L’Aïd au temps du coronavirus – Le nouveau Satan s’appelle Covid-19

L’Aïd au temps du coronavirus – Le nouveau Satan s’appelle Covid-19

par Chems Eddine Chitour.

« Les hommes ne reconnaissent plus aucune autorité effective dans l’ordre spirituel, aucun pouvoir légitime dans l’ordre temporel. Les profanes se permettent de discuter des choses sacrées (…) c’est l’inférieur qui juge le supérieur, (…) »

« L’ignorant qui impose des bornes à la sagesse, l’erreur qui prend le pli sur la vérité. L’humain qui se substitue au divin. La Terre qui l’emporte sur le Ciel (…) »

René Guénon (philosophe)

Pour la première fois dans l’histoire de l’islam, la fête de l’Aïd el Fitr s’est passé d’une façon différente de tout ce que nous avons connu depuis l’aube de l’islam. Les musulmans ne pourront pas prier en mosquée. Ils ne pourront pas aussi se saluer mutuellement autrement qu’en respectant la distanciation nécessaire pour éviter la contagion. Peut-on imaginer la mosquée de La Mecque sans ses pèlerins depuis deux mois ? Et encore mieux, il n’y aura pas de prière le jour de l’Aïd ! C’est dire si la tradition est fondamentalement remise en cause, du moins provisoirement. Il faut noter que le coronavirus, par sa brutalité et sa rapidité, a pris la planète entière de court et a mis en confinement la moitié de ses habitants.

Le Covid-19 s’est invité sur Terre d’une façon brutale et terrorisante ; lui aussi dicte la norme de ce qu’il faut faire pour ne pas mourir. Le Covid-19 va plus loin, il interdit les contacts même pour ceux qui souhaitaient se rencontrer. Il interdit les salutations, les embrassades, les poignées de main. On comprend dans ces conditions que les croyants quelles que soient leurs espérances soient désemparés, d’autant qu’ils ont toujours vécu dans une pratique de groupe et la prière en groupe fait partie pour eux de leur relation à l’islam. Du même coup, les autorités religieuses qui s’investissant dans les rassemblements sont les mêmes qui appellent à faire la prière chez soi. C’est dire si en définitive que seule la dimension verticale vers la transcendance du croyant peut lui permettre de vivre sa religion.

Cette « pandémie » de Covid-19, a poussé de nombreux pays musulmans à prendre des mesures préventives pour enrayer la propagation du virus, en particulier au cours du Ramadhan. La contribution suivante nous présente les réactions de pays musulmans face au coronavirus : « La Malaisie a prolongé les mesures de confinement jusqu’au 9 juin, bien au-delà de l’Aïd el-Fitr. (…) Le Pakistan, même en décrétant des mesures de confinement qui ont été assouplies depuis le 7 mai, a fait le choix de laisser les mosquées ouvertes pendant le mois du Ramadhan et l’Aïd el-Fitr… En revanche, l’Inde a prolongé le confinement total jusqu’au 31 mai. L’Iran a allégé les mesures de confinement dès la mi-avril. Dans les zones où la situation épidémique s’est améliorée, les autorités ont autorisé la réouverture temporaire des mosquées. La Turquie, avec 4 200 morts au compteur, La réouverture des mosquées pour les prières est prévue pour le 12 juin. En Arabie saoudite, aucun allègement des mesures n’est en vue pour l’Aïd el-Fitr »[1].

« Les mosquées n’ont pas été autorisées à rouvrir pour la fin du Ramadhan. Plus encore, le ministère de l’Intérieur a indiqué la mise en place d’un couvre-feu total du 23 au 27 mai, afin de limiter les risques d’une augmentation exponentielle du nombre de cas de coronavirus. La Jordanie, qui n’a pas autorisé le culte dans les mosquées pendant le mois du Ramadhan, a aussi annoncé un couvre-feu total et l’interdiction de circulation des véhicules, mais uniquement pour le premier jour de l’Aïd. L’Égypte, qui avait annoncé dès avril l’interdiction des rassemblements au-delà de l’Aïd el-Fitr, prévoit aussi de renforcer les mesures avec un couvre-feu de 24 heures le premier jour de la fête de fin du Ramadhan. Les mosquées en Algérie, au Maroc et en Tunisie restent également fermées au-delà de l’Aïd el-Fitr. Les autorités religieuses de ces pays du Maghreb ont toutes insisté sur la nécessité d’accomplir les prières à domicile afin de préserver les vies »(1).

