Lecture de détente : les merdes du F-35

Lecture de détente : les merdes du F-35

Lecture de détente : les merdes du F-35

31 mai 2023 (16H45) – Au début, je m’étonnais, je trépignais, je triomphais, je me scandalisais… C’était au début, quand j’étais sérieux. Aujourd’hui, je l’avoue, cette lecture est une bonne lecture de détente, une sorte de souvenir nostalgique qu’on assure et qu’on goûte, avec une certaine, comment dire ? Ben, nostalgie justement, en peine séance de nostalgique fara-niente… Pensez donc ! Je suis avec le JSF, qu’on a voulu peinturlurer en F-35 pour qu’il passe inaperçu (‘stealthy’), depuis 30 ans exactement ! Oui, je le jure, c’est en 1993 qu’on a commencé à parler du programme JSF, qui avait alors un autre acronyme avec un “A” quelque part en plus, prestement abandonné pour être JSF en 1994. Vous vous rendez compte du feuilleton ? De la romance des vieux époux ? De mes jeunes années, des plus belles années de notre vie, à nous autres aujourd’hui vieillards furtifs (‘stealthy’) ?

Car avec le JSF, c’est chaque jour, ou disons chaque année, la mousson, une sorte de ‘Nina’ des conneries et des pannes dans la panne de la panne, chaque année pannes réparées et renouvelées, pannes pires que pannes d’auparavant… Un miracle de durée, une aubaine des belles manchettes de la presse ‘American Wonderland’, l’‘American Dream’ en 3D, en 4D, en 5D, à la fois sans fin et infini, un rêve dont on ne voit pas la fin, dont on n’imagine pas la fin ; imaginer ‘The End’, comme à Hollywood, et voir un F-35 décoller et voler normalement, comme tout le monde, tenant son assiette sans décrocher, sans glisser avec le moteur qui s’emballe, – voler médiocrement bien, quoi, – mais ce serait d’un triste !

Ainsi est-ce sans surprise que je suis vertement interpellé par un titre de cette presse honnie et défendue qu’est RT.com, que je lis en cachette, à la sauvette car je sais bien ce qu’elle vaut… Qui nous conte, – quoi ? Les derniers déboires du grand copain du JSF qu’est le GAO, cette Cour des Comptes US qui, chaque année à la même époque, dépose sa petite commission sur le seuil du JPO (‘Joint Strike Fighter Program Office’), devenu je crois, whopping trouvaille de com’, le ‘Joint Strike Fighter Wing’ pour nous faire croire qu’il vole (non, je me trompe, c’est la boutique du F-35C de la seule Navy)… Enfin, n’essayez plus de comprendre et oyez les bons vœux du GAO, circa-2023 :

« Le programme d'avions de combat F-35, fleuron du Pentagone, pourrait nécessiter 38 milliards de dollars supplémentaires pour couvrir les coûts de maintenance découlant de problèmes techniques liés au système de refroidissement, qui entraînent une surchauffe des moteurs, ont déclaré les auditeurs du gouvernement américain.

» Dans un nouveau rapport publié mardi, le Government Accountability Office (GAO) souligne que le programme F-35 “continue de subir des retards de calendrier, une augmentation des coûts et des livraisons tardives”. »

Avec cette petite gâterie mignonette : on se démène pour mettre au point le simulateur de vol dont on a absolument besoin pour démontrer qu’on peut lancer la production en série du programme, – alors qu’on a déjà produit largement plus de 500 exemplaires et que la plupart des forces aériennes de l’Occident-facultatif volent en solos sur cette superbe bête dans des manœuvres au sol, près de la frontière russe, en soutien à l’Ukraine… Lisez ça, je ne raconte pas des craques, et je m’arracher les rares cheveux qui me restent en clamant au Ciel vers ce Dieu complètement indifférent : “Mais mon Dieu, pourquoi des F-16 ? Pourquoi des F-16 ?! Pourquoi pas des F-35 pour Zelenski et sa contre-offensive ?”

