

Ce contexte inimaginable il y a encore quelques mois, est un révélateur éloquent des contradictions du système hégémonique, de ses échecs, de l’état des résistances à celui-ci et des nouveaux rapports des forces. Entre guerre et paix, cette évolution inédite permet d’apprécier les positions réelles des différentes organisations sociales, syndicales et politiques en France, en Europe comme internationalement. Période de décantation ou tout le monde est au pied du mur et en devoir de choisir ou il se situe. C’est le cas de la CGT.
« La guerre est semblable au feu, si elle se prolonge elle met en péril ceux qui l’ont provoquée » . Sun Tzu
Nous sommes dans une de ces périodes de l’histoire ou tout s’accélère et où il faut être capable d’anticiper pour s’élever à la hauteur de ce que la situation exige. La guerre par procuration en Ukraine a contribué à bouleverser l’ordre des choses. La tragédie à Gaza a mis en évidence la politique de deux poids deux mesures et le double langage des occidentaux. Malgré une répression brutale, la cause palestinienne a entrainé une solidarité mondiale sans aucun précédent. Israël est dorénavant un état paria, isolé, condamné et à l’avenir incertain.
Que reste t-il du nouvel ordre mondial promis et voulu par Washington ? L’importance des changements politiques qui sont intervenus aux Etats-Unis reflète l’étendue de la crise de domination impérialiste et la décomposition d’un système anachronique. La guerre ouverte entre deux visions du comment sauver le capitalisme en est l’image éloquente.
Une clarification nécessaire.
Cette évolution inattendue par son ampleur était paradoxalement prévisible tant les contradictions se sont aiguisées. Le déclassement des vassaux européens malgré leur agitation en est également l’illustration, le statut de la France s’est effacé ! Des forces montantes s’imposent quand d’autres déclinent et sont comme désemparées. Nous n’en sommes qu’au tout début. Nous assistons en fait, à une clarification et à l’émergence d’une nouvelle architecture mondiale. Il reste à construire de véritables alternatives, c’est dire l’ampleur de la tâche. En Chine, le mot crise est décrit par deux idéogrammes signifiant conjointement « danger » et « opportunité » soulignant qu’en période imprévisible, mauvaises nouvelles ou situations désagréables sont autant d’opportunités pour reconsidérer l’avenir autrement.
Ce contexte inimaginable il y a encore quelques mois, est un révélateur éloquent des contradictions du système hégémonique, de ses échecs, de l’état des résistances à celui-ci et des nouveaux rapports des forces. Entre guerre et paix, cette évolution inédite permet d’apprécier les positions réelles des différentes organisations sociales, syndicales et politiques en France, en Europe comme internationalement. Période de décantation ou tout le monde est au pied du mur et en devoir de choisir ou il se situe. C’est le cas de la CGT.
Ainsi récemment, on a pu lire de la part de cette Confédération, une affirmation sans réplique : « Face à l’internationale d’extrême droite, l’urgence est de renforcer nos démocraties pour défendre une paix juste et durable. (1) . Ce jugement péremptoire dans la forme et le fond ressemble à s’y méprendre à un copié/collé d’un commentaire d’Emmanuel Macron le nouveau capitaine Matamore de l’Union Européenne. Pourtant non, il s’agit d’un communiqué de la Confédération Générale du Travail (CGT). La CGT qui aura 130 ans cette année et qui aura traversé notre histoire avec honneur, en résistant à deux guerres mondiales, en contribuant aux brigades internationales, aux luttes anticoloniales, aux combats patriotiques antifascistes, au mouvements pour la paix, à un progrès social de référence et surtout à une conception de la démocratie qui repose sur la souveraineté populaire et sur la démocratie ouvrière. C’est-à-dire autre chose que cette démocratie foulée aux pieds par le capitalisme au point de la réduire à une caricature. C’est pourtant à celle-ci que la CGT semble s’être ralliée.
Le communiqué poursuit : la CGT entend contribuer à « ce que la France et l’Europe tirent les conséquences dans le but de construire une stratégie commune au plan européen au service d’une diplomatie et d’une défense ! » (2). En d’autres termes, elle appelle à « l’union sacrée » au service d’une politique étrangère, d’une armée et d’une défense européenne qui tourne le dos à ce que sont les fondements de toute souveraineté nationale indépendante. C’est-à-dire à ce qu’est le combat de toujours de la CGT. En d’autres termes, la CGT de S. Binet se prononce en faveur d’une Europe fédérale. Si le combat anti-impérialiste demeure une priorité pour la CGT que devient son action contre les prétentions impérialistes d’Emmanuel Macron et les intérêts dont il est le fondé de pouvoir et cela d’autant que nous assistons à un effondrement social que la hausse du budget militaire devra ignorer. Plus de 300 000 emplois supprimés, des services publics en lambeaux et dont le démantèlement se poursuit, une protection sociale qu’il faut sacrifier plus encore, des libertés piétinées qu’accompagnent une fascisation évidente. Toutes les raisons légitimant un vaste mouvement social existe mais ce qui est à l’ordre du jour selon les syndicats serait l’avenir du dialogue social ! On croit rêver !
On dit parfois que « l’histoire se répète, la première fois comme une tragédie, la seconde fois comme une farce » (3) En fait, S. Binet n’est-elle pas entrain de mettre ses pas dans ceux d’un de ses prédécesseurs, le très réformiste Léon Jouhaux ?(4) Ce dirigeant historique de la CGT, qui à la veille de la première guerre mondiale en 1914 appela au soutien à Raymond Poincaré, à la hausse des crédits militaires, au chauvinisme et à la guerre. Jouhaux fit le choix de se rallier à « l’union sacrée » et donc à l’alliance du capital et du travail !
Avec de telles positions, on peut dire dorénavant et sans peur d’être contredit, que nous sommes loin du « on croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels » d’Anatole France (5) et du « Guerre à la guerre » d’Henri Barbusse (6.) Ou encore, rappelons-nous, « ni Pershing, ni SS20 », ce fameux Appel de Georges Séguy, secrétaire général de la CGT, héros de la résistance, pacifiste et de 100 personnalités françaises de toutes opinions .(7)
L’union sacrée et la CGT.
En d’autres termes, en adhérant à la vision belliqueuse d’Emmanuel Macron, du britannique Keir Starmer, d’Ursula Von der Leyen, du nouveau chancelier allemand Friedrich Merz qui viennent quasiment de déclarer la guerre à la Russie, la direction de la CGT n’est pas sans implicitement approuver leurs propos irresponsables. La question mérite d’être posée d’autant que cela est confirmé par un document du département international de la CGT qui lui affirme « Le retour à la paix passe par la chute de Poutine. Sa victoire serait catastrophique. Si elle se trouve avalisée par un accord de paix avec une partition de l’Ukraine, l’agresseur se trouverait alors conforté dans sa politique impérialiste et belliciste. La prochaine étape pourrait être définitivement une guerre mondiale si ses appétits se portaient sur « la défense des minorités russes » dans les pays baltes. Et que dire de l’exemple donné à d’autres puissances majeures et notamment à la Chine dont on connaît les prétentions sur Taïwan ? »(8).
On a de la peine à le croire, on se frotte les yeux mais on a bien lu ce n’est pas du Bruno Rochebin sur LCI, c’est la CGT et c’est un renoncement à son rôle de force de paix en faisant le choix de la conflictualité. Car qui menace qui ?
