coûtent environ 100 000 dollars chacun, et les drones Shahed entre 20 000 et 50 000 dollars chacun, selon les rapports du Guardian. Les experts ont estimé le coût de l’attaque pour l’Iran entre 100 et 200 millions de dollars, soit peut-être cinq à dix fois moins que ce qu’Israël a dépensé pour la repousser. »

En attendant la contre-contre-attaque, Israël demande des sanctions contre l’Iran :

« Le ministre israélien des Affaires étrangères, Israël Katz, a déclaré mardi qu’il avait contacté 32 pays et s’était entretenu avec de nombreux homologues, appelant chacun à « imposer des sanctions sur le projet de missile iranien et à déclarer les Gardiens de la révolution une organisation terroriste, afin d’arrêter et d’affaiblir l’Iran ».

« Nous devons arrêter l’Iran maintenant, avant qu’il ne soit trop tard », a déclaré le ministre des Affaires étrangères dans un message publié sur les réseaux sociaux.

Katz a ajouté qu’en plus de la réponse militaire aux tirs de missiles et de drones par Téhéran, il « mène une offensive diplomatique contre l’Iran ». »

Demande immédiatement exécutée par les pays occidentaux :

« La Maison Blanche va imposer de nouvelles sanctions à l’Iran, ciblant le programme de missiles et de drones de Téhéran, à la suite de l’attaque aérienne « sans précédent » du pays contre Israël, a annoncé mardi le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan.

Les sanctions, qui devraient entrer en vigueur « dans les prochains jours », pénaliseront Téhéran pour son attaque contre Israël ce week-end.

Sullivan a déclaré que les nouvelles sanctions cibleraient les « entités » soutenant le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) et le ministère iranien de la Défense.

« Ces nouvelles sanctions et autres mesures continueront d’exercer une pression constante pour contenir et dégrader la capacité et l’efficacité militaires de l’Iran et faire face à l’ensemble de ses comportements problématiques », a déclaré Sullivan. »

« L’Union européenne a décidé ce mercredi 17 avril d’imposer de nouvelles sanctions contre l’Iran visant les producteurs de drones et de missiles, a déclaré le président du Conseil européen Charles Michel. « Nous avons décidé d’imposer des sanctions contre l’Iran, nous voulions envoyer un message clair » après l’attaque contre Israël, a-t-il déclaré à l’issue d’un sommet à Bruxelles rassemblant les dirigeants des 27 pays membres. »

Des sanctions inefficaces si ce n’est pour satisfaire Israël :

« Ces sanctions américaines et britanniques s’ajoutent à une série d’autres sanctions occidentales, rappelle Heloïse Fayet, chercheuse au Centre des études de sécurité de l’Ifri. « L’Iran fait déjà l’objet de très nombreuses sanctions du fait de son programme nucléaire – donc, imposées par les États-Unis – et également de sanctions au niveau européen sur ses exportations d’armement à la Russie. Parce que l’Iran vend des drones à la Russie et potentiellement des missiles balistiques. C’est sous cette justification-là, que certaines entreprises et individus sont ciblés », contextualise-t-elle.

Ces sanctions n’ont pas démontré leur efficacité pour l’heure, estime Heloïse Fayet. Elle constate « que les sanctions ne sont pas toujours très efficaces étant donné que l’Iran continue à enrichir de l’uranium, continue à fabriquer des missiles balistiques, des drones et des missiles de croisière ». « Ça n’a pas de conséquences sur le gouvernement iranien, notamment les Gardiens de la Révolution, du fait d’un marché noir et d’un d’une capacité à éviter les sanctions qui est très importante. Et évidemment, l’attaque du 13 avril de l’Iran sur Israël est le meilleur témoin pour montrer que les stratégies de pression maximale (…) ne fonctionnent pas. »

Et, dans sa crise de « sanctionnite aigu », L’Union Européenne sanctionne le Hamas pour des motifs qui ont été publiquement démontrés comme mensongers, comme nous l’avons reporté les semaines précédentes :

« Ce vendredi 12 avril, le journal officiel de l’Union européenne accuse, par exemple, les brigades al-Qassam d’avoir commis des viols, des assassinats de petites filles et des enlèvements ciblés de femmes et de jeunes filles dans les kibboutz de Kfar Aza et Nahal Oz. Pour la force Noukhba, il s’agit des mêmes accusations, avec en outre des mutilations génitales et des mutilations de cadavres, ainsi que des viols de femmes mineures à Kfar Aza et au festival musical Nova de Re’im.

