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Juste en face, au Pigeon Café, le chef Gabriel Aubé prépare son dernier service avant de passer à la livraison. Le restaurant, ouvert en pleine pandémie, en juin, a rallié les résidents du quartier grâce à sa chakchouka, sa carte de vins nature et sa terrasse recouverte de verdure. Avec le passage en zone rouge, plus des trois quarts du personnel seront mis à l’arrêt. « Ça nous crève le cœur, dit le cuisinier. Surtout avec la PCU qui se termine. Mais on n’a pas le choix. » Puisque peu de leurs employés ont des permis ou des voitures (« On est à Montréal »), ils devront pour l’instant faire affaire avec les Uber Eats et Doordash de ce monde, qui prennent d’importantes commissions sur les ventes. Vingt pour cent, trente pour cent. Immense.
Alors que le 5 à 7 démarre, plusieurs clients réguliers viennent saluer l’équipe. À l’entrée, un tableau avec une citation de l’humoriste-grincheux Larry David les accueille d’un « pretty, pretty, pretty good ». Ça va bien aller ? « Nous allons nous ajuster, assure la gérante, Estefania Orosco. Continuer. Et simplement essayer… de survivre. »