Les forces rassemblées de l’OTAN face à la Russie sont massivement en défaveur de celle-ci si l’on considère quelques chiffres des moyens en présence. L’OTAN dont les Etats-Unis s’appuie sur une population d’environ 900 millions dont 3,3 millions de soldats, la Russie 144 millions dont un peu plus d’1 million de soldats. Le PIB de l’OTAN, est environ de 40 mille milliards de dollars, et est 20 fois plus grand que celui de la Russie. Ce sont les banques américaines et européennes qui volent les recettes à l’exportation de la Russie, et non l’inverse. Par conséquent, oser affirmer que la Russie menace l’Europe d’une invasion n’est tout simplement pas sérieux et même franchement inepte ! D’ailleurs quel intérêt y aurait-elle ? Agrandir son territoire, mais le sien est le plus vaste du monde. Comme le souligne le sociologue Emmanuel Todd, (9) la doctrine militaire russe a par ailleurs radicalement changé et est purement défensive parce que justement, elle tient compte de la disproportion du rapport des forces et des moyens militaires en présence qui sont en l’avantage des forces de l’OTAN. Faut-il ajouter que nous avons vécu jusqu’à la disparition de la République Démocratique Allemande (RDA) en 1989 avec la présence de l’Armée Soviétique quasiment à nos portes sans que cela provoque la panique générale à laquelle nous assistons.
Ce constat est difficilement contestable même si sur le terrain la Russie occupe 20% environ du Dombass précédemment tenu par l’Ukraine. Région majoritairement russophone, soumise à une guerre atroce depuis 2014 et qui avant l’intervention russe aura entraîné 14 000 morts et 45 000 blessés. Sous sa tutelle militaire et financière occidentale, l’Ukraine est non seulement un pays corrompu mais est devenu un pays de non droits avec l’interdiction de nombreuses organisations politiques et syndicales, une répression atroce, les enlèvements, la torture comme celle des frères Kononowych membres du PC Ukrainien. Comment peut-on l’ignorer ? La consanguinité entre le pouvoir de V. Zelinski et les groupes néo nazis qui ont pignon sur rue, est une réalité accablante pour le régime de Kiev. Ce sont les nostalgiques d’Adolphe Hitler pour lesquels V. Zelinski fait élever des monuments dans tout le pays du SS ukrainien Stepan Bandera, ce criminel de guerre, fasciste, massacreur de juifs, de polonais et de prisonniers soviétiques pendant la seconde guerre mondiale. Doit-on fermer les yeux ? Oui, répondent en cœur Von der Leyen, E. Macron et Keir Starmer.
Au nom de quoi il faut se préparer à la guerre d’autant que l’exclusion de l’union européenne des premières négociations engagés en Arabie Saoudite et de premiers résultats entre Russes, Américains et Ukrainiens justifierait que l’on masse sur la ligne de front et sans attendre quelques milliers de soldats pour sauver l’honneur de la bannière au bleue marial. Pour Macron nous serons le dernier carré ou rien du tout.
Hostilité à l’égard de la Chine.
Cet aveuglement de la direction de la CGT et de son département international à l’égard de la Russie de V. Poutine se retrouve également dans cette hostilité maladive à l’égard de la Chine, mettant en cause ainsi la longue histoire des relations entre la CGT et la Fédération des syndicats de Chine (10). Ce n’est pas nouveau, on se souvient du rôle particulièrement négatif de la CGT dans cette tentative de révolution de couleur à Hong Kong avec le mouvement dit des parapluies financé par le NED et US Aid. (11)
Non contente de vouloir en finir avec V. Poutine, la CGT va jusqu’à mettre en cause le fait que Taiwan est une province chinoise. A l’exception de quelques fieffés nostalgiques d’un ordre ancien, Taïwan est partie intégrante de la République Populaire de Chine et ce fait avéré est reconnu par les Nations Unies, la quasi totalité des états du monde y compris les Etats-Unis.(12) Plus semble t-il par la CGT, pourquoi et depuis quand ?
Il est vrai que S. Binet fait sienne les fables antichinoises sur la persécution des Ouighours au Xinjiang pourtant démenties par de nombreuses délégations et observateurs officiels y compris en 2022 par Michèle Bachelet l’ancienne Haute Commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies. Conseillons de lire le récent ouvrage de Maxime Vivas « Ouighours l’horreur était dans nos médias »(13) ou l’auteur apporte un éclairage convaincant sur la tolérance religieuse et sur le dynamisme spectaculaire de cette province chinoise point de départ des « nouvelles routes de la soie ». (14)
Par conséquent, si dans la perspective de son futur 54e congrès de 2026, les syndicats de la CGT devaient confirmer cette orientation partisane de la direction confédérale, ce serait alors une inversion des valeurs et des principes d’indépendance sur lesquelles la CGT a construite son identité de syndicat de classe, son engagement internationaliste et sa singularité dans le paysage syndical européen et mondial. La CGTU, (15) héritière de la Commune de Paris n’est-elle pas née en réaction à l’hécatombe meurtrière et barbare de la première guerre mondiale, à la solidarité de classe entre les travailleurs, à l’exigence de paix universelle. Cela serait un renoncement qui conduirait la CGT à passer d’un alignement à un ralliement à la pensée dominante. Or, comme l’on sait, « à toute époque les idées de la classe dominante sont les idées dominantes. » (16)
Selon S. Binet, ce qui justifie cette mutation radicale des positions de la CGT est son inquiétude face à ce qu’elle appelle l’existence « d’une internationale d’extrême droite »(17). Au delà de la rhétorique, on découvre en fait qu’il s’agit d’une adhésion de sa part au narratif imposé unilatéralement par l’oligarchie, reprise en cœur par les politiciens de droite comme de « gauche » et en boucle par la cohorte des journalistes/militants aux ordres, les petits mercenaires sans talent qui peuplent les salles de rédactions, les experts de circonstance qui distillent leur fiel au service des puissants et de l’air du temps.
Une stratégie syndicale face à Trump ?
Cette étonnante déclaration de la CGT qui précède reprend pour l’essentiel, un rapport sur « la stratégie syndicale face à Trump » (sic) dont l’autrice est S.Binet elle-même.(18) Depuis quand la CGT élabore t-elle une stratégie face au programme politique et à la personnalité d’un chef d’état ? On n’en connaît pas à l’égard d’E.Macron ! Dorénavant les militants de la CGT sont donc appelés à contribuer à la mobilisation contre ce qui serait une nouvelle incarnation du mal ou cet axe du mal de triste mémoire, représenté cette fois non seulement par Donald Trump mais aussi par Vladimir Poutine, et Xi Jinping. Cette vision cauchemardesque est probablement la conséquence d’une lecture abusive de Fantomas, du Dr.No, et du non moins effrayant Dr. Fu Manchu.(19)
Mais S. Binet ne s’en tient pas que là, puisqu’elle fait le choix de prendre partie pour un des deux belligérants de la guerre en Ukraine, c’est-à-dire ouvertement pour le gouvernement ukrainien soutenu par l’OTAN, les Etats-Unis, Von der Leyen, Macron et de nombreux dirigeants de l’Union Européenne. Elle le fait sans aucune nuance et il est somme toute logique qu’en telle compagnie, elle proclame également « l’OTAN est morte ». On lui fera à remarquer que si l’Otan est morte nul n’est besoin d’exiger d’en sortir et d’y mettre fin comme le revendique pourtant encore la CGT. Son affirmation renvoie étrangement et en convergence à la fameuse phrase d’E. Macron sur « L’OTAN est en état de mort cérébrale » (20). Ainsi, et comme la nature à horreur du vide, le buzz de S. Binet cache bien mal le soutien qu’elle apporte, sauf démenti de sa part, à l’orientation prise par la Commission de Bruxelles de se projeter dorénavant en faveur d’une armée et d’une défense européenne comme l’exige justement E. Macron.