Cette décision est prise dans le cadre du régime de sanctions de l’Union européenne pour les Droits de l’homme, qui couvre en particulier les crimes contre l’humanité. Lors du dernier sommet européen, il a aussi été prévu des sanctions contre les colons israéliens accusés de violences en Cisjordanie. Mais les Européens voulaient instaurer d’abord ces nouvelles sanctions contre les mouvements terroristes palestiniens, afin de ne pas donner l’impression de les mettre sur le même pied. »

Sanctions inutiles et ne faisant que démontrer, une fois de plus, la complicité de l’Union Européenne dans les crimes israéliens contre les palestiniens car elle oublie de sanctionner les nombreux crimes israéliens :

« Dans une lettre adressée au procureur général israélien et aux ministres de la Défense et de la Santé, obtenue par Haaretz, le médecin a déclaré que les conditions de vie à l’hôpital de campagne de Sde Teiman compromettaient la santé des détenus et violaient l’éthique médicale.

« Cette semaine encore, deux prisonniers ont été amputés des jambes à cause de blessures liées aux menottes, ce qui est malheureusement un événement courant », a déclaré le médecin dans la lettre, selon le journal Haaretz de jeudi. Il a écrit que des soins inappropriés dans le centre de détention ont entraîné « des complications et parfois même la mort du patient », ajoutant que « cela fait que nous tous – les équipes médicales et vous, ceux qui sont en charge de nous dans les ministères de la Santé et de la Défense, complice de violation de la loi israélienne.

Haaretz a rapporté que le médecin a déclaré que « les détenus sont nourris avec des pailles, défèquent dans des couches et sont constamment attachés, ce qui viole l’éthique médicale et la loi ».»

Autre preuve de la complicité occidentale avec l’apartheid israélien. Le 16 avril le Conseil de sécurité de l’ONU déclare :

« Un comité du Conseil de sécurité des Nations Unies examinant la demande de l’Autorité palestinienne de devenir membre à part entière de l’ONU “n’a pas été en mesure de formuler une recommandation unanime” sur la question de savoir si l’Autorité palestinienne satisfaisait aux critères, selon le rapport du comité consulté par Reuters mardi. »

Voyant le vote arriver, les Etats-Unis décident de faire pression :

« Reconnaissant que bloquer l’initiative l’exposerait aux critiques à l’étranger de la part de ses partisans qui affirment qu’elle contribue à concrétiser la solution à deux États que les États-Unis prétendent soutenir, l’administration Biden a discrètement tenté de convaincre le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, de suspendre la candidature au Conseil de sécurité de l’ONU, a déclaré un responsable palestinien au Times of Israel, confirmant les informations du site d’information Axios.

Abbas a cependant repoussé les efforts américains, dans un contexte de frustration face à ce qu’il considère comme l’incapacité de Biden à faire suffisamment pression sur Israël et le refus de donner suite aux promesses de réouverture du consulat américain à Jérusalem et de la mission diplomatique de l’OLP à Washington.

Conscients qu’Abbas ne tiendrait pas compte de son appel, les États-Unis se sont efforcés de convaincre les autres pays du Conseil de sécurité de s’abstenir ou de s’opposer à la candidature de l’État palestinien, afin qu’ils ne soient pas obligés d’utiliser leur veto, a déclaré le responsable palestinien. »

Pressions qui n’ont eu aucun effet puisque véto il y a eu :

« Les États-Unis ont opposé jeudi leur veto à une résolution de l’ONU largement soutenue qui aurait ouvert la voie à l’adhésion à part entière de la Palestine à l’ONU, un objectif que les Palestiniens recherchent depuis longtemps et qu’Israël s’efforce d’empêcher.

Le vote au Conseil de sécurité, composé de 15 membres, a été de 12 voix pour, les États-Unis s’y sont opposés et deux abstentions, du Royaume-Uni et de la Suisse. Les alliés des États-Unis, la France, le Japon et la Corée du Sud, ont soutenu la résolution.

Le fort soutien reçu par les Palestiniens reflète non seulement le nombre croissant de pays reconnaissant leur État, mais aussi presque certainement le soutien mondial apporté aux Palestiniens confrontés à une crise humanitaire provoquée par la guerre à Gaza, qui en est maintenant à son septième mois.

