la CIA préparait une insurrection armée en Ukraine depuis les années 50

la CIA préparait une insurrection armée en Ukraine depuis les années 50

La CIA a étudié et préparé la faisabilité d’une insurrection armée suivant un soulèvement antisoviétique dans le Donbass dès les années 1956-1957 en se basant sur l’analyse de centaines de rapports faisant état d’une très forte dissidence antisoviétique prévalante en Ukraine depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. La situation en Union Soviétique après la neutralisation de Staline et la venue au pouvoir de Khrouchtchev, un natif d’Ukraine, a été jugée assez instable et volatile pour tenter une déstabilisation de grande envergure en Ukraine. 

L’attitude de Khrouchtchev était suspecte pour le KGB et ce dernier dut déployer beaucoup de zèle pour prouver son loyalisme au régime soviétique. Ce n’est qu’ après la crise des missiles à Cuba qu’il sera partiellement blanchi mais il demeurera toujours l’objet d’une surveillance très étroite. Il est intéressant à cet égard que les sabotages de nombreux projets secrets soviétiques sont attribués par d’anciens agents du KGB à un “terrorisme ukrainien” financé par Washington.  Ce sabotage inclut la destruction du lanceur spatial super lourd N-1 Herkules développé par l’URSS au cours des années 60 pour envoyer une mission habitée sur la lune et qui devait rivaliser avec la fusée américaine Saturn V.

Dans les années 60, la CIA avait planifié plusieurs opérations secrètes en Ukraine où persistait un terreau insurrectionnel assez fort. L’une de ses opérations prévoyait un soulèvement antisoviétique qui aurait eu le soutien de plusieurs régions en Ukraine. Ce soulèvement aurait divisé l’Ukraine en deux entités dont la ligne de clivage coïncide étrangement avec celle de la Crimée et des régions de Donetsk et de Lugansk (aujourd’hui républiques populaires autoproclamées reconnues par la Russie et la Syrie). 

Une autre étude déclassifiés par la CIA et intitulée “Facteurs de résistance et zones d’action des forces  spéciales, Ukraine” datant de 1957 examine les possibilités de pour une intervention militaire US  dans une guerre civile soviétique en Ukraine.

Toutes les études établies à cette fin ont divisé l’Ukraine en une douzaine de zones selon le degré de loyauté aux partisans d’une intervention américaine. Ces derniers devaient provoquer des troubles aboutissant à un soulèvement contre le gouvernement central, lequel devait évoluer en une guerre civile. La partie occidentale d’Ukraine est décrite par la CIA comme la partir la plus prometteuse pour un tel projet. Les parachutages d’armes et l’insertion de forces spéciales OTAN étaient particulièrement indiqués dans des région tels que Lutsk, Kovel Vladimirets et Kostopol.  Fait intéressant, la Crimée et le Donbass y sont décrits comme zones non prometteuses: la population de ces regions se considére comme russe et non ukrainienne.
 
La faisabilité d’un tel scénario était jugé comme hautement faisable et faisait partie d’une éventuelle escalade occidentale avec l’URSS en vue de son démembrement.
 

La CIA jugeait en 1957 en se basant sur des rapports d’agents locaux en Ukraine que les villes de Kharkov et Odessa seraient d’intenses foyers insurrectionnels disposant d’un très haut potentiel pour mener une guerre contre la Russie historique. L’accent y est mis sur la redoutable mafia d’Odessa, laquelle dispose de larges connexions internationales et de liens privilégiées avec les mafias US. Le Milieu d’Odessa pourrait jouer en Ukraine un rôle aussi important que celui de la mafia sicilienne lors du débarquement allié en Italie en 1943 (opération Husky).

Soixante ans plus tard, les forces spéciales US et celles de plusieurs pays de l’OTAN qui opèrent aux frontières de la Russie depuis 2014, jouent un rôle de premier plan dans la guerre en cours en Ukraine. Préparatifs logistiques, assistance multiforme, accès à l’imagerie satellite, gestion du champ de bataille en temps réel et management de centaines de réseaux du renseignement, fourniture d’armes et d’équipements spéciaux, tactique, commandement, etc. S’ils n’ont pas arrêté les opérations militaires russes en Ukraine, ils ont certainement contribué à son ralentissement.

À la lumière de ces informations, il demeure probable que l’invasion allemande de l’URSS (opération Barbarossa) n’aurait jamais été décidée par Hitler sans la certitude préalable d’une insurrection armée ukrainienne antisoviétique (en réalité antirusse). Cela explique pourquoi les Russes ne veulent pas aller au delà d’une certaine ligne mais se battront pour garder les régions russophiles. Ce qui s’en suivra est dans tous les cas de figure problématique et renforcera les causes de conflits futurs comme l’illustre assez bien le conflit en Palestine.  

Photographie d’illustration: fusée Н-1 (индекс ГУКОС-11А52)

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