Simone Veil ou Simone Weil ?

Simone Veil ou Simone Weil ?

Nées toutes deux dans des familles de la bourgeoisie juive, elles évolueront aux antipodes les plus absolument éloignés du positionnement historique…

Une notoriété anti-spectaculaire est devenue quelque chose d’extrêmement rare…
Debord, Commentaires sur la société du spectacle

La critique radicale ne confond pas les gestionnaires mondains de la liberté despotique du profit et les insurgés communards de l’émancipation humaine… Par-delà les homonymies aléatoires, elle sait faire la véritable différence certaine entre les fidèles commerciaux de l’alliance capitaliste planétaire et les indociles amoureux de la Commune anti-étatique qui entend abolir l’argent…

Simone Weil, Resplendissante femme communeuse des mouvements réels qui font production réfractaire de l’Amour de Vérité ardente …
Février 1909 – Août 1943

… Argent, machinisme, algèbre : les trois monstres de la civilisation actuelle…
Simone Weil, La pesanteur et la grâce

La Simone avec un V est un haut fonctionnaire conventionnel et monotone, ministre de la Santé sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. Réchappée de l’épidémie de typhus qui frappa le camp de Bergen-Belsen, elle entreprend après-guerre une carrière judiciaire et devient membre du Syndicat de la magistrature dont le progressisme capitalistique colonisera graduellement tous les lieux de direction centrale de la machinerie judiciaire française. Elle regarde avec complaisance le Mai 68 estudiantin et culturel qui vient efficacement dissimuler la grève sauvage prolétaire et qui annonce la révolution mercantile des objets désirants prônés tout à la fois par les banquiers huppés et les faunes gauchistes du libre-échangisme consommatoire. Elle devient en 1970 la première femme secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature. Promoteur éthique institutionnel des flux capitalistes de valorisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans le cadre de la loi du 17 janvier 1975 qui porte d’ailleurs son nom.  Icône idéologique branchée du médiatisme de tous les leurres officiels qui fondent le Ministère de la Vérité capitaliste contemporaine. Emblème très favorisé de la lutte pour l’égalité sexuelle sur le marché des vies arraisonnées par la loi de la valeur et bien sûr politicienne extrêmement perméable aux dogmes immigrationnistes patronaux… Premier président du Parlement européen Bruxellois de l’ordre américain mondialiste et de tous ses mensonges indispensables. Elle a présidé la vénérée Fondation pour la mémoire de la Shoah, dont elle est par la suite devenue président d’honneur. Membre du Conseil constitutionnel, de l’Académie française et titulaire de plusieurs autres fonctions dans différents bidules insignifiants des comédies infinies du négoce démocratique, elle a reçu quasiment toutes les distinctions et décorations que le spectacle de la marchandise est susceptible d’offrir… Enfin, elle a fait son entrée religieuse au Panthéon maçonnique du Capital avec son mari, entrepreneur et haut fonctionnaire lui aussi, le 1er juillet 2018. Elle repose ainsi et logiquement à proximité des restes de Jean Monnet, banquier du Pentagone et de la CIA, instigateur de l’atlantisme et honorable manipulateur rétribué du libre-échangisme européiste.

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La Simone avec un W est une femme rare des Belles sources du Logos grec subversif et de l’amour du Christ radical qui refusa toujours de faire carrière et qui regarda la condition prolétarienne comme le lieu majeur de l’interrogation historique. Sans la moindre illusion sur les diplômes et les concours de l’Éducation Nationale des mystifications domesticatoires que l’on peut dégoter ici ou là et dont elle sut d’emblée s’extraire. Pratiquant l’expérience concrète des solidarités humaines du travail en usine et dans les champs, elle participe au mouvement communiste maximaliste des années 30 qui sut dénoncer à la fois les mystifications social-démocratiques et l’imposture capitaliste d’État du bolchévico-stalinisme. Présente en Espagne durant le surgissement révolutionnaire du prolétariat qui dut alors se confronter à la fois à toutes les droites et à toutes les gauches de la mystification capitaliste, elle rejoint la colonne Durruti lequel – en défense des collectivisations et en refus de la militarisation des milices – sera finalement exécuté d’une balle staliniste avec la misérable complicité ministérielle des bureaucrates de la CNT-FAI. Rappelant que les censures, les lynchages, les exécutions sommaires et les délires de vengeance hystériques expriment toujours la sale contre-révolution policière, elle s’oppose à tous les sordides règlements de compte qui accompagnent alors toxiquement la transformation de la joyeuse guerre sociale émancipatrice en triste guerre impérialiste morbide

Rejetant, comme Marx, l’aliénation vétéro-testamentaire du monothéisme de la valeur d’échange exclusiviste, elle fait effort permanent et vivant pour dépasser le règne de la quantité marchande en s’incarnant dans cette lumineuse trajectoire qui de la Grèce Antique au Manifeste communiste, pose les incontournables bases historiques de l’auto-émancipation réelle de l’humanité. Elle sait que la révolution n’est pas ce qui déploie la haine, la violence et le ressentiment mais ce qui – au rebours – rend possible leur extinction définitive. Elle n’a donc d’emblée pas d’ennemis et parle avec chaleur à tout homme désirant la rencontre sincère, sur le terrain vertical de l’universelle fraternisation humaine contre tous les gangs gouvernementalistes de la pourriture marchande et toutes les errances narcissiques de la ridicule duplicité horizontale…

Après la défaite définitive du prolétariat mondial pleinement consommée dans le terrible chaos espagnol sanglant qui voit disparaître les derniers jalons d’insubordination ouvrière, tout explose, disparaît et s’en va se perdre dans les irrémédiables vents noirâtres des désolations du déterminisme de l’histoire… Face à cet effondrement tragique qui rend inévitable la course à la seconde guerre impérialiste mondiale, Simone Weil tente – vaille que vaille – à mi-chemin de la révolution désormais impossible et de la contre-révolution dorénavant inéluctable, de trouver un très difficile chemin… Malgré ses hésitations, ses errements, ses angoisses et ses doutes qui la conduisent finalement à ne jamais pleinement pouvoir rejoindre la compréhension organique totale du communisme intégral collectivement creusé, Simone Weil, dans sa pensée isolée, ambigüe, torturée mais inébranlablement sincère, n’a jamais cessé de vivre dans la pure quête de l’authenticité de l’Être générique…

Tuberculeuse et épuisée par des années de combat, de fatigue, de privations et de sens communier des autres, elle part pour son dernier voyage – avec son magnifique sourire sensuel de force et d’espérance – le 24 août 1943, à l’âge de 34 ans, suite à une crise cardiaque. Elle nous lègue avec amour un patrimoine immortel et fondamental qui nous enjoint de ne jamais oublier que parmi les êtres humains, on ne reconnaît pleinement l’existence que de ceux qu’on aime

Simone, Éternellement vivante et toujours infiniment Belle ! Joie immortelle pour ta formidable âme de feu, d’exigence et de combat !

Vive la Guerre de Classe mondiale du Prolétariat contre tous les Partis et Syndicats de la planète-marchandise et pour un monde débarrassé de toute exploitation et aliénation !

VERS LA COMMUNE UNIVERSELLE POUR UN MONDE SANS ARGENT, SANS SALARIAT, NI ÉTAT !

Août 2022

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À propos de l'auteur Guerre de Classe

« Nous pensons d’abord qu’il faut changer le monde. Nous voulons le changement le plus libérateur de la société et de la vie où nous sommes enfermés. Nous savons que ce changement est possible par des actions appropriées »

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