Dans une analyse singulière intitulée « Le confinement, cette sacrée religion universelle », le docteur Jaouad Mabrouki, psychiatre marocain, ose la comparaison qui amène à faire du coronavirus une nouvelle et puissante force du mal. « En ce moment tragique, écrit-il le confinement est devenu la seule religion universelle et la seule à être capable d’unir tous les peuples de la Terre, en un temps record, contre le seul ennemi commun à tous les hommes. Autrefois, le seul ennemi commun aux hommes était Satan, mais maintenant la religion du confinement montre du doigt le corona, qui, encore plus dangereux, tue au lieu d’éloigner l’humanité du droit chemin »[2].

L’auteur s’interroge sur le fait religieux dans le futur et appelle à une cause sacrée des humains contre « le mal » représenté par le coronavirus. Il écrit : « (…) Ne voyez-vous pas que la Terre entière a oublié momentanément toutes ses querelles religieuses, tribales et nationales afin de combattre « Corona » le néo-Satan unificateur ? (…) Maintenant, nous entendons que seul le confinement peut sauver nos vies ». Nous voilà donc en ce moment, tous, indépendamment de la nationalité, la couleur, la classe socio-économique et la croyance, unis dans la détresse et le désarroi. Nous voilà tous unis sous la même foi, le même drapeau qui est le confinement, non pas en tant qu’hommes défendant une nation, mais en tant qu’espèce luttant pour notre survie. Nous voilà tous des soldats de la Terre, des soldats d’une seule et même armée, les adeptes d’une seule religion, comme si la Terre n’était qu’un seul pays et nous tous ses citoyens (…) Nous combattons notre seul ennemi, le coronavirus, l’ennemi invisible ! Nous constatons que finalement, l’humanité entière n’est qu’une seule famille. Nous voilà les doigts d’une seule main, les feuilles d’un seul arbre, les citoyens d’un seul pays ! »(2).

Le confinement est devenu la religion universelle

C’est un fait, ce que n’ont pas pu faire les guerres, en terme de perturbation existentielle, un petit virus l’a fait ! La moitié de la planète est assignée à résidence d’une façon brutale. Pour la première fois des « certitudes », culturelles, cultuels et économiques (Le marché) que l’on croyait gravées dans le marbre, sont remises fondamentalement en cause. Sociologiquement parlant, c’est un tremblement de Terre à la fois, économique, culturel ? Ce que l’on croyait établi définitivement comme étant le mouvement inexorable du monde, à savoir la mondialisation, les échanges, les voyages, a brutalement cessé d’avoir une signification !  Mieux encore l’aspect cultuel en terme de rituel et de traditions a volé en éclat !

« Le confinement, lit-on sur cette contribution, prive les fidèles des principales confessions religieuses de leurs rendez-vous collectifs, Elles appréhendent la non-célébration commune de grandes fêtes du calendrier religieux à venir comme Pessah (à partir du 8 avril), Pâques (12 avril) et le jeûne du mois de Ramadhan (environ 24 avril-23 mai). Les croyants sont renvoyés à une pratique familiale, sinon individuelle. Comment s’accommodent-ils de ce contexte exceptionnel qui tient chacun à bonne distance de l’autre, quand, étymologiquement, religion signifie « ce qui relie » ? Dès le début du confinement, la plupart des mosquées ont fermé leurs portes, ainsi que les synagogues et les lieux de culte protestants. Catéchèses, cours de religion, études bibliques ou talmudiques, conférences, groupes de prière, activités caritatives communes : toutes ces activités ont cessé jusqu’à nouvel ordre »[3].

