Selon UBS, les « propriétés d’assurance tant de fois éprouvées » de l’or brillent plus que jamais

Selon UBS, les « propriétés d’assurance tant de fois éprouvées » de l’or brillent plus que jamais

Par Birch Gold Group − Le 17 février 2022 − Source birchgold.com

UBS : l’or accorde la solidité, et des « propriétés d’assurance tant de fois éprouvées » aux investisseurs

Il y a peu, Elliot Smith, de CNBC, a exploré la résilience du prix de l’or au cours des dernières semaines de volatilité sur le marché des actions et les hausses des taux du Trésor. En règle générale, les niveaux de prix de l’or sont fortement affectés par deux forces — les taux des obligations, et le dollar index.

Il y a peu, les taux de Trésor sur une durée de 10 ans ainsi que le dollar index ont monté par rapport à leur position restée basse des mois durant. Si l’on s’en fie à l’historique, une montée des taux pratiqués par le Trésor présente un impact négatif sur le prix de l’or. Car les investisseurs qui veulent mettre leurs fonds en sûreté préfèrent en général toucher des intérêts. (L’une des plaintes les plus courantes sur l’or en tant qu’investissement est qu’il ne paye ni dividendes, ni intérêts). Cette plainte perd de son sens dans un environnement économique où l’obligation du Trésor étasunien sur 10 ans rapporte un rendement négatif une fois corrigé de l’inflation.

Le dollar index (DXY) est un autre sujet. Le dollar index étasunien suit à la trace le pouvoir d’achat, ou la force du dollar, face à un panier pondéré composé de six autres monnaies (l’euro, le yen, la livre sterling, le dollar canadien, la couronne suédoise et le franc suisse). Lorsque le pouvoir d’achat du dollar baisse, il faut davantage de dollars pour acheter la même quantité d’or, et vice-versa.

Le problème que Smith essaye de régler est le suivant : Comment le prix de l’or peut-il aussi bien résister alors que deux forces économiques des plus puissantes essayent de le pousser vers le bas ?

Les stratèges de marché de deux banques différentes apportent des indices à ce sujet.

Les stratèges de Bank of America ont rapporté que les flux d’investissements vers l’or ont été constants, malgré une hausse des taux du Trésor et des percées du dollar index. Pourquoi ? Selon leur rapport :

On assiste à des dislocations importantes enterrées derrière les gros titres traitant de l’inflation, des taux d’intérêts et des mouvements monétaires, ce qui fait monter l’attrait du métal jaune pour un portefeuille, et ce qui étaye notre prévision d’un prix moyen de l’or à 1925 $ l’once pour 2022.

UBS, la plus importante banque de Suisse, propose une perspective différente. Leurs analystes de marché estiment que le prix de l’or est soutenu par « une demande élevée de la part des couvertures des portefeuilles ».

Note: le mot « couverture » est souvent lancé à la cantonade par les analystes marchés et les investisseurs. Investopedia définit une couverture comme « un investissement fait dans l’intention de réduire le risque de mouvements de prix adverses sur un actif. » En d’autres termes, « la couverture est relativement analogue à souscrire à une police d’assurance ».

Avec ceci en tête, l’analyse qui suit, pratiquée par le principal Bureau d’investissement d’UBS, prend tout son sens. Les stratèges ont affirmé que les « propriétés d’assurance tant éprouvées » de l’or s’étaient de nouveau mises à briller de mille feux, surtout en comparaison avec d’autres produits de diversification habituellement ajoutés aux portefeuilles, parmi lesquels les actifs numériques comme le bitcoin. (Récemment, le prix du bitcoin s’est corrélé avec les actions davantage qu’auparavant, ce qui a réduit son efficacité en tant que couverture.)

Alors, qu’est-ce qui manque pour que le prix de l’or se mette à monter ? Selon Russ Mould, directeur d’investissement pour AJ Bell, une plateforme d’échanges d’actions britannique, il ne manquerait pas grand-chose. La perte de confiance envers les politiques menées par les banques centrales pour lutter contre l’inflation pourrait suffire (voir les exemples posés par l’Argentine, la Turquie, le Venezuela). En outre, une récession pourrait provoquer une montée des prix de l’or :

À mesure que la combinaison de dettes globales et de taux d’intérêts plus élevés s’avère trop importante, et que les décideurs doivent revenir à des baisses des coûts de l’emprunt et d’adjonction de nouveaux QE (quantitative easing, ou planche à billets) bien avant que l’inflation soit contenue.

Ainsi, si la Fed prend du retard dans la lutte contre l’inflation, ou capitule complètement et revient à des politiques d’argent facile pour soutenir les marchés d’actions, Mould pense que l’or pourrait facilement monter au-delà de ses plus hauts historiques.

Les bénéfices économiques d’un important investissement sur l’or

Christopher Helman, de Forbes, pose une question spécifique : « Comment Poutine peut-il se payer une guerre en Ukraine ?«  La réponse : l’or dont dispose la Russie, valant 130 milliards de dollars (c’est l’équivalent de 72 millions de pièces d’une once, comme le gold American eagle, la quatrième réserve d’or nationale au monde.)