Ursula Von der Leyen ne vient-elle pas d’ailleurs de mobiliser 800 milliards d’euros pour réarmer l’Europe. « L’Europe est trop faible, l’Europe est désarmée », « Nous ne pouvons plus compter sur les américains. Nous devons aller de l’avant, penser à nos propres intérêts nationaux, à notre propre sécurité et la période de transition est difficile »(21) affirme t-elle. Comment ne pas alors en tirer des conséquences pragmatiques dans la relation avec la Chine. Or, ce n’est pas le cas, ce qui prévaut est un aveuglement destructeur alors qu’il faut voir plus loin. Il est vrai que pour la forcenée russophobe Kaja Kallas la nouvelle commissaire européenne aux relations internationales « Si nous ne pouvons vaincre la Russie, comment pourrions nous vaincre la Chine ».(22)
On comprend mieux pourquoi celle-ci est dorénavant mise à l’index par de nombreuses chancelleries européennes qui elles envisagent l’avenir autrement et se prononcent pour une relation Chine-UE plus rationnelle et plus apaisée. Seule celle-ci contribuerait non seulement à stabiliser l’économie européenne mais aussi à renforcer l’indépendance de l’Europe et sa crédibilité dans les affaires mondiales. Face à ce paysage international en mutation rapide la CGT comme organisation syndicale devrait soutenir une approche constructive dans la relation avec la Chine permettant de cette manière de bénéficier de la croissance chinoise pour soutenir l’emploi, la modernisation et l’industrialisation. Elle n’en a ni la vision, ni la volonté politique. C’est bien là tout le problème. Alors, pourquoi ?
Que signifient les positionnements de S. Binet ?
Certains verront dans les positionnements de la secrétaire générale de la CGT, la poursuite d’une dérive. Celle-ci n’est pas nouvelle, elle correspond à cette mutation opérée à la fin des années 1990 et mise en œuvre de manière chaotique par B. Thibault. Comme l’a illustré le 53e congrès de la CGT de 2023, le bilan est accablant et les conséquences négatives sont multiples à commencer par l’abandon des repères de classes, la perte de son unité et de sa cohésion. Plus récemment la dimension politicienne de cette orientation s’est manifestée dans le prolongement des positions partisanes qui s’étaient exprimées de la part de la CGT à l’occasion de la nomination d’un premier ministre de « gauche » après la déconfiture d’E. Macron aux élections législatives de 2024, puis de la censure du gouvernement Barnier enfin lors de la mise en place du gouvernement de F.Bayrou. Cette dernière péripétie marquée par la tragi-comédie du « conclave » à laquelle l’intersyndicale dont la CGT aura apporté un concours aussi actif que pitoyable.
D’autres constaterons, insuffisances, ignorances et raisonnements simplistes reflet de cette pensée syndicale européenne sclérosée, incarnée et orientée par la Confédération Européenne des Syndicats(CES) à travers son extrême dépendance politique et financière aux institutions européennes à laquelle la CGT à fait le choix de se convertir. C’est également une tendance chez S. Binet qui est trop souvent à la recherche de formules toutes faites, aux idées dans l’air du temps, aux approximations pour faire le buzz et même à l’usage de contre vérités qui décrédibilise les propos de leur auteur comme par exemple de voir la main de Moscou dans « les tags antisémites en France ». (23)
Mais, en fait, ce qui caractérise cette orientation nouvelle de la CGT est surtout, une confusion entre ce que sont les causes et les conséquences de cette situation internationale inédite, caractérisée par un Occident en déclin et en mode panique devant l’ampleur de son propre désastre et qui doit faire face au niveau de la planète à l’émergence de forces porteuses d’un nouveau mouvement émancipateur. Dans ces conditions, c’est de la part de la direction de la CGT et en particulier de son département international, une incapacité à produire une analyse cohérente de la crise systémique du système de domination impérialiste et à proposer des objectifs mobilisateurs, une stratégie syndicale internationale digne de ce nom, c’est-à-dire permettant de peser prioritairement sur les choix et les décisions du pouvoir en France et non de les accompagner.
Comme on pourrait le penser, cette vision de la CGT voulue par S.Binet n’est pas seulement d’une grande superficialité, elle est surtout une rupture délibérée avec ce qui doit demeurer la CGT. C’est-à-dire une défense intransigeante des besoins sociaux des travailleurs et une articulation avec la lutte de toujours pour une transformation radicale de la société à travers la réappropriation par les exploités des richesses qu’ils produisent et qui doivent leur revenir sans partage. Car en suivant la logique de S.Binet, si les adversaires principaux des travailleurs dorénavant désignés nommément sont D.Trump, V.Poutine et Xi Jinping, plus question d’en finir avec le capitalisme prédateur, l’impérialisme cause des guerres ou l’OTAN, encore moins l’Union européenne, Macron et ses acolytes qui en sont les planches de salut.
Par conséquent, quel est le but de cette supercherie qui vise à brouiller les pistes. Trump et Poutine ne sont certainement pas des militants anti-impérialistes, nul besoin est de prendre leur parti, ils sont acquis au libéralisme, mais ils sont aussi lucides sur les contradictions de leurs sociétés et sur l’ampleur de cette crise sans précédents qui bouleverse l’ordre du monde. Comment l’ignorer ? De là à les voir comme ayant un plan concerté et secret d’instrumentalisation de la guerre en Ukraine pour nous imposer le fascisme, il ne faut pas prendre ses fantasmes pour des réalités. En fait, la russophobie délirante à laquelle nous assistons n’est souvent rien d’autre qu’un anticommunisme refoulé qui voudrait nous faire croire que les « moujiks » sont aux portes de Paris. Restons sérieux, n’allons pas chercher le fascisme sur les bords de la Volga quand nous avons la fascisation depuis un certain temps sur les bords de la Seine au travers des choix et des actes politiques de Macron, ce commis d’office fébrile et agité du capitalisme financier.
En fait, S. Binet perd de vue les causes véritables de la montée de l’extrême droite parce que son analyse de la crise capitaliste est défaillante pour ne pas dire qu’elle est inexistante. Pour étouffer les résistances, l’élite dirigeante en France a comme dans la plupart des pays européens recours dans leurs discours, leurs prétentions arrogantes comme dans leurs actes aux extrémistes de droite comme aux néofascistes. C’est la bourgeoisie et nul autre qui créée délibérément ce climat politique obscurantiste et rétrograde dans lequel les germes de l’extrême droite et du fascisme peuvent se développer. D’autant que dans les faits leurs programmes comme leurs applications sont identiques. D’ailleurs, c’est ensemble, qu’ils le mettent en pratique et qu’ils collaborent étroitement. Les exemples ne manquent pas.
Qu’en est-il ?
Cela n’est nulle part plus évident que dans la répression brutale des mouvements sociaux comme ce fut le cas des gilets jaunes et d’un grand nombre de militants de la CGT licenciés et condamnés à de lourdes peines de prison. C’est aussi le cas du rejet et de la destruction de toute politique de progrès social, la violation des conquis sociaux ou encore l’instrumentalisation de l’insécurité, le dévoiement de la justice, la persécution des réfugiés ou des manifestations contre le génocide à Gaza.