« Les gens ont été désemparés, confirme Mohamed Bajrafil, imam à Ivry. On a entendu des discours catastrophistes, parlant de malédiction de Dieu pour nos péchés ». Vivons notre foi en utilisant nos méninges. « Une foi sans réflexion est une bêtise. « Ecoutons les scientifiques ! », a twitté l’imam le 16 mars. Les nouvelles sur le front de l’épidémie ont conduit les fidèles à « faire de nécessité vertu et à faire preuve de bon sens, même s’ils sont un peu amers », explique Dan Arbib, enseignant-chercheur de philosophie à l’École normale supérieure. « La vie est ce qu’il y a de plus précieux, rappelle Mendel Samama, rabbin à Strasbourg. Au nom de quoi pourrait-on risquer une vie ? Le Dieu qui vous demande d’aller à la synagogue est le même que celui qui vous dit de rester chez vous aujourd’hui. Le Talmud dit : transgresse un shabbat pour que tu puisses en faire d’autres en demeurant en vie »(3).

Aucune religion n’est épargnée ! « Le 27 mars, lit-on sur cette contribution, le pape François était inhabituellement seul, sur une place Saint-Pierre déserte et pluvieuse, pour accorder une bénédiction urbi et orbi exceptionnelle, à l’intention toute particulière des malades et des soignants. Elle résumait l’un des bouleversements qu’entraînent l’épidémie et le confinement : la suspension des rites collectifs des croyants des grandes religions. Le confinement décrété, les confessions religieuses ont été confrontées à un défi collectif sans précédent : comment permettre à leurs fidèles de pratiquer malgré la suspension de tout regroupement ? Au-delà de la promiscuité induite par la cérémonie religieuse, les contacts physiques font partie intégrante des rites. Chacune à sa façon, toutes ces traditions accordent à la prière collective une valeur particulière et elles en font un élément essentiel d’une vie de foi. Les perturbations causées par la « pandémie » concernant le fait religieux Une religion, suggère l’étymologie, est ce qui relie les membres d’une communauté entre eux, et les hommes à Dieu »[4].

« Elles sont aujourd’hui, poursuit l’auteur, mises au défi de surmonter l’épreuve du chacun-chez-soi. Sous la pression des circonstances, l’audience des émissions religieuses sur le service public et celle des médias confessionnels ont bondi. Des contenus numériques se sont rapidement développés. Offices, cours, prêches, études se sont multipliés en ligne. De nouvelles questions sont soulevées : un minyan (quorum de dix hommes juifs nécessaire pour un office) peut-il être numérique, voire de balcon à balcon ? Un prêche sur Internet permet-il de faire dans les règles la prière collective du vendredi ? Un sacrement peut-il exister hors de la rencontre physique ? à ces questions, la réponse est le plus souvent négative. Ces religions font du collectif une dimension incontournable de leur pratique. Or, il est plus que probable que les regroupements du vendredi, du samedi ou du dimanche demeureront prohibés de manière durable, ou en tout cas soumis à des conditions sanitaires drastiques, même quand le processus de déconfinement aura commencé. Les fidèles comme les religieux doivent s’y préparer, comme ils ont déjà dû surmonter la douleur de cérémonies funéraires organisées dans une intimité contrainte, rendant le deuil encore plus difficile »(4).

En France, l’imagination d’un prêtre- qui tient au sacercode – a permis de faire une messe à l’américaine. Les fidèles suivent la messe en étant en voiture « Cette messe en voiture, c’est plus qu’un dépannage. C’est une vraie messe. C’est une victoire de la vie », explique à l’AFP Mgr Touvet. À l’intérieur de l’habitacle, l’autoradio est déjà branché sur RCF Cœur de Champagne, la radio diocésaine « Il faut innover. L’église est dans le monde. Elle s’adapte On est catholiques. On a des idées », ajoute en écho Mgr Touvet avant de gagner son autel de campagne installé dans une remorque de camion. « La consigne c’est : si les gens veulent recevoir la communion, ils mettront leurs feux de détresse »[5].