La résolution aurait recommandé que l’Assemblée générale des Nations Unies, composée de 193 membres, où il n’y a pas de veto, approuve que la Palestine devienne le 194e membre des Nations Unies. 140 pays ont déjà reconnu la Palestine, son admission aurait donc été approuvée, probablement par un nombre beaucoup plus élevé de pays. »

Pour tenter d’expliquer ce véto qui contredit les déclarations officielles, la mission des Etats-Unis auprès de l’ONU s’est fendue d’un communiqué tentant d’expliquer cette danse de St Guy :

« Depuis les attentats du 7 octobre, le président Biden a clairement indiqué qu’une paix durable dans la région ne peut être réalisée que grâce à une solution à deux États, avec la sécurité d’Israël garantie. Il n’existe aucune autre voie qui garantisse la sécurité et l’avenir d’Israël en tant qu’État juif démocratique.

Il n’existe aucune autre voie qui garantisse aux Palestiniens de vivre en paix et dans la dignité dans leur propre État. Et il n’existe aucune autre voie menant à l’intégration régionale entre Israël et tous ses voisins arabes, y compris l’Arabie saoudite.

Nous savons également depuis longtemps que des actions prématurées ici à New York, même avec les meilleures intentions, ne permettront pas au peuple palestinien de devenir un État.

En tant que membres du Conseil de sécurité, nous avons la responsabilité particulière de veiller à ce que nos actions favorisent la cause de la paix et de la sécurité internationales et soient conformes aux exigences de la Charte des Nations Unies.

Comme le reflète le rapport du Comité d’admission, il n’y avait pas unanimité parmi les membres du Comité quant à savoir si le candidat satisfaisait aux critères d’adhésion énoncés à l’article 4 de la Charte des Nations Unies. Par exemple, des questions restent en suspens quant à savoir si le demandeur répond aux critères pour être considéré comme un État.

Nous appelons depuis longtemps l’Autorité palestinienne à entreprendre les réformes nécessaires pour contribuer à établir les qualités nécessaires à la création d’un État et notons que le Hamas – une organisation terroriste – exerce actuellement pouvoir et influence à Gaza, partie intégrante de l’État envisagé dans cette résolution.

Pour ces raisons, les États-Unis ont voté « non » à cette résolution du Conseil de sécurité. »

En langage clair cela veut dire que les Etats-Unis considèrent positivement la création d’un Etat palestinien mais considèrent en même temps que les palestiniens ne sont pas capables de gérer un Etat car beaucoup sont des terroristes. Un tantinet suprématiste/raciste comme explication.

Une explication qui laisse songeur et oriente plutôt vers une autre explication, beaucoup plus logique. Biden est tenu en laisse par l’AIPAC, le lobby israélien à Washington, et acquiesce à toutes ses demandes, même celles qui font perdre la crédibilité des Etats-Unis.

Par contre, la Russie a décidé de pencher du côté palestinien :

« Le représentant permanent de la Russie auprès de l’ONU, Vasily Nebenzia, a appelé les Nations Unies à envisager d’imposer des sanctions à Israël pour son non-respect des résolutions obligatoires adoptées par le Conseil de sécurité.

Il a souligné que la résolution 2728 du Conseil de sécurité de l’ONU exigeait un cessez-le-feu à Gaza pendant le Ramadan, et que cela n’avait pas été mis en œuvre par Israël.

« Nous vous rappelons une fois de plus que le non-respect des résolutions impératives du Conseil de sécurité doit entraîner des sanctions contre les contrevenants. Nous pensons que le Conseil devrait examiner cette question sans délai », a déclaré Nebenzia jeudi lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU. »

La Russie est aussi sortie de la salle du Conseil de sécurité de l’ONU avant le discours du représentant israélien. Suivie par les représentants des pays arabes.

Car sur le terrain le massacre continue :

« Les chars israéliens ont réenvahi mardi certaines parties du nord de la bande de Gaza qu’ils avaient quittées il y a des semaines, tandis que des avions militaires menaient des frappes aériennes sur Rafah, le dernier refuge des Palestiniens dans le sud du territoire, tuant et blessant plusieurs personnes, ont indiqué des médecins et des habitants.

Les résidents ont signalé une panne d’Internet dans les zones de Beit Hanoun et de Jabalia, au nord de Gaza. Les chars ont avancé dans Beit Hanoun et ont encerclé certaines écoles où des familles déplacées ont trouvé refuge, ont déclaré les habitants et les médias du groupe militant palestinien Hamas.