On le vérifie aussi à travers cette atmosphère de russophobie hystérique à laquelle S. Binet s’est ralliée et qui est utilisée pour manipuler l’information et museler la liberté d’expression. Cette évolution politique inquiétante et délirante peut d’ailleurs se confirmer dans les votes à l’Assemblée nationale comme au Parlement européen. C’est par exemple, la violence des mesures gouvernementales contre l’immigration qui a fait déclarer à Marine Le Pen que le gouvernement avait trouvé son inspiration dans le programme du Rassemblement National. Elle voyait là une victoire idéologique. François Bayrou aux côtés de Bruno Retailleau son ministre de l’intérieur mettent en cause le regroupement familial, entend pénaliser l’aide au développement aux Etats dont sont issus les travailleurs sans papiers, ils veulent mettre en place un dispositif autoritaire sur la suppression des allocations sociales, les politiques néocoloniales à l’égard des peuples des départements et territoires d’outre mer et ils se livrent à de multiples provocations à l’égard de l’Algérie (24). A cela on pourrait ajouter le fonctionnement antidémocratique et autoritaire au niveau européen à travers le rejet méprisant du vote des électeurs, l’annulation de consultations électorales parce que l’on refuse de voir élu les candidats qui ne conviennent pas à Bruxelles et même maintenant cette proposition de retirer le droit de vote au premier ministre hongrois au nom du fait qu’il n’est pas solidaire de l’Ukraine. Mais, ce n’est pas tout, il en va de même avec cette réécriture de l’histoire contemporaine autour des causes de la seconde guerre mondiale et des monuments érigés à la gloire de dirigeants nazis pendant que l’on détruit ceux élevés en hommage aux sacrifices de l’URSS et de son armée rouge.(25)
C’est pour cela que E. Macron entend créer les conditions nécessaires à la mise en place d’un État policier et d’une justice aux ordres dirigée contre l’ensemble de la classe ouvrière et le peuple qu’il entend museler et décerveler. Qu’en disent S. Binet et la direction de la CGT ? En fait, la responsabilité de la montée de l’extrême droite dans les élections en France et en Europe est bien le résultat des politiques mises en œuvre par les principaux dirigeants européens dans leurs pays respectifs, et ce quel que soit leur appartenance partisane et les complicités dont ils bénéficient. Voir dans cette situation, la main de Moscou, de Beijing et y compris maintenant celle de Washington, ou les interventions d’Elon Musk ou du vice président US J. D Vance est parfaitement grotesque.
Dans ces conditions, la responsabilité de la montée de l’extrême droite incombe entièrement aux forces politiques et économiques qui déterminent actuellement la politique en France comme c’est le cas au niveau européen. La lutte contre l’extrême droite n’est pas une question d’arithmétique électorale, mais de dynamique des luttes de classes. ! Les premiers combats contre l’occupation hitlérienne de la France et la collaboration de Vichy se firent dans les régions minières à travers des manifestations ouvrières qui revendiquaient du savon et du pain.
La meilleure manière d’agir contre la fascisation de la société, contre l’extrême droite véhiculée par le partenariat d’Emmanuel Macron, de Marine Le Pen et du patronat s’est de lutter pour les revendications et pour une rupture véritable avec le capitalisme et son idéologie mortifère. Sur ce plan, les confédérations syndicales sont aux abonnés absents. Car qu’en est-il de la stratégie de la CGT pour « bloquer l’économie », pour construire une stratégie de luttes syndicales et des rapport des forces contre les causes de cette évolution dangereuse de la société française ? La France a connu un formidable mouvement social contre la réforme de notre système de retraites, quel prolongement lui a t-on donné ? L’image d’impuissance que donne l’intersyndicale ne se vérifie t-elle pas avec la décision de F. Bayrou et d’ E. Macron de confirmer que le « conclave » sur les retraites n’était en fait qu’un marché de dupes. La future guerre en Europe et l’aide militaire et financière pour l’Ukraine à l’égard de laquelle les travailleurs sont dorénavant appelés à se sacrifier en se serrant la ceinture, justifiant que l’on renonce dorénavant à toutes politique sociale. (26)
Que diront alors ceux qui parlent de la menace fasciste mais qui en fait sont les idiots utiles d’un système capitaliste qui, dans l’histoire et depuis, a montré qu’il était capable de recourir aux politiques les plus extrémistes y compris la guerre pour maintenir l’exercice d’un pouvoir totalitaire. C’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui dans un climat cacophonique à travers la fébrilité va-t-en-guerre des dirigeants européens et de leurs alliés de circonstances politiques ou syndicaux, de droite comme de « gauche ».
Ainsi en va-t-il des sacrifices qu’il va falloir faire. “L’économie de guerre rend dérisoire le débat sur les retraites”. (27) C’est l’opinion de Gilbert Cette, ce proche de Macron, président du conseil d’orientation sur les retraites. Tout en s’insurgeant contre ce discours réactionnaire aucune des organisations syndicales n’a mis en cause l’usage et l’ampleur des dépenses militaires, pire certains s’en sont félicités au nom de la défense de notre industrie européenne. Pour Denis Gravouil de la CGT, il faut mettre à contribution “les plus riches à l’effort de guerre “et sauver ainsi la concertation instituée par F. Bayrou (28). Quant à la CGC” “investir dans l’industrie de défense va faire tourner notre économie française et européenne et améliorera les ressources financières de la protection sociale” (29). Le surarmement comme solution au déficit de progrès social, on aura tout vu et tout entendu.
Quant à S. Binet, elle veut convaincre Macron et les dirigeants européennes de défendre « l’industrie européenne » en multipliant les barrières douanières face aux Etats-Unis et à la Chine, donc en faisant le choix du protectionnisme non pas national mais européen et de la confrontation plutôt que celui de la coopération. Selon elle, « cela commence par défendre notre industrie européenne. Ce n’est pas possible d’augmenter les crédits militaires pour aller financer l’industrie américaine.(30) Si l’on va jusqu’au bout de cette démarche, autant dire que l’on soutient le réarmement sous bannière européenne, et cela peu importe les réalités sociales concrètes qu’imposent la construction européenne. C’est fermer les yeux sur la concurrence libre et non faussée dans les différents pays de l’Union Européenne et donc admettre la compétition entre producteurs en tirant vers le bas les droits sociaux. Dans ces conditions, pourquoi pas demain comme le propose le Danemark la retraite à 70 ans et en France plus de dépistage après 65 ans dans le domaine de la santé. Le patronat n’en demande pas tant.
Enfin, doit-on renoncer à l’engagement pacifiste de la CGT, à ses combats pour la reconversion des industries d’armements alors que cet objectif fait partie de son patrimoine revendicatif porté par plusieurs générations et par des fédérations d’industries et syndicats d’entreprises à travers leurs combats pour la paix. Cela serait pourtant possible tant les besoins sont grands, de réfléchir à des programmes d’équipements civils, à des coopérations dans les domaines de la santé de l’éducation, de l’environnement, etc.(31)La France a besoin d’une politique industrielle au service de la paix, de la solidarité, de la coopération et du droit au développement et non au service de la guerre, de la libéralisation et de la mise en concurrence des travailleurs.
Réarmer l’Europe.
Enfin, à ce soutien objectif aux dépenses militaires échevelées d’E. Macron au détriment des revendications sociales et de services publics déjà de plus en plus dévastés, faudra t-il fermer les yeux comme le fait la CGT sur la fonction de la dette qui légitime les politiques austéritaires et sont les moyens dont use et abuse les économies occidentales pour enrichir plus encore cette sangsue qu’est devenu le système financier mondial ? L’austérité est donc bien cet ordre du capital qui ouvre la voie au fascisme.(32) La CGT ne voit-elle pas combien cette fascisation cherche à détourner l’attention des peuples et des travailleurs des problèmes réels et de la défense véritable de leurs droits ?