« Le Pentagone a également du mal à achever un simulateur de vol pour le jet, une étape nécessaire pour démontrer que l'avion est prêt pour une production à plein régime, même si plus de 125 unités par an sont déjà fabriquées, indique le rapport. »

Et puis, vachard, le rapport du GAO rajoute cette précision qui remonte à 2019, comme si l’on n’avait pas conclu en engagement d’honneur de ne parler que des merdes de l’année fiscale en cours, – ce qui nous donne un rapport sur les reports de fric qui n’expliquent pas tout :

« Entre-temps, depuis 2019, les coûts d'approvisionnement ont grimpé de 13,4 milliards de dollars, en partie parce que le Pentagone a étalé les achats de l'avion sur une plus longue période, indique le rapport, bien qu'il précise que “les mécanismes de reports des coûts du programme n'expliquent pas complètement les raisons de la croissance des coûts”. »

Mais voilà qu’on en rajoute-rajoute, on va chercher dans tous les coins, sans aucune pudeur, voilà qu’on veut la peau de cette vénérable bouse ‘stealthy’, datant du technéolitique, qui a bien gagné un peu de repos pour ses bons et loyaux déboires, jamais en retard, jamais oublieux des rendez-vous, toujours à l’heure lorsque se présentent un dépassement de crédit, une panne d’ordi, un appontage sur une roue, une fonte de la peinture ‘stealthy’ sous la chaleur, – cette sacrée fucking-chaleur !

« Le GAO a noté que l'un des principaux défis auxquels le Pentagone est confronté est la modernisation du moteur du F-35 et du système de gestion de la chaleur.

» “Le système de refroidissement est surchargé, ce qui oblige le moteur à fonctionner au-delà de ses paramètres de conception. La chaleur supplémentaire augmente l'usure du moteur, réduit sa durée de vie et augmente les coûts de maintenance de 38 milliards de dollars”, indique le rapport. »

Et bien sûr, là-dessus on y revient, on répète les mêmes salades rances en vous disant que c’est l’avion le plus bla-bla-bla à $80 millions, et que le programme est bla-bla-bla d’au moins dix ans – et alors ? C’est pour plus de sûreté ! – qu’il va encore nous bla-bla-bla quatre ou cinq cargaisons de C-17 avec des dizaines de tonnes de billets de $100, ou bien de $1 000, – ils pleurnichent toujours, tous, pour leurs machines d’imprimerie, que ce soit pour imprimer des dollars ou pour imprimer des bibles… Le JSF, lui, monsieur, n’a nul besoin d’impression ! C’est du standard, du solide, des merdes en belle, bonne et due forme… Enfin, s’ils insistent, ces jaloux…

« Le programme d'acquisition d’un très couteux programme de l'arsenal américain, – chaque avion coûte environ 80 millions de dollars, – a connu de nombreux problèmes. Selon le GAO, il a pris une dizaine d'années de retard et dépasse de 183 milliards de dollars les estimations initiales, tandis que le Pentagone devrait dépenser la somme colossale de 1 700 milliards de dollars pour l'achat, l'exploitation et la maintenance de l'avion pendant toute la durée du programme. »

Et puis cette dernière petite touche. L’USAF, qui est super-LGTBQ avec son hyper-général CQ Brown, a l’élégance des grands esprits avancés. Elle procède par petites touches, elle avance comme une écrevisse à postcombustion, elle fait décoller sa vedette après avoir mis le petit bout du petit doigt de pied dans les airs pour vérifier qu’un ‘Patriot’ est prêt à flinguer un ‘Kinzhal’ qui pourrait passer devant le nez d’un JSF ; alors elle réduit leur rythme de vol, elle les garde en réserve, bien au chaud, ne les lâche que par groupe d’un ou d’un et demi, ne les laisse décoller qu’après qu’ils aient fait au moins dix ou quinze tours de piste au petit trot, et décide au dernier moment, bonne fille et bonne mère, qu’il faut réviser la peinture ‘stealthy’ pour vérifier de visu qu’elle est toujours invisible.

« Malgré ces dépenses colossales, le lieutenant général de l'armée de l'air américaine Michael Schmidt, responsable du programme, a déclaré en mars que le Pentagone disposait de plus de 540 F-35, mais que seule la moitié d'entre eux étaient capables d'effectuer un nombre limité de missions. En outre, il a estimé que moins de 30% des jets pouvaient être qualifiés d'entièrement prêts au combat. »

Au fait le JSF a-t-il répondu aux tests de conformité, d’inclusivité, de cancellation, de wokenisation, de genrisation, de transgenrisme, bref aux tests de viol (ou vol ?) en bonne conduite en cours aujourd’hui au Pentagone ? Si ce n’est le cas, c’est ben trovato et tout s’explique.

Source: Lire l'article complet de Dedefensa.org

À propos de l'auteur Dedefensa.org

« La crisologie de notre temps » • Nous estimons que la situation de la politique générale et des relations internationales, autant que celle des psychologies et des esprits, est devenue entièrement crisique. • La “crise” est aujourd’hui substance et essence même du monde, et c’est elle qui doit constituer l’objet de notre attention constante, de notre analyse et de notre intuition. • Dans l’esprit de la chose, elle doit figurer avec le nom du site, comme devise pour donner tout son sens à ce nom.

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