“Les soldats de l’occupation ont ordonné à toutes les familles se trouvant à l’intérieur des écoles et des maisons voisines où les chars avaient avancé d’évacuer. Les soldats ont arrêté de nombreux hommes”, a déclaré à Reuters un habitant du nord de Gaza via une application de discussion. »

« Les forces israéliennes ont tué 14 Palestiniens lors d’un raid en Cisjordanie occupée samedi, tandis qu’un chauffeur d’ambulance a été tué alors qu’il allait chercher des blessés lors d’une autre attaque menée par des colons juifs violents, ont indiqué les autorités palestiniennes. »

La famine continue :

« Les engagements d’Israël visant à améliorer l’accès à l’aide dans la bande de Gaza ont eu un impact limité, voire nul, a déclaré jeudi le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, alors qu’il appelait à des progrès urgents, significatifs et mesurables pour éviter la famine.

“Pour éviter une famine imminente et de nouveaux décès évitables dus à la maladie, nous avons besoin d’un bond en avant dans l’aide humanitaire aux Palestiniens de Gaza. La nourriture est essentielle, tout comme l’eau potable, l’assainissement et les soins de santé”, a déclaré António Guterres au Conseil de sécurité. »

Les populations occidentales continuent d’être divisées sur le sujet :

« Après les campus américains, c’est désormais au tour des géants de la technologie d’être traversés par de vifs débats sur le conflit israélo-palestinien. La question suscite depuis quelques mois d’importantes contestations internes chez Google et Amazon. Les remous au sein des deux entreprises ne sont pas nouveaux, mais la guerre à Gaza a remis en lumière la crainte de voir les technologies d’intelligence artificielle développées par ces entreprises être utilisées à des fins militaires par Israël.

En 2021, le ministre des Finances israélien annonce la signature avec Amazon et Google d’un contrat faramineux de 1,2 milliard de dollars en échange de l’installation de centres de données régionales en Israël, assorti de l’utilisation de ses services d ‘intelligence d’artificielle et de sauvegarde dans le cloud.

À l’époque déjà, de nombreux employés émettent de vives inquiétudes quant à ce contrat. Une première tribune signée par des employés de Google et Amazon avait été publiée par le Guardian en octobre 2021 pour dénoncer le « projet Nimbus » et la « vente d’une technologie dangereuse à l’armée et au gouvernement israélien » qui pourrait permettre « une surveillance massive des Palestiniens et une collecte de données illégale », notamment en matière de reconnaissance faciale.

Mais la pression est encore montée d’un crâne le 4 mars dernier. Un jeune ingénieur de Google, portant un tee-shirt siglé du slogan « No Tech for Apartheid » a interrompu une conférence sur la tech israélienne se tenant à New York et sponsorisée par le moteur de recherche en criant devant le public : « Je suis ingénieur logiciel chez Google et je refuse de créer une technologie qui alimente un génocide, l’apartheid ou la surveillance ». Le jeune homme de 23 ans est alors évacué manu militaire de la salle. Trois jours plus tard, il est convoqué par ses supérieurs et licencié par Google.

Eddie Hatfield est ainsi devenu le visage d’un mouvement de protestation qui traverse Amazon et Google depuis la signature du « projet Nimbus » avec Israël, et prend de l’ampleur depuis le début de la guerre à Gaza. Près d’un millier d’employés seraient rassemblés derrière « No Tech for Apartheid », dont au moins 200 chez Google, selon le Time. Ils se manifestent depuis plusieurs mois devant les locaux des deux géants du net, et réclament la fin pure et simple de leurs activités avec Israël. »

Finalement, en fin de semaine, le duel irano-israélien s’est terminé en vaudeville. Le gouvernement iranien annonce avoir intercepté quelques drones près de l’aéroport d’Isfahan. Il estime même que ce n’est pas Israël qui a pu envoyer de tels drones de si loin. Dans la foulée, les médias étasuniens, pas le gouvernement, annoncent qu’Israël a lancé ses représailles et que, comme il n’y a pas eu de dégâts, l’Iran considère que l’affaire est close, il n’y aura donc plus de représailles. Le gouvernement israélien n’a pas revendiqué avoir lancé ces drones, n’a fait aucun commentaire, le gouvernement étasunien non plus. Seuls les médias spéculent sur cette affaire avec comme message principal « le duel Iran-Israël est terminé, chacun compte ses pions ».