En réalité, la politique d’Emmanuel Macron tout comme celle de Bruxelles ou des forces d’extrême droite sont des choix mis au service du capital financier mondialisé dont la fonction est de poursuivre le pillage du travail et des ressources naturelles sous toutes ses formes en Europe comme dans les pays en développement. Ainsi, par exemple on fait grand cas des prétentions américaines à récupérer tout ou partie des minerais ukrainiens, ou encore du contrôle des centrales nucléaires de ce pays alors qu’il y a déjà longtemps que les ressources agricoles ont été mises en coupe réglée par V. Zelinski et cédées à la plus grande société multinationale financière des Etats-Unis, Blackrock avec les encouragements des prédécesseurs de D. Trump, c’est-à-dire de Joe « sleepy » Biden (33). Qu’en a dit la CGT ? Par ailleurs, les grandes banques d’affaires US, J.P Morgan, Chase mais aussi Mc Kinsey conseillent le gouvernement de Kiev. Leurs motivations sont tout sauf philanthropiques.(34)
C’est dans ces circonstances que la très corrompue Ursula Von der Leyen a annoncé son plan pour “réarmer l’Europe” et fournir une aide militaire conséquente à l’Ukraine .(35) Ces fonds doivent servir en priorité à investir dans les domaines ou les besoins sont les plus urgents comme la défense antiaérienne, les missiles, les drones et les systèmes anti drones ou encore l’artillerie. Pour y contribuer le choix est fait de dévoyer le rôle de la Banque Européenne d’investissement, les fonds de cohésion prévus pour les états les plus défavorisés en mettant un terme aux règles budgétaires strictes qui prévoient de ne pas dépasser les 3% de déficit.
Or selon le SIPRI : le réarmement de l’Europe est déjà le principal moteur du commerce mondial des armes (36). Selon un rapport de l’institut de recherche de Stockholm, la part de l’Europe dans les importations d’armement est passée de 11% à 28% pour la période de 2020 à 2024. (37 ) Quant aux exportations d’armements la part des occidentaux représente 73% dont 30% rien que pour l’Europe. Après l’annonce du programme « RearArm Europe » les actions du secteur militaro-industriel ont grimpé en flèche. Le nombre d’employés dans cette industrie a augmenté également de manière continue. Déjà, en 2023 il était d’environ 581 000 personnes dans l’ensemble de l’UE soit environ 15% de plus qu’n 2021.(38)
Or, ni la Confédération Européenne des syndicats (CES), ni bien sûr aucun de ses affiliés n’ont dénoncé de telles orientations en faveur de la guerre et le prix qui sera à payer par les travailleurs en Europe et ailleurs par de nouvelles restrictions sociales justifiées par la perspective d’une guerre annoncée avec la Russie et demain avec la Chine. Sans doute, faut-il rappeler qu’Ursula Von der Leyen, aux côtés du Chancelier allemand Olaf Scholz avaient reçu une standing ovation et un soutien inconditionnel de la part de tous les délégués du 15e Congrès de la Confédération Européenne des Syndicats (CES) en 2023 à Berlin, y compris de la part de la délégation de la CGT conduite par S. Binet.
Von der Leyen veut l’Europe en armes face à Poutine, Trump et Xi Jinping. Avec Macron elle rêve de guerres au service de l’oligarchie et du complexe militaro industriel, au mépris des centaines de milliers de victimes en Ukraine et en Russie et aux destructions considérables d’une guerre qu’il faut avant tout finir. Se taire à ce sujet, c’est encourager à ce que l’on se batte et que l’on meure “jusqu’au dernier ukrainien” comme l’avait qualifié cet ancien ambassadeur US Charles Freeman(39). Comme si enterrer les morts était une victoire morale ! Pour la CGT céder à une telle approche reviendrait à discourir et à se positionner en faveur d’un camp géopolitique du bien contre un camp géopolitique du mal. Pourtant, n’est-ce pas Philippe Martinez qui disait refuser “un syndicalisme de posture, enferré dans une vision du monde binaire ? ». (40)
En fait, au détriment de son identité, de son indépendance et de son histoire, la direction de la CGT n’en finit pas d’exorciser son passé. A travers, ses déclarations et le rapport de S. Binet devant la Commission Exécutive confédérale (41) on est frappé par les caricatures qui le caractérise mais par dessus tout par l’absence de réflexions sur la situation d’un monde qui change vite, où les rapports des forces sont bouleversés. Pourtant, les structures mondiales se fissurent. Le rêve de l’Occident d’une hégémonie unipolaire s’effondre. La tentative vaine de maintenir d’anciennes structures de domination archaïque ne fait qu’aggraver la situation alors qu’un nouvel ordre est sur le point d’émerger. La direction de la CGT toute préoccupée par l’euro compatibilité de ses positions avec le moins disant du syndicalisme européen et international en est arrivée à renoncer à être elle-même.
La succession des événements internationaux de ces dernières semaines, en particulier depuis l’élection de Donald Trump et la légitimité dont il dispose, ont provoqué une série de séismes politiques inattendues qui ont totalement pris de cours les analystes qui persistaient dans leurs certitudes pro démocrates et une vision passéiste de l’état du monde. Ils n’avaient pas vu arriver l’ampleur du changement, ni même d’ailleurs la dimension de la défaite de Kamala Harris qu’ils avaient soutenus comme l’avaient fait la plupart des dirigeants européens.
Quelle crise systémique aux Etats-Unis.
Or, la crise systémique aux Etats-Unis à atteint un paroxysme, elle menace le système lui même. Le pays n’a jamais été aussi polarisé, violent et divisé. Les inégalités et la pauvreté de masse n’ont jamais été aussi criantes, le racisme, l’exclusion, la violence est partout omniprésente avec la circulation de 300 millions d’armes dont la moitié sont des armes de guerre. Avec son élection, D. Trump a fait le choix d’une révolution conservatrice en se recentrant sur les défis nationaux auxquels doit faire face Washington. Il faut redonner aux Etats-Unis une cohésion et un développement fondé sur une base industrielle et manufacturière. Celle-ci a été dévastée par les choix faits des décennies durant en faveur de la finance. Par ailleurs il faut accélérer la modernisation et la maitrise de l’intelligence artificielle, domaine où la Chine à plusieurs longueurs d’avance. Ce sont là des défis et des enjeux considérables pour les États-Unis. C’est à ce prix qu’ils pourront envisager de reconstruire un leadership mondial, d’autant qu’en dernière analyse et comme toujours ce qui fera la différence, c’est l’économie.
Cette situation aux perspectives incertaines explique pour une bonne part le vote des milieux modestes, celui de très nombreux travailleurs et des latinos en faveur de D. Trump. Depuis plusieurs années, ces derniers se sont détournés du soutien aux démocrates et cela malgré les pressions exercés par les bureaucraties syndicales corrompus en particulier celles de l’AFL-CIO, comme c’est le cas en particulier de l’UAW (42). En fait, plusieurs conflits comme la grève des 100 000 cheminots, celle de Boeing, de l’automobile, des secteurs de la santé et des universités ont conduit l’administration Biden à tout faire pour voler au secours du patronat. Il en été de même avec les expulsions de masse de migrants sans papiers d’ailleurs plus nombreuses que ce qu’avait fait D. Trump. Ces faits ont illustré cette évolution significative du vote du monde du travail comme l’ont souligné de très nombreux observateurs. L’étroite coopération de politiciens prétendus de « gauche » avec Joe Biden comme Bernie Sanders ou Alexandria Ocasio Cortez a été le révélateur d’une complicité dans les faits avec ce « deep state » (43) qui fait l’objet d’un véritable rejet.
