La pandémie aura permis à François Legault de recycler des promesses faites il y a trois ans sans qu’on puisse lui reprocher de ne pas les avoir tenues, constate notre chroniqueur Michel David.

La pandémie aura permis à François Legault de recycler des promesses faites il y a trois ans sans qu’on puisse lui reprocher de ne pas les avoir tenues, constate notre chroniqueur Michel David.

Le premier ministre Legault a eu raison de dire que la pandémie a favorisé une nouvelle « cohésion nationale », et il peut légitimement se féliciter d’y avoir contribué. Jason Kenney n’a pas eu le même succès en Alberta.

La pandémie a un autre résultat bénéfique pour lui.
Elle lui permet de recycler des promesses faites il y a trois ans sans qu’on puisse lui reprocher de ne pas les avoir tenues, puisqu’il consacrait toutes ses énergies à affronter la crise. On peut comprendre la frustration des partis d’opposition, qui auront du mal à convaincre la population de s’indigner du réchauffé du discours d’ouverture.

À la veille des élections de 2018, Philippe Couillard promettait lui aussi de « changer le Québec ». Sommé d’expliquer en quoi les choses allaient être différentes, il en avait été incapable. M. Legault n’aura pas à se creuser la cervelle pour trouver un moyen de réinventer la roue.

La décentralisation du réseau de la santé, tout comme l’accès à un médecin de famille pour tous les Québécois, faisait déjà partie des promesses de la CAQ en 2018. À entendre M. Legault, le rôle du ministre de la Santé devrait simplement être de « fixer des objectifs de performance et de suivre les résultats ». C’est plus facile à dire qu’à faire. Peu avant son retour en politique, M. Couillard était du même avis. Il a pourtant laissé Gaétan Barrette centraliser le réseau comme jamais.

En revanche, il avait tiré le tapis sous les pieds de son ministre quand ce dernier avait voulu forcer les omnipraticiens à prendre en charge plus de patients. On verra jusqu’où ira l’impatience de M. Legault, qui en a gros sur le cœur, mais qui a déjà fait l’expérience d’un affrontement avec les médecins quand il était lui-même à la Santé.

Les milieux d’affaires ont été consternés du peu de cas que le premier ministre a semblé faire de la pénurie de main-d’œuvre, dans laquelle il a plutôt vu une excellente affaire pour les travailleurs, qui peuvent exiger des salaires plus élevés.

De la même façon qu’il projetait jadis de transformer la vallée du Saint-Laurent en une Silicon Valley du Nord, M. Legault veut maintenant faire du Québec un pôle mondial du transport électrique, de la filière des batteries et de la production d’hydrogène vert.

On peut rêver du jour où on y construira des avions électriques, mais cela ne règle pas le problème immédiat des entreprises qui désespèrent de trouver la main-d’œuvre dont elles ont urgemment besoin.

Il est certainement réjouissant de penser que nos exportations d’hydroélectricité à New York permettront d’éliminer des émissions de GES équivalentes à un million de voitures, mais le premier ministre a soigneusement passé sous silence celles qui résulteront ici même du troisième lien.

M. Legault s’est élevé encore une fois contre les intrusions d’Ottawa dans le secteur de la santé, mais le drame des CHSLD, qui justifie une intervention fédérale aux yeux de Justin Trudeau, est aussi un résultat de la pandémie.

Il est remarquable qu’il n’ait pas prononcé dans son discours le mot « autonomie » — la pierre d’assise de la CAQ — sauf pour parler d’autonomie alimentaire. Il est vrai que M. Legault a perdu ses élections fédérales, mais c’est se demander si son Nouveau projet pour les nationalistes du Québec ne devrait pas être ajouté à la liste des victimes du virus. Paul St-Pierre Plamondon n’avait pas tort de dire que la question du statut du Québec au sein du Canada était « l’éléphant dans la pièce ».

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