Ukraine : Armons-nous et partez ! — Djamel LABIDI

Ukraine : Armons-nous et partez ! — Djamel LABIDI

On évalue entre 6 à 8 millions les ukrainiens, des jeunes pour la plupart, qui ont quitté leur pays depuis le début des hostilités avec la Russie. Beaucoup ont voulu profiter au départ de l’aubaine des conditions d’accueil exceptionnelles faites par les pays occidentaux, en solidarité politique avec le pouvoir ukrainien contre la Russie, et avec une population dont le pays s’était effondré économiquement après la séparation de l’URSS et le pillage des oligarques. Mais surtout, on peut estimer sans grand risque de