A ce sujet, le rapport de S. Binet simplifie les choses à l’extrême à partir d’un postulat d’ailleurs faux, Trump serait le candidat des milliardaires. Certes il l’est aussi mais en réalité, un plus grand nombre de milliardaires ont soutenu K. Harris, 81 milliardaires en sa faveur contre 50 pour Trump. En fait la question n’est pas là, aux Etats-Unis les riches et le patronat ont deux partis et les travailleurs n’en ont aucun. Or, c’est de ça dont il faut parler et faire le bilan. La profonde méconnaissance des réalités US par la direction de la CGT est un autre exemple de la superficialité de sa vision de l’état du monde qui l’empêche d’avoir une vue correcte et une analyse pertinente. Cela n’a pas toujours été le cas quand l’on se souvient des années de travail de la CGT en commun avec les secteurs progressistes de syndicalisme US comme Labor Notes, certaines fédérations de l’AFL-CIO (44) et organisations locales (45) ou encore avec les grandes universités US comme Harvard, NYU, Colombia, Berkeley, St Paul, Cornell illustrés par les délégations de G.Séguy, puis par celle conduite par L.Viannet, il y a de ça plus de 30 ans.
Quant aux mesures annoncées par D.Trump et E. Musk au sujet des fonctionnaires, celles-ci s’appuient en fait sur une mise en cause radicale de cette administration fédérale tentaculaire dépassée et impuissante sur laquelle s’appuie le « deep state » bipartisan. Contrairement à ce qu’annonce S. Binet il n’y a pour l’heure aucune mobilisation face à ces décisions, on assiste même à la conversion de plusieurs grandes fédérations syndicales en faveur de D. Trump.
Enfin, les nouveaux choix économiques et politiques pris par la nouvelle administration US ne sont pas indifférents à cette révision radicale des alliances euro-atlantiques auxquelles on assiste. C’est vrai au sein de l’OTAN, à travers l’imposition des droits de douane entre l’Union européenne et les Etats-Unis comme dans le contenu des relations bilatérales ou les annonces spectaculaires de D. Trump au sujet du canal de Panama, du Groenland, ou dans ses futures relations avec la Russie et la Chine. A ce sujet le caractère stratégique du partenariat entre la Russie et la Chine et la solidité de celui-ci va se poursuivre et même se renforcer. La stabilité politique des deux pays y contribue. Par ailleurs, on ne saurait sous-estimer les leçons que V. Poutine tire et tirera de cette période de confrontation radicale à travers cette guerre par procuration en Ukraine.
La rapidité de ces décisions en même temps que les négociations ouvertes pour la recherche d’une solution au conflit ukrainien participent directement de cette situation radicalement nouvelle qui s’annonçait déjà bien avant l’élection de D. Trump. Apprécier l’ampleur de ces changements qui n’en sont qu’au début renvoie aux capacités d’anticipation d’une organisation syndicale comme la CGT. Elle n’en est pas là ?
Pourtant il faut bien remarquer que face à ce raz de marée électoral propulsant D. Trump au pouvoir, Von der Leyen, Macron et l’Union Européenne apparaissent hors jeu, « junior partners » incapables d’assumer cette situation nouvelle, marginalisés et comme K.O debout. Plongés dans une crise économique, sociale, et politique profonde ils sont confrontés à des enjeux existentiels. En Europe, les forces politiques et syndicales de « gauche » comme de droites arrimées aux institutions européennes en sont profondément déstabilisés et donnent d’elles-mêmes un spectacle pathétique. Quel peut-être l’avenir de l’Union Européenne demain et par conséquent de ce qui en dépend et comment le syndicalisme, à fortiori celui de la CGT doit-il se positionner ?
Quelles forces alternatives.
Dans ce contexte en bouleversements le camp impérialiste ne peut masquer son incapacité à faire face à une situation totalement inédite. Chaque jour, l’émergence forte sur le devant de la scène mondiale de nations les plus peuplés mais aussi les plus riches en matières premières et ressources naturelles en particulier dans les minerais associés aux nouvelles technologies et à la place ouverte par la modernisation et le rôle de l’IA modifie complètement la donne. Des alliances anti hégémoniques se nouent comme par exemple celles autour des BRICS+. A sa tête on trouve entre autre la Russie, l’Inde, l’Iran et en particulier la Chine. Qu’en pense la CGT, elle qui considère ces nations comme appartenant à cette alliance internationale de l’extrême droite ?
La résistance des peuples au Proche Orient au premier rang desquels celle héroïque des palestiniens, des libanais, syriens et yéménites n’est pas sans incidence positive sur cette période nouvelle. A ce sujet S. Binet se livre à un amalgame scandaleux en comparant la résistance palestinienne à celle de l’Ukraine. A ce jour la CGT n’apporte aucun soutien à la résistance palestinienne sous toutes ces formes y compris armée et pourtant dans l’unité de toutes les factions. Elle n’a toujours pas clarifié ses relations suivies avec la Histadrout, ce syndicat sioniste qui soutient la colonisation, les bombardements sur Gaza, la répression brutale en Cisjordanie, les agressions contre le Liban et la Syrie et qui par ailleurs est membre de la CSI tout comme la CGT. Pourquoi, hypocritement, S. Binet ferme les yeux sur l’exclusion d’un militant de la CGT qui se déclare dans la clarté solidaire de la nation palestinienne et de son combat pour l’autodétermination (46) et bien qu’il soit soutenu par un Appel de 15 000 signataires en faveur de sa réintégration.
En réalité, l’ancien ordre mondial agonise. Comment se complaire alors dans l’aveuglement et ne pas en tenir compte ? Comment s’arcbouter sur des analyses obsolètes et anachroniques comme celles qui guident la CES ou la Confédération Syndicale Internationale (CSI) ? Comment voir à travers elles « une force de frappe » comme le souligne S. Binet alors que ces deux organisations sont aussi inactives qu’elles sont muettes ? Comment ne pas saisir, combien cette évolution du monde est tout à la foi riche de possibles mais aussi de risques ?
La coopération stratégique entre la Chine, la Russie, l’Inde, l’Iran, modifient le rapport des forces, ouvre des perspectives nouvelles de coopération gagnant/gagnant contestant y compris la domination du dollar en mettant en place des institutions parallèles à celles de Bretton Woods. En fait, le monde change et change vite. « Il y a des jours, des mois, des années interminables où il ne se passe presque rien. Il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde. » (47)
Or, la CGT plutôt que de se tourner internationalement vers les forces sociales, syndicales et politiques porteuses de ces changements émancipateurs fait le choix de se replier sur elle même, sur des institutions européennes et occidentales totalement dévaluées mais qu’elle entend défendre sans le moindre esprit crique. Pour Sophie Binet, face à ce qu’elle appelle « l’internationale d’extrême droite », « l’Europe est donc le seul acteur démocratique de poids à pouvoir s’affirmer sur la scène internationale (sic) ».(48) Les militants de la CGT apprécieront la chance qui est la leur de pouvoir compter sur cette démocratie, de surcroit « la seule » si soucieuse, comme l’on sait du respect des libertés syndicales et politiques.
La Russie ne doit pas gagner la guerre.