De même, pour parachever leur mois de jeûne, les musulmans doivent donner la zakat al-fitr. (l’aumône de la rupture du jeûne). Le confinement ayant entraîné la fermeture des mosquées, plusieurs d’entre elles ont mis en place des solutions en ligne pour permettre la collecte de la zakat al-fitr… En fait, de plus en plus les croyants sont attaqués dans ce qui leur reste comme repère identitaire Dans une contribution précédente que j’avais appelé « l’Aïd au temps du Web 2.0 », j’avais pointé du doigt après bien d’autres, l’immixtion du temporel, en l’occurrence le néolibéralisme dans le spirituel pour en faire un produit marchand. On sait par exemple que La Mecque est appelée la Las Vegas des Sables, en ce sens que rien ne la distingue en termes d’hôtels de cette ville Nous sommes à l’évidence loin dans ce XXIe siècle de toutes les débâcles multidimensionnelles de la signification de la repentance et du pardon.

Un exemple : partout dans le monde, les musulmans s’effritent à qui mieux mieux pour le pouvoir, la puissance encouragés en cela par un Occident sûr de lui et dominateur. L’effritement de la symbolique du pardon par paresse, voire par calcul, commence par les villes et gagne inexorablement la campagne. On est conduit à se distancier de l’Autre soit par calcul pour survivre, soit par peur du Covid-19.

Dans le mouvement de l’évolution sociale confortée par les inventions, l’introduction de la lettre comme système d’intermédiation qui permet de garder un lien sans la rencontre physique fut encore confortée par l’invention du téléphone, puis ce fut véritablement la débâcle avec les technologies de l’information et de la communication, notamment l’Internet et le portable qui permettent de répondre au rituel de « Bonne fête », sans se déplacer, sans voir, sans compatir, sans s’impliquer. Le Covid-19 codifie encore plus cette pratique en imposant par la terreur la nécessité de ne pas approcher l’Autre. Le SMS, voire le Viber et autres produits dérivés comme l’application Zoom sont véritablement le sommet du divorce avec les rencontres physiques avec les connaissances (famille et autres) que l’on tient à distance d’autant qu’ils ne savent pas où nous sommes, on se fend d’un bout d’écriture anonyme et on pense à autre chose.

Il vient que le lien familial se distend et c’est ainsi qu’inexorablement, la famille s’effrite, on ne connaît pas les membres, notamment les plus jeunes et à l’occasion d’un enterrement, on se rend compte du danger de l’effritement des valeurs de solidarité familiale et on se prend à envier les autres, ceux considérés à tort comme ne s’étant pas émancipés de la tutelle de la tradition. Ce ciment invisible qui permet aux sociétés au fil des siècles de perpétuer un vivre ensemble fait de solidarité, d’empathie, loin de la fureur et de la frénésie de la civilisation du toujours plus, cette machine du diable qui dénature, uniformise, cybernétise et en définitive crée de la névrose. Nous sommes tous en manque d’affection, d’empathie bref, de nous sentir sécurisés dans un monde de plus en plus crisique[6].

Le money-théisme remplace la religion

Dans ce cadre et parmi les dégâts importants qui ont été inoculés aux populations du Sud. Les prothèses identitaires induites par l’utilisation de la parabole ont fait voler en éclats les cellules familiales C’est comme le I phone une véritable instance d’intermédiation qui permet à l’internaute de s’évader au figuré d’un quotidien banal et sans perspective. Une autre conséquence de l’effritement des traditions religieuses et commence à inonder la blogosphère, est constituée par les vœux de l’Aïd que l’on s’envoie par SMS ou Internet avec des formules rituelles « importées » du Moyen-Orient qui remplacent le « Saha Aïdkoum » maghrébin et vieux de 1400 ans immortalisé par le regretté Abdelkrim Dali. Souvenons-nous de la contagion de la joie des belles journées, des prières communes, des rires des enfants tout beaux et fiers, habits neufs et bonbons plein la bouche, les chaleureuses salutations aux voisins, à la famille[7].