Cela peut sembler une manière étrange d’évoquer les bénéfices de l’investissement sur l’or, mais Helman nous fait part de points des plus intéressants.

Tout d’abord, la Russie a réussi à séparer son économie presque complètement du dollar étasunien :

En 2013, la Russie se faisait payer en dollars 95% de ses exportations vers le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud et la Chine. De nos jours, selon le Congressional Research Service, à l’issue d’une décennie de dédollarisation, c’est à peine 10% de ces échanges qui sont versés en billets verts.

Cela signifie que le destin économique de la Russie est presque totalement divorcé des lubies de la Réserve Fédérale, et fait chuter le pouvoir d’achat du dollar.

Dans l’autre colonne du livre de comptes, la Russie n’a pas émis autant de reconnaissances de dette que les États-Unis. Helman nous informe que la dette extérieure totale de la Russie est inférieure à 30% de son PIB. En comparaison, le taux des États-Unis dépasse les 100%.

Enfin, la Russie a édifié ses propres systèmes de paiement, qui permettent des transactions internationales non-sujettes aux sanctions étasuniennes.

Il s’agit d’un cas d’étude intéressant des bénéfices d’un éloignement progressif d’une économie dépendant du dollar, vers une économie dépendant de l’or. À l’instar d’un individu, une nation qui évite d’utiliser les dollars, qui établit un investissement en or robuste et qui trouve des moyens alternatifs de faire transiter des fonds dispose d’options bien plus nombreuses — d’une liberté d’action bien plus importante — que ceux dont la richesse fluctue au gré des caprices de la Réserve Fédérale.

Pour être limpide, nous n’excusons pas les actions agressives menées par la Russie contre l’Ukraine, ni ses menaces contre les anciens satellites d’Europe de l’Est. Cependant, si la Russie était toujours en dépendance économique vis-à-vis du dollar étasunien, elle ne disposerait tout bonnement pas de la liberté de faire ces (mauvais) choix.

Au sein des États-Unis, des États boudent le dollar au bénéfice des métaux précieux

Un éditorial paru récemment dans le Idaho Statesman a signalé des changements économiques intéressants au sein même des États-Unis. Divers États ont récemment supprimé leurs impôts sur les achats de métaux précieux. Cela parait sensé. La plupart des Étasuniens qui achètent de l’or ou de l’argent le font dans l’optique d’empêcher l’inflation de détruire leur pouvoir d’achat. En un sens, ils ont déjà payé l’impôt sous forme de perte de pouvoir d’achat. Leur faire payer un nouvel impôt en sus de l’inflation ne fait qu’ajouter de l’insulte aux dégâts.

De manière encore plus intéressante, l’Ohio et le Texas ont diversifié leurs fonds de pension avec des investissements en or. Plusieurs États, comme le New Hampshire, l’Oklahoma, le Wyoming et l’Idaho, examinent des projets de loi permettant aux trésoriers de ces États d’investir dans l’or et l’argent comme actifs de réserve.

Des États comme l’Idaho pourraient décider d’investir dans l’or et l’argent pour les mêmes raisons que celles d’une famille étasunienne :

Cela résulte du fait que les réserves de l’État sont principalement investies sous forme de dette papier à faible taux d’intérêt, comme les bons du Trésor des États-Unis, des fonds monétaires du marché, des accords de rachat, et d’autres vecteurs de dette libellés en dollars. Les dettes papier importantes détenues par l’Idaho portent à la fois des risques de contre-parties et de faibles taux d’intérêt. Avec l’inflation qui s’établit désormais (au moins) à 7%, le vrai taux de retour pour le contribuable de l’Idaho est strictement négatif, peut-être négatif de plus de 5%.

La législation spécifique à l’Idaho qui est ici en cours de discussion demande des investissements en or et en argent physique plutôt que dans leurs équivalents papier : « L’autorité est confinée à l’or et à l’argent physique, directement détenu par l’État d’Idaho, disponible sans contrainte, et conservé de manière sécurisée en Idaho ou dans un État voisin. »

Pourrions-nous assister à un mouvement de plus grande ampleur de la part d’États membres des États-Unis pour s’éloigner des actifs libellés en dollars, vers des actifs de réserve disposant d’une valeur intrinsèque ? Cela constituerait un développement extrêmement intéressant. Comment le gouvernement fédéral pourrait-il répondre à un tel mouvement ?

Cet article se termine sur un appel à agir stimulant :

Il est aussi prudent que jamais d’accorder au trésorier de l’État d’Idaho les options de se couvrir contre l’inflation galopante qui a été infligée aux épargnants, aux travailleurs, aux retraités, et à l’État joyau lui-même par des hommes politiques à courte vue et les banquiers centraux de Washington, D.C… L’inflation est l’allumette qui menace de mettre le feu au grand tas de dette papier à taux négatif détenu par l’Idaho.

Ce déplacement par l’État vers l’indépendance économique est un développement extrêmement intéressant. Il s’agit d’un sujet que nous allons suivre au cours des mois à venir.

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone
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Source : Lire l'article complet par Le Saker Francophone

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