Le message est donc clair, il faut soutenir Von der Leyen, c’est-à-dire Macron et les dirigeants européens dans leurs délires guerriers. On se souvient du « la Russie ne doit pas gagner cette guerre »(49) d’Emmanuel Macron. Celui-ci sait dorénavant qu’il peut compter sur la bienveillance de la direction de la CGT. Pour preuve le document du département international de la CGT intitulé « 12 questions sur la guerre en Ukraine » cité plus haut et qui poursuit en affirmant : « Un match nul ou même une défaite russe sans le départ de Poutine laisserait planer la menace d’une résurgence de la guerre. Une paix durable ne peut être obtenue que par son départ et celui-ci n’interviendra que par la conjonction de trois facteurs : des sanctions internationales fortes et réellement efficaces, une résistance ukrainienne qu’il faut espérer victorieuse et un soutien aux oppositions russes et démocratiques et progressistes, seules à même de parvenir à sortir enfin ce pays des ténèbres totalitaires nationalistes et impérialistes dans lesquelles il se trouve plongé depuis plus de 20 ans ».(50)
Les auteurs connus de ce document accablant pour la CGT appellent ouvertement à une aide militaire accrue au régime ukrainien par plus de livraisons d’armes. Comme cela ne suffit pas, ils plaident en faveur d’une ingérence politique en Russie sans se soucier du caractère illégal des sanctions selon le droit international tout comme d’ailleurs du vol des avoirs russes voté par l’Assemblée Nationale. Ils se prononcent pour “l’intensification des sanctions économiques considérant qu’elle se pose. Plusieurs voix en Russie nous laissent entendre qu’il s’agit d’une piste à explorer”(51).. La CGT, entend ainsi se faire le relais de l’opposition politique en Russie. N’est-ce pas une suite logique au soutien financier apporté à “Mémorial”, cette ONG russe également soutenue par le NED (National Endowment for Democracy), Freedom House et la Fondation George Soros, connus comme des paravents de la CIA. (52) Mais, cela ne s’arrête pas là
La CGT soutient une politique de sanctions commerciales et financières visant la Russie, sachant qu’elle aura de « lourdes conséquences » pour les travailleurs du monde entier. La déclaration de la Confédération préfère ignorer de manière totalement aveugle le fait que l’embargo que tente d’imposer l’OTAN au pétrole, au gaz et au blé russe fait exploser les prix du carburant, du chauffage et de l’alimentation et dévastent les ménages ouvriers en France comme ailleurs. Cette politique violemment anti-ouvrière et antirusse de certains collaborateurs du département international de la CGT est irresponsable. D’ailleurs ou est la cohérence entre dénoncer le blocus à Cuba et appeler à plus de sanctions contre la Russie, la Biélorussie, la Chine et d’autres pays ? N’est-ce pas là une contradiction ?
Qui est Mikhailo Volynets ?
Autre exemple ! A juste raison, la CGT interpelle sur la menace que représente l’extrême droite, mais dans le même temps, elle fait le choix d’une coopération syndicale étroite avec la Confédération syndicale ukrainienne, la KVPU de Mykhailo Volynets. Là également, cela ne semble pas très cohérent.
Qui sont la KVPU et Mykhailo Volynets ? Les militants de la CGT seraient sans aucun doute heureux de savoir qui est ce sinistre individu, néonazi déclaré pour lequel la direction de la CGT ne ménage aucun effort de solidarité.
La KVPU et M. Volynets sont ouvertement associés au parti néofasciste ukrainien SVOBODA et au bataillon nazi AZOV. La CGT a ainsi organisé avec les autres confédérations syndicales françaises plusieurs « convois syndicaux pour l’Ukraine » qui finalement ont abouti à ravitailler les soldats et miliciens nationalistes ukrainiens, armés par l’OTAN. C’est-à-dire ceux là mêmes qui avec la milice nazie « Secteur droit » (Private Sector) avaient incendié la Maison des Syndicats à Odessa et massacré plusieurs dizaines de militants. La KVPU est la Confédération des syndicats libres d’Ukraine. Elle est partenaire du « Solidarity Center » de l’AFL CIO. (53)Ce dernier est un organe important au sein de l’AFL-CIO et de « l’American Institute for free Labour Development »(AIFLD). En 2004 Mikhailo Volynets a reçu le prix « Georges Meany/Lane Kirkland » (54) pour les droits humains de l’AFL-CIO entre autre pour son rôle dans la « révolution orange » de novembre 2004 soutenu par le gouvernement américain et plusieurs milliardaires ukrainiens.
Mikhailo Volynets est aussi président du syndicat indépendant des mineurs affilié à la KVPU. Il est très proche du dirigeant du bataillon AZOV Ihor Kniazhansky alias « Dushman » que Volynets aime à utiliser dans les négociations avec les ministères pour obtenir des concessions. Volynets est député du parti Bathkishchyna(Union panukrainienne Patrie). Le syndicat des mineurs et le bataillon AZOV se sont associés l’ors d’une manifestation en 2016. Pour négocier avec le ministre de l’énergie au nom de la KVPU, Volynets et Kniazhansky étaient les deux délégués. Depuis cette collaboration étroite se poursuit. Le 16 avril 2024 a eu lieu un meeting au siège de la CGT à Montreuil où était présente S. Binet et Mikhailo Volynets aux côtés de « l’intersyndicale » et de la CES.
Les adhérents et militants de la CGT sont dans l’ignorance de ces faits. Après 8 ans de régime autoritaire en Ukraine, les partis de gauche sont interdits et les syndicats réprimés. La présence de bataillons paramilitaires d’extrême-droite comptant des milliers de combattants est désormais connu de tous et toutes. Comment la direction de la CGT peut-elle fermer les yeux et à appeler à lutter contre l’extrême droite en France et de l’autre côté soutenir un pouvoir à Kiev gangréné par des milices néo nazis. Les nationalistes ukrainiens sont parmi les plus antisémites, racistes, homophobes, anticommunistes, ou est la cohérence ? Comment prétendre enfin vouloir relancer le débat et l’action dans les organisations de la CGT sur la paix et le désarmement y compris nucléaire. Si tel est le cas alors pourquoi ne pas intervenir publiquement et solennellement pour mettre en cause le choix de Macron de mutualiser la force nucléaire française avec d’autres pays européens au détriment de notre souveraineté.
Les militants de la CGT ne sont pas indifférents à une situation internationale marquée par des changements considérables et où les conflits en cours ont des conséquences directes et fortes sur leurs conditions de vie et de travail, sur leurs familles. Les tensions, les crises, les risques de guerre y compris à une échelle mondiale ne sauraient être sous estimées. Chaque jour nous assistons à des rebondissements qui pourraient annoncer le pire. Il faut donc soutenir et encourager les forces de paix et ceux et celles qui se mobilisent contre la guerre.
Pour ce faire, on ne saurait subir. La meilleure solidarité internationale est celle qui repose d’abord sur l’action dans l’entreprise, là ou se noue les contradictions entre le capital et le travail et donc la lutte des classes. Voilà pourquoi et comme le disait Benoit Frachon « avant de faire le tour du monde il faut faire le tour de l’atelier ».(55)
Les militants de la CGT sont des internationalistes, parce qu’ils ne sauraient concevoir le sens de leur combat indépendamment de celui d’autres travailleurs du monde. Cela doit se faire dans le respect des positions de chaque organisation. Concrètement cela veut dire discuter sans discriminations mais aussi sans concessions, à commencer à l’intérieur de la CGT. Nul ne saurait prétendre qu’il a seul la force qui lui permettra de résoudre les problèmes. Dans ce combat on ne saurait écarter aucune forces, toutes sont nécessaires. Là doit être l’ambition !
Jean-Pierre PAGE
Jean-pierre Page a été responsable du secteur international de la CGT.
1-Déclaration de la CGT 10 mars 2025.
2-Déclaration de la CGT, idem.
3-Le 18 brumaire de Louis Bonaparte, Karl Marx (1852).
4-Léon Jouhaux (1879-1954) secrétaire général de la CGT de 1909 à 1947, puis fondateur de Force Ouvrière, vice président de la CISL (aujourd’hui CSI).
5-Anatole France (1844-1924), écrivain et homme politique.
6-Henri Barbusse (1873-1935), écrivain et homme politique, fondateur de l’ARAC. On lui doit le livre « Le feu » sur son expérience de soldat dans les tranchées au cours de la première guerre mondiale.