François Villon en son temps se plaignait avec nostalgie du bon vieux temps. D’ailleurs le mot nostalgie veut dire retour d’un passé jugé avec indulgence… « Dites-moi où, n’en quel pays…est Flora la belle Romaine… Mais où sont les neiges d’antan ? ». Mutatis mutandis nous pourrions dire : « Mais où sont les voeux de l’Aïd d’antan ? » Les sociologues devraient se pencher sur ce phénomène nouveau, la substitution symbolique du pardon à l’occasion de l’Aïd par un ersatz virtuel (le SMS, le viber…) qui permet de faire par paresse et peut-être par calcul, « le minimum religieux » sans la contrainte de la rencontre physique. Pis encore, les musulmans en terre étrangère sont astreints à un rituel de plus en plus vide concernant la pratique de l’islam ; on apprend par exemple, que lors de la fête, les musulmans qui tiennent encore aux préceptes, achètent par Internet un mouton, le payent d’une façon anonyme et viennent récupérer une carcasse numérotée. Où est la symbolique du sacrifice rapportant le songe d’Abraham ? »(7)

On l’aura compris, nous allons inexorablement vers un délitement de toutes ces valeurs qui permettaient aux sociétés d’exister. Quand on pense que le Père Noël invention utile qui permet à l’enfant de grandir dans un univers magique, a été très vite « récupéré » pour en faire un produit marchand. Obligation est faite par Coca Cola en effet, au Père Noël de porter un uniforme rouge au début du XXIe siècle. Plus largement, un autre exemple est, donné par la lutte perdue d’avance par l’Église pour combattre une fête païenne : Halloween importée du temple du libéralisme, les États-Unis et qui fait des émules concurrençant la fête de Noël. L’Église crée, pour la circonstance, un slogan qu’elle pensait porteur : « Holy Winn ! », « le sacré vaincra ! » Il n’a pas vaincu… On le voit, la civilisation du Veau d’or aura raison de toutes les religions au nom du money-théisme.

L’adaptation obligée des rites à la « pandémie »

Quelle sera, à titre d’exemple, la forme de la société musulmane future avec cette disparition par pans entiers de pratiques, de traditions, de cultures qui ont mis des siècles et qui peuvent disparaître dans une génération si on ne fait rien pour résister à ce torrent impétueux de la mondialisation sans état d’âme. Sous les coups de boutoir de la post-modernité, responsable de la débâcle planétaire multidimensionnelle avec notamment les changements climatiques, le divorce d’avec la nature et comme bouquet final le Covid-19 risque d’amener l’humanité vers une épreuve qu’elle n’a jamais connue ; 350.000 morts en quatre mois d’une façon brutale de la part d’un ennemi invisible a laissé les humains désemparés et prêts à abdiquer toutes les conquêtes sociales et de liberté chèrement acquises pour «qu’ils s’en sortent», la civilisation telle que nous l’avons connue risque de disparaître rapidement.

On ne devrait cependant, jamais oublier que des civilisations millénaires peuvent s’éteindre en quelques lustres. Les religions devraient aussi épouser les contraintes de leur temps comme elles l’ont fait durant cette difficile épreuve en prônant la solidarité humaine et en se désengagement du rituel qui comme nous l’avons vu ne saurait remplacer la relation directe et verticale avec le créateur. C’est un fait que des traditions et pratiques, voire rituels millénaires ont brutalement été remises en cause, laissant les fidèles sans leur clergé et sans liens assignés à vivre en solitaire, leur relation verticale à Dieu au lieu de la vivre en partage avec les autres fidèles.

La Terre ne s’est pourtant, pas arrêtée de tourner ! Les religions sont toujours là c’est le rituel qui a été remis en cause, mais la relation du croyant envers le divin est intacte. Cela prouve que les religions ne devraient pas avoir fondamentalement de clergé intercesseur ! Elles ont besoin de retrouver le message originel dépouillé des apparats des clergés Plus globalement ce sont les fidèles – bien ancrés dans leur foi – qui doivent faire la part des choses entre le message divin intemporel et les accommodements raisonnables pour adapter les rituels aux contingences du moment.

