par Dominique Delawarde.
S’agissant du sabotage des pipelines North Stream 1 et 2, un très intéressant et court article dans le Courrier des Stratèges sous la plume de Edouard Husson sous le titre : « L’Allemagne capitule face à la destruction américaine de sa puissance économique et politique » :
« Ce qui s’est passé hier 27 septembre 2022 est un événement d’une portée colossale. L’Allemagne est restée totalement passive devant le sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et 2. C’est-à-dire que l’Allemagne a renoncé à exercer sa souveraineté et à demander des comptes à la puissance étrangère à l’origine du sabotage. Les dirigeants berlinois sentent bien tout le ridicule qu’il y aurait à accuser la Russie. Mais alors, vers qui se tourner, sinon vers les États-Unis ? Le 7 février 2022, Olaf Scholz n’avait pas bronché lorsque, durant une conférence de presse commune à la Maison Blanche, Joe Biden avait dit froidement que les États-Unis ne se priveraient pas « d’arrêter Nordstream 2 » en cas de guerre. Le 27 septembre 2022, il semble bien que les États-Unis soient passés à exécution. Et l’Allemagne s’est couchée : elle n’existe plus comme puissance politique.
Selon les services allemands, il semble que les dommages subis par les deux gazoducs Nord Stream 1 et 2 les rendent inutilisables.
Pour autant, on se serait attendu à une déclaration solennelle du Chancelier Scholz; à la convocation d’un Conseil européen exceptionnel ; à la demande par la France, en accord avec l’Allemagne, d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies.
Eh bien, non, rien de tout cela! Le gouvernement allemand s’est contenté de prendre bonne note du fait que l’on parlait d’un sabotage. Ils ont laissé les médias allemands se répandre sur ce sabotage « qui ne pouvait venir que des Russes ». Mais le Chancelier Scholz ne va pas se payer le ridicule d’accuser les Russes quand Joe Biden l’avait prévenu le 7 février dernier.
Joe Biden l’avait annoncé, le 7 février 2022, en présence d’Olaf Scholz :
Germany suspects sabotage to Nordstream Pipelines Sept. 27, 2022
Biden: « If Russia invades..then there will no longer be a Nordstream 2 » February 7, 2022 pic.twitter.com/1OW66ci6SC
— TaraBull (@TaraBull808) September 27, 2022
La vidéo que nous remettons à disposition ci-dessus a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux. On y voit Joe Biden déclarer froidement que les États-Unis sont prêts à « arrêter Nord Stream 2 ». Au sens propre aou au sens figuré ? Ce qu’on ne voit pas sur cet extrait c’est qu’Olaf Scholz est debout au pupitre d’à côté. Quelle humiliation. Surtout lorsque la journaliste demande à l’occupant de la Maison Blanche : mais comment ferez-vous vu que les gazoducs sont sous contrôle allemand ? Et Biden, aussi diminué physiquement soit-il, de répondre froidement : nous saurons nous y prendre.
C’était une humiliation considérable. Et dès cette époque le Chancelier Scholz n’a pas réagi. Sept mois plus tard, il s’est carrément couché. Certes l’AfD s’est émue. Et des Allemands continuent à manifester. Mais le monde dirigeant allemand subi. On lui détruit des milliards d’investissements et des trilliards de croissance à venir. Pourtant l’Allemagne ne proteste pas. Pous la seconde fois de son histoire elle capitule, en moins de 80 ans.
Une capitulation sans conditions
Certes, ce n’est pas dans l’ignominie, comme en 1945. On ne peut pas reprocher à l’Allemagne d’avoir une nouvelle fois mis à feu et à sang le continent européen et commis des génocides. L’effondrement en est d’autant plus étonnant.
Non seulement l’Allemagne va voir s’effondrer son économie dans les prochains mois ; mais elle est rayée de la carte comme puissance reconstituée après 1945.
Rappelons-nous comme nos dirigeants ont eu peur de la réunification, de la nouvelle puissance allemande. On parlait même du IVème Reich. En trente ans, cela se termine en sinistre farce : Olaf nous met en scène la servitude volontaire.
Je ne suis pas sûr que nous nous rendions compte, nous autres Français, de ce que cela signifie : nous avons voulu nous aligner à tout prix sur une puissance qui n’en était pas une.
Et puis, surtout, nous nous sommes complètement trompés d’ennemi. L’ennemi de la France et de l’Union européenne, ce n’est pas la Russie. Elle ne demandait qu’à continuer à travailler en bonne entente. L’ennemi, ce sont les États-Unis, qui sont dans le pur rapport de forces ; qui se moquent bien de Kant, ce philosophe sans expérience de la nature humaine, qui disait que deux républiques ne peuvent pas être ennemis ; et qui ont décidé d’atteindre au moins un de leurs objectifs dans cette guerre : briser tout lien entre l’Allemagne et la Russie. »
source : Le Courrier des Stratèges
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Pour les anglophones, ce que dit Tucker Carlson du sabotage des pipelines Nord Stream sur Fox News, la chaîne TV mainstream US ayant la plus forte audience aujourd’hui.
Enfin, pour les élections Brésiliennes qu’il faudra suivre de près, 1er tour dans 3 jours, Lula semble devoir l’emporter car il mène dans les sondages (47% contre 33% à Bolsonaro.) et la dynamique est de son côté. Toutefois, je le répète, une ingérence US est à prévoir.
Elle pourrait prendre la forme de troubles de rues organisés dégénérant, avec une intervention de l’armée qui prendrait le pouvoir.
À chacun de se forger son opinion, bien sûr.
Domique Delawarde
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Source : Lire l'article complet par Réseau International
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