7-L’Appel des cent, en 1982 Georges Séguy organisait avec 100 personnalités françaises un mouvement pacifiste qui marquera la vie politique française par sa représentativité et la qualité de son engagement.
8-Espace international CGT : 12 questions sur la guerre. « Paix en Ukraine, liberté en Russie ».
9-« La Russie va envahir le monde. » Emmanuel Todd, youtube .com
10-Chou Enlai, Deng Xiaoping, Chen Yi et d’autres dirigeants historiques de la révolution chinoise ont été des adhérents et des militants de la CGT U au début des années 1920 pendant leur séjour en France.
11-« La Chine, Hong Kong et les syndicats » Jean-Pierre Page, Le Grand Soir, 13.07.2020
12-« Chine/USA, la guerre imminente ? » Maxime Vivas, Aymeric Monville, Jean-Pierre Page, Delga, 2023.
13-« Ouighours, l’horreur était dans nos médias »Maxime Vivas, Delga 2024 et du même auteur « Ouighours, pour en finir avec les fake news », Maxime Vivas, La route de la Soie, 2020.
14- « Les routes de la soie et la communauté de destin », Jean-Pierre Page, Le Grand Soir, 06.11.2024.
15-La CGT U est née en 1921 de l’engagement de militants comme Pierre Monatte, A. Merrheim, Frachon, G. Monmousseau, opposés à l’union sacrée et qui s’étaient regroupés au sein du journal La Vie Ouvrière. Certains d’entre eux participèrent à la Conférence de Zimmerwald du 5 au 8 septembre 1915, tout comme Lénine, Trotski et d’autres opposants à la première guerre mondiale.
16-« L’idéologie allemande » Marx et Engels (1845/46) Editions sociales, 2012
17-Déclaration de la CGT 10 mars 2025, déjà cité.
18-« Quelle stratégie syndicale face à Trump ? » rapport de Sophie Binet à la CEC du 4 février 2025.
19-Fantômas œuvre de Pierre Soumettre et de Marcel Allain (1911), Dr. No personnage de Ian Flemming dans la série des James Bond, Fu Manchu de Sax Rohmer (1912) sont des personnages de romans de fictions.
20-« Pour Emmanuel Macron, l’OTAN est en état de mort cérébrale » Le Figaro, 07.09.2019.
21-« L’effondrement de l’empire » Kit Klarenberg, Arrêt sur info, 14.03-2025.
22-« Réarmer un monstre déjà surarmé, c’est préparer la paix » T. Delforge via Alerte-OTAN, 23.03.2025.
23-Dans son rapport devant la commission exécutive confédérale du 4 février 2025, S. Binet reprend à son compte la campagne médiatique russophobe au sujet des tags antisémites au Mémorial de la Shoah à Paris. Récemment et dans la même veine, la Ministre de l’information Sophie Primas s’est livré a une provocation sordide en soupçonnant la Russie de la décapitation de Samuel Paty.
24-« Loi immigration, les mesures proposées par Bruno Retailleau » France Info, 31.102024
25-« How Europe is rewriting the Word War II history » Jean-Pierre Page, Valdaï Club, 17.02.2025
26-« Retraites, Bayrou ferme la porte aux 62 ans » Le Monde, 17.03.2025
27-« L’économie de guerre rend dérisoire le débat sur les retraites » France Info, 10.03.2025
28- Idem.
29-Idem
30-« Les 4 vérités de Sophie Binet », vidéo Dailymotion, 7 mars 2025.
31-« La reconversion des industries d’armement » Cercle Gramsci, Jean-Paul Hébert, 08.02.2016
32-« The Capital order, Austerity and Fascism »Clara E. Mattei, février 2025.
33-« Le colosse Blackrock va aider l’Ukraine à se reconstruire », businessman, 29.12.2022.
34-« Ukraine : Blackrock, Mc Kinsey, J.P Morgan, Chase au premier plan de la reconstruction », Consultor 3.07.2023.
35-« Ursula Von der Leyen dévoile un plan de 800 milliards d’euros » Le Monde, 04.03.2025.
36-SIPRI : Institut International de recherche sur la paix. Stockholm.
37-« Réarmer un monstre déjà surarmé, c’est préparer la paix » T. Delforge via Alerte-OTAN, 23.03.2025.
38-« We rustet Europa auf ? » Frankfurter Allgemine Zeiting, 08.03.2025.
39-« Les américains comptent faire la guerre jusqu’au dernier ukrainien », LVSL 05.05.2022
40-Rapport de Philippe Martinez, Commission Exécutive Confédérale de la CGT, 16 et 17.04.2018.
41-« Quelle stratégie syndicale face à Trump », rapport de S. Binet à la CEC du 04.02.2025.
42-UAW : United Auto Workers, affiliée à l’AFL-CIO, donateur important du parti démocrate, l’UAW est devenue l’actionnaire majoritaire de Chrysler et le plus important chez General Motors. Plusieurs de ses dirigeants ont été incarcérés pour corruption. Depuis 2006, l’UAW a perdu plus de 30% de ses syndiqués.
43-« Deep state », l’état profond qui réunit le monde bi partisan aux USA des réseaux d’influence politiciens et du monde des affaires, des agences de renseignements, des lobbys, de la bureaucratie, du recul de l’état.
44-AFL-CIO et Change to Win sont les deux confédérations US après la dernière scission de l’AFL-CIO et la création de Change to Win entre autre avec la place prise par le syndicat des camionneurs(teamsters) en 2005. En 2020, le taux de syndicalisation aux USA était d’à peine 10% soit deux fois moins que 20 ans auparavant.
45-La coopération du département international de la CGT avec la Fédération des Teamsters (camionneurs) de l’AFL-CIO à cette époque dirigée par des progressistes avaient permis entre en 1995 l’importante victoire des travailleurs d’UPS.
46-Il s’agit de Salah Lamrani, professeur, membre du bureau de CGT Educ Action à Clermont Ferrand, exclu de la CGT pour son soutien à la résistance palestinienne.
47- Jean D’Ormesson (1925-2017), écrivain, journaliste, membre de l’Académie Française
48-« Quelle stratégie syndicale face à Trump », un rapport de S. Binet, déjà cité.
49-« La Russie ne doit pas gagner cette guerre » interview E. Macron, La dépêche 15.03.2024
50-Espace international CGT : 12 questions sur la guerre. « Paix en Ukraine, liberté en Russie »
51-« 12 questions sur la guerre en Ukraine » déjà cité.
52-Le 10 juillet 2016, le bureau confédéral de la CGT a versé à Mémorial, 2000 euros au titre du soutien à la lutte des droits homosexuels LGBTQ+ en Tchétchénie.
53-Le Solidarity Center de l’AFL-CIO reçoit ses financements du Département d’état et de donateurs privés. Il joue un rôle important au sein du National Endowment for Democracy (NED) aux côtés des partis démocrates et républicains dans le financement des révolutions de couleurs et les changements de régime. Ronald Reagan avait créé le NED pour selon ses dires que cette institution puisse faire ce que la CIA ne pouvait pas.
54-Le prix porte le nom des anciens présidents de l’AFL-CIO, Lane Kirkland et George Meany, qui étaient connus comme des anticommunistes enragés. Lane Kirkland a joué un rôle très important dans la naissance de Solidarnosc. Voir le vivre de B. Drweski « Une solidarité qui a couté cher ! Histoire populaire de Solidarnosc », Delga, 2019.
55-Benoit Frachon (1893-1975), secrétaire général de la CGT de 1945 à 1967 puis Président de la CGT jusqu’en 1975.
Au détriment de son identité et de son histoire, la direction de la CGT n’en finit pas d’exorciser son passé.
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