Nul doute que pour la première fois dans l’histoire avec cependant moins de 350.000 morts, (moitié moins qu’une grippe saisonnière), trente fois que la famine dans le monde, cette « pandémie » boostée par des médias qui font dans la comptabilité macabre, laissera pourtant, des traces et à ce titre, c’est un autre monde qui nous attend celui d’une vulnérabilité permanente voire de plus en plus récurrente, maintenant que l’homme en Prométhée des temps modernes ne respecte plus la Nature et par son comportement prédateur met en danger les espèces qui y vivent amenant inexorablement, à Dieu ne plaise, l’humanité vers la sixième extinction .

Cependant, si les sirènes nous disent que plus rien ne sera jamais comme avant avec cette « pandémie » du Covid 19 du point de vue économique, il et fort à parier que le néolibéralisme cherchera de nouveaux créneaux pour rebondir. On l’aura compris, ceux qui en pâtiront seront toujours les mêmes ! Peut-être que l’humain oubliera ce qu’il a enduré, peut-être qu’il reviendra aux fondamentaux de la vie, d’une sobriété multiforme et d’un progrès en pente douce.

Amen

Professeur Chems Eddine Chitour

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[1] Sara Ibrahim et Hanan Ben Rhouma https://www.saphirnews.com/La-celebration-de-l-Aid-el-Fitr-2020-a-l-epreuve-de-la-crise-du-Covid-19-dans-le-monde-musulman_a27158.html

[2] Docteur. Jaouad Mabrouki https://fr.hespress.com/136740-coronavirus-le-confinement-cette-sacree-religion-universelle.html

[3] https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/03/23/coronavirus-les-croyants-ne-peuvent-plus-vivre-leur-foi-en-communaute_6034115_3224.html

[4] https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/04/11/les-religions-a-l-epreuve-du-confinement_6036326_3232.html

[5] http://www.ipreunion.com/coronavirus/reportage/2020/05/17/messe-en-voiture-dans-la-marne-pour-la-confession-allumez-vos-feux-de-detresse,119069.html

[6] Chems Eddine Chitour : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=19532

[7] Chems Eddine Chitour https://oumma.com/laid-au-temps-du-web-2-0/

Source: Lire l'article complet de Réseau International

À propos de l'auteur Réseau International

Site de réflexion et de ré-information.Aujourd’hui nous assistons, à travers le monde, à une émancipation des masses vis à vis de l’information produite par les médias dits “mainstream”, et surtout vis à vis de la communication officielle, l’une et l’autre se confondant le plus souvent. Bien sûr, c’est Internet qui a permis cette émancipation. Mais pas seulement. S’il n’y avait pas eu un certain 11 Septembre, s’il n’y avait pas eu toutes ces guerres qui ont découlé de cet évènement, les choses auraient pu être bien différentes. Quelques jours après le 11 Septembre 2001, Marc-Edouard Nabe avait écrit un livre intitulé : “Une lueur d’espoir”. J’avais aimé ce titre. Il s’agissait bien d’une lueur, comme l’aube d’un jour nouveau. La lumière, progressivement, inexorablement se répandait sur la terre. Peu à peu, l’humanité sort des ténèbres. Nous n’en sommes encore qu’au début, mais cette dynamique semble irréversible. Le monde ne remerciera jamais assez Monsieur Thierry Meyssan pour avoir été à l’origine de la prise de conscience mondiale de la manipulation de l’information sur cet évènement que fut le 11 Septembre. Bien sûr, si ce n’était lui, quelqu’un d’autre l’aurait fait tôt ou tard. Mais l’Histoire est ainsi faite : la rencontre d’un homme et d’un évènement.Cette aube qui point, c’est la naissance de la vérité, en lutte contre le mensonge. Lumière contre ténèbres. J’ai espoir que la vérité triomphera car il n’existe d’ombre que par absence de lumière. L’échange d’informations à travers les blogs et forums permettra d’y parvenir. C’est la raison d’être de ce blog. Je souhaitais apporter ma modeste contribution à cette grande aventure, à travers mes réflexions, mon vécu et les divers échanges personnels que j’ai eu ici ou là. Il se veut sans prétentions, et n’a comme orientation que la recherche de la vérité, si elle existe.Chercher la vérité c’est, bien sûr, lutter contre le mensonge où qu’il se niche, mais c’est surtout une recherche éperdue de Justice.

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