Alors est-ce un piège pour mieux attaquer l’Iran quand il aura baissé la garde ou est-ce une manipulation psychologique des Etats-Unis, avec l’aval tacite de l’Iran, pour empêcher que les choses ne dégénèrent au Moyen Orient ?

Chacun y va de son interprétation :

« Washington a donné son feu vert aux plans israéliens d’invasion de la ville de Rafah, dans le sud de Gaza, en échange d’une limitation de la réponse israélienne à l’opération iranienne du week-end dernier, a rapporté Al-Araby Al-Jadeed , “L’administration américaine a accepté le plan d’occupation de Rafah en échange de la non-réalisation d’une attaque à grande échelle contre l’Iran”, ont déclaré des sources égyptiennes au média. »

On peut aussi penser que l’aide israélienne, bloquée au Congrès avec l’aide ukrainienne depuis des mois et qui vient soudainement de débloquer, faisait partie du marchandage avec Israël pour qu’il abandonne toute idée de vengeance :

« Avec un élan bipartisan rare, la Chambre a fait avancer vendredi un programme d’aide étrangère de 95 milliards de dollars pour l’Ukraine, Israël, Taiwan et le soutien humanitaire, alors qu’une solide coalition de législateurs l’a aidée à surmonter un obstacle procédural pour atteindre les votes finaux ce week-end. »

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Les sanctions semblent être devenues une sorte de réflexe pavlovien chez les dirigeants occidentaux qui les utilisent à tour de bras tout en sachant leur inefficacité. Un signe de désespérance ?

« Les États-Unis vont réimposer des sanctions contre le secteur pétrolier du Venezuela car le gouvernement du président Nicolas Maduro a poursuivi la « répression » de ses opposants, ont déclaré ce mercredi 17 avril des responsables américains. Caracas « a failli » à respecter ses engagements en vue de la tenue en juillet d’une élection présidentielle équitable, ont dit ces hauts responsables américains. »

Quand ce ne sont pas des sanctions économiques ce sont des augmentations des droits de douane :

« Le président Joe Biden a appelé mercredi à des tarifs douaniers américains nettement plus élevés sur les produits métalliques chinois dans le cadre d’un ensemble de politiques visant à plaire aux métallurgistes de l’État charnière de Pennsylvanie, au risque de provoquer la colère de Pékin.

Alors qu’il faisait campagne pour sa réélection dans la « Steel City » de Pittsburgh, les collaborateurs de Biden ont déclaré que le président américain proposait de porter à 25 % les droits de douane imposés par son prédécesseur Donald Trump sur certains produits chinois en acier et en aluminium. »

L’importation de « produits métalliques » chinois est-il vraiment un grave problème pour l’économie étasunienne ?

« « Nos actions commerciales sont en réalité stratégiques et équilibrées. Le président Biden n’imposera pas de tarifs douaniers inefficaces et généralisés qui augmenteraient les coûts et nuiraient à des centaines de milliers d’emplois », a déclaré le responsable. « En fait, les importations d’acier en provenance de Chine représentent environ 0,6 % de la demande totale d’acier aux États-Unis, c’est donc assez faible et nous ne voyons aucune répercussion inflationniste. Mais il est important pour nous d’anticiper la nouvelle poussée des exportations chinoises et la pression continue sur les prix qui rend difficile la concurrence des entreprises sidérurgiques américaines.»

Néanmoins, ce sont les consommateurs américains qui paieront en fin de compte tous les droits de douane sur les importations, et non le pays exportateur – ce qui peut entraîner une augmentation des prix.

Le syndicat United Steelworkers, un syndicat clé représentant les travailleurs de l’industrie sidérurgique, a soutenu la campagne de réélection de Biden le mois dernier. »

On voit dans cet exemple concret qu’un des gros problèmes des « démocraties libérales » est que de nombreuses décisions ne sont pas prises pour l’intérêt à long terme du pays mais pour des raisons purement électoralistes. C’est une des causes de la perte de compétitivité des nations occidentales.

La Chine voit bien le problème :

« Le président américain Joe Biden fait pression pour que les droits de douane triplent sur l’acier et l’aluminium chinois, un nouveau signe que Washington – au mépris des règles multilatérales de l’OMC, des pressions inflationnistes intérieures et de la stabilité de la chaîne d’approvisionnement mondiale – cible les industries chinoises sous couvert d’un problème de « surcapacité ».

