par Oleg Karpovich.
La semaine dernière, peu de gens ont prêté attention à un curieux article paru dans le journal américain Politico.
Sous le titre accrocheur « Lancer une guerre psychologique contre la Russie », l’ancien chef du renseignement militaire américain David Shedd a clairement formulé un plan d’action visant à frapper la Russie.
Ce plan est plus dangereux et plus meurtrier que la fourniture d’armes à l’Ukraine ou les prochaines sanctions.
Il s’agit selon l’article de lancer des actions capables de démoraliser et de diviser la société russe de l’intérieur dans l’esprit de l’aphorisme immortel de Sun Tzu : « Il n’est pas nécessaire de détruire l’ennemi ; il est suffisant de le priver de la détermination de se joindre à la bataille.
Soutien au séparatisme
Les idées de Shedd sont paradoxales dans leur cynisme manifeste.
Tout d’abord, il propose d’abandonner temporairement le concept de promotion de la démocratie ou le rêve américain pour les Russes.
Les Russes sont patriotes par nature, l’auteur l’admet, alors pourquoi ne pas leur suggérer, par des campagnes d’information efficaces qu’une opération militaire spéciale en Ukraine sape l’image de la Russie dans le monde et détruit, dit-on, sa grandeur nationale ?
Cette publication parle également d’autres domaines de travail : la nécessité d’utiliser « l’humour et la satire » comme une arme contre l’État russe :
« par des attaques personnelles contre Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie ; sur l’opportunité d’activités systématiques pour soutenir le séparatisme ethnique en particulier au Tatarstan ; finalement, sur l’importance de travailler avec des « influenceurs » sur Internet, car « Quand les informations de l’opposition proviennent de sources auxquelles les Russes font confiance, ils les perçoivent mieux. »
Brainstorming en cours
La position décrite dans ce document n’est pas le fantasme d’un retraité de haut rang, mais plutôt, comme c’est souvent le cas à Washington, un « bourrage » délibéré qui reflète les discussions en cours dans les couloirs du pouvoir.
L’administration Biden semble enfin convaincue de l’échec de la stratégie choisie au printemps pour déstabiliser la Russie par la pression des sanctions. Le ralliement de la société russe contraste trop évidemment avec les prévisions des analystes occidentaux.
L’intensité des « brainstormings » s’est fortement accrue, visant à trouver de nouvelles façons, selon la juste expression du président Vladimir Poutine, de « mettre l’ours enchaîné, de lui arracher les dents et les griffes ».
C’est la guerre psychologique qui apparaît à de nombreux idéologues de la coalition anti-russe comme la dernière opportunité de renverser le cours du conflit en leur faveur.
La chef du département de l’Information et de la Presse du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a récemment décrit les « collaborateurs de l’information ». Ce sont eux qui devraient servir de trait d’union entre les clients occidentaux et les exécutants potentiels.
En fait, cette catégorie de citoyens russes se voit attribuer le rôle d’une sorte d’opérateurs qui, d’un côté, devraient être prêts à commencer à persécuter les interlocuteurs patriotiques, de l’autre prêts à organiser des émeutes de masse, pour répandre des rumeurs discréditant l’armée et le gouvernement sur Internet.
On a pu observer l’influence croissante des « collaborateurs de l’information » au moment où les forces armées ukrainiennes ont lancé une contre-offensive près de Kharkiv. À la suggestion du « groupe de soutien » de Kiev et de Washington, des rumeurs de panique et des spéculations démoralisantes ont été activement introduites dans la conscience des masse, et les succès tactiques ukrainiens ont été décrits comme presque un tournant de la guerre.
Bien sûr, des mesures préventives assez efficaces ont été prises ces derniers temps, tant en termes de rétablissement de l’ordre dans l’environnement de l’information que d’éducation patriotique des jeunes, ce qui devrait couper le terrain sous les pieds des démiurges occidentaux et des « candidats policiers » locaux. Mais il est trop tôt pour se calmer.
La mobilisation interne de la société russe, visant à identifier le « collaborationnisme de l’information » dans l’espace Internet, la culture de masse, et même dans la vie quotidienne, est une assurance nécessaire contre de nouveaux coups douloureux destinés à détruire l’unité nationale. Bien sûr, un tel modèle de comportement nécessite une concentration accrue de l’attention et le rejet de certaines illusions des années précédentes, mais ce ne sera que le prix minimum à payer pour survivre et gagner.
source : KP.ru
via Bruno Bertez
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