“QU’ILS AILLENT CES LÂCHEURS, CES FAUX PENSEURS, CES FAUX SOCIALISTES, CES EXPLOITEURS DE LA RÉPUBLIQUE, QU’ILS AILLENT LÉCHER LES BOTTES DE THIERS, CENT FOIS MOINS MISÉRABLE QU’EUX TOUS. LUI, DU MOINS, N’A JAMAIS TRAHI LE PEUPLE QU’IL MÉPRISE.”

“QU’ILS AILLENT CES LÂCHEURS, CES FAUX PENSEURS, CES FAUX SOCIALISTES, CES EXPLOITEURS DE LA RÉPUBLIQUE, QU’ILS AILLENT LÉCHER LES BOTTES DE THIERS, CENT FOIS MOINS MISÉRABLE QU’EUX TOUS. LUI, DU MOINS, N’A JAMAIS TRAHI LE PEUPLE QU’IL MÉPRISE.”

Dernière tartufferie des députés de Paris.

Quelques députés de la Seine, voyant qu’on ne s’occupait plus d’eux, ont aussi éprouvé le besoin de se rappeler au souvenir de leurs électeurs – qu’ils ont carrément lâchés pour conserver leurs sièges à Versailles.
Dans une filandreuse et des plus jésuitiques proclamation, ces pitres pleurards affirment « qu’ils souffrent d’une façon poignante de l’effusion du sang français et des souffrances de Paris ».
Ils affirment aux Parisiens que « pas un membre de la majorité à l’assemblée de Versailles, n’a encore mis ouvertement en question le principe républicain. Qu’ainsi la guerre civile pourrait faire croire l’existence de la République incompatible avec le respect des lois ».
Pour eux « leur ligne est toute tracée. Ils ne se décourageront pas. Ils resteront à leur poste, jusqu’à l’épuisement de leurs forces, pour y défendre la République en cas de danger, mais avec les seules armes vraiment efficaces : la discussion libre et la raison !!! »
Peut-être pourrait-on croire que cette bouffonnerie littéraire, digne d’inspirer Offenbach ou Hervé1, est signée Hyacinthe, Ravel, Lassouche et Grassot2, ces maîtres farceurs du Palais-Royal.
Non.
Elle est bel et bien signée Louis Blanc, Henri Brisson, Edmond Adam, E. Farcy, A. Peyrat, Edgar Quinet, Langlois et Dorian3.
Que l’austère Peyrat, l’agent des tripoteurs financiers du Comptoir d’escompte ; que de piètres sires comme Tirard et Farcy; que des roublards comme Brisson, Langlois et Dorian aient signé cette platitude suant la canaillerie cela n’est pas pour étonner.
Mais qu’un Louis Blanc, un Quinet, un Edmond Adam, lâchant pour la seconde fois, comme en juin 1848, leurs convictions républicaines, aient cru pouvoir étayer ce monument de crétinisme et de lâcheté, sans respect pour leur propre dignité, c’est le comble de la honte.
Les Tolain et les Greppo4, ces renégats de la Révolution sociale, ont eu la pudeur… ou l’adresse de n’y point apposer leur signature.
Qu’ils aillent ces lâcheurs, ces faux penseurs, ces faux socialistes, ces exploiteurs de la République, qu’ils aillent lécher les bottes de Thiers, cent fois moins misérable qu’eux tous. Lui, du moins, n’a jamais trahi le peuple qu’il méprise.
Qu’ils aillent se tramer aux basques de cet affreux gnome qui, plus que jamais, leur fera sentir son dédain.
Ce sera le digne châtiment de leur hypocrisie.

Gustave Lefrançais, Souvenirs d’un révolutionnaire, De juin 1848 à la Commune

1Compositeurs d’opérettes et d’opéras bouffes.
2Acteurs comiques qui firent carrière au théâtre du Palais-Royal.
3Députés d’extrême gauche.
4Députés d’extrême gauche. Tolain fut exclu de l’Internationale pour avoir désavoué la Commune.

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À propos de l'auteur Guerre de Classe

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