Il est possible que la hausse des droits de douane soit imposée, estiment les observateurs, car Biden est pressé d’obtenir plus de soutien dans sa campagne présidentielle de la part des industries sidérurgiques, qui représentent un grand nombre d’électeurs dans les États bascules, et comme une éventuelle augmentation des droits de douane pourrait également ouvrir la voie à des enquêtes plus continues sur les secteurs chinois, tels que la construction navale et les véhicules à énergies nouvelles. »

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Toujours cette attitude schizophrénique des Etats-Unis dans leur relations avec la Chine. D’un côté le ministre de la défense étasunien appelle son homologue chinois pour une conversation de courtoisie pendant qu’il organise des exercices militaires au large des côtes chinoises :

« Dans la soirée du 16 avril, le ministre chinois de la Défense Dong Jun a eu un appel vidéo avec le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin à la demande de ce dernier. Il s’agit de la première communication entre les chefs de la défense de la Chine et des États-Unis depuis novembre 2022, et représente le dernier développement dans la mise en œuvre du consensus important atteint par les dirigeants des deux pays. L’appel a duré plus d’une heure et s’est concentré sur plusieurs questions majeures et sensibles entre les deux armées, notamment la question de Taiwan et la question de la mer de Chine méridionale. Selon la réponse de la partie américaine, l’appel s’est relativement bien déroulé, les responsables du Pentagone déclarant qu’il s’agissait d’une « étape importante » pour maintenir ouvertes les lignes de communication entre les deux puissances militaires. Mais ce n’est certainement pas la dernière étape : « il y en aura davantage ». »

De l’autre ils installent des lanceurs de missiles dirigés vers la Chine :

« La Chine s’oppose fermement au déploiement américain de missiles balistiques à moyenne portée dans la région Asie-Pacifique et au renforcement du déploiement avancé aux portes de la Chine pour rechercher un avantage militaire unilatéral, a déclaré le ministère chinois des Affaires étrangères en réponse à l’annonce par l’armée américaine du Pacifique du déploiement réussi d’une nouvelle capacité de missiles balistiques à moyenne portée, une décision considérée par certains comme contribuant à renforcer la dissuasion contre la Chine.

L’armée américaine du Pacifique a annoncé lundi, heure locale, sur son site Internet, qu’elle avait déployé son nouveau système de missiles à moyenne portée, également connu sous le nom de Typhon Weapons System, dans le nord de Luzon, aux Philippines, dans le cadre des exercices bilatéraux annuels entre les Philippines et l’armée américaine du Pacifique, baptisée Salaknib, qui a débuté le 8 avril. »

Ceux qui suivent la géopolitique internationale depuis assez longtemps se souviendront que les gros problèmes avec la Russie ont commencé quand les Etats-Unis proposèrent d’installer des missiles en Pologne pour « contrer les missiles iraniens » alors qu’ils étaient visiblement dirigés contre la Russie. La même tactique est aujourd’hui employée contre la Chine.

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Nous finirons avec un article d’économie nous expliquant pourquoi la fin de l’économie mondiale reposant sur le dollar est proche :

« Plusieurs analystes financiers ont remarqué quelque chose d’étrange dernièrement ; un phénomène qui a débuté en 2022, mais qui s’accentue et s’aggrave rapidement. On veut parler du prix de l’or bien sûr – mais bien qu’il atteigne des records historiques presque chaque semaine, il ne s’agit pas uniquement de sa valeur en dollars qui interpelle : il s’agit aussi et surtout de sa déconnexion par rapport aux taux d’intérêts de référence, c’est-à-dire les taux obligataires américains à dix ans.

La raison pour laquelle prix de l’or et taux d’intérêts devraient être corrélés est évidente : l’or ne rapporte aucun rendement ; on ne gagne aucun intérêt en stockant du métal. Au contraire, des obligations d’État rapportent un certain taux annuel. Lorsque ce taux d’intérêt est inférieur à l’inflation (ou a fortiori négatif), alors l’or gagne en attractivité : c’est l’actif sûr par excellence, et même à 0% son rendement est supérieur à un taux réel négatif. En revanche lorsque les taux d’intérêt montent, l’attractivité de l’or a tendance à diminuer, car les investisseurs préfèrent placer leur épargne de façon à en extraire une rente, sous réserve que ce placement soit sûr et que la rente soit garantie.

Or ce principe qui a prévalu pendant si longtemps cesse d’être vrai ; et cela reflète un bouleversement en cours de l’ordre financier international. Pour comprendre pourquoi, on doit faire quelques pas en arrière et rappeler l’histoire monétaire récente. »

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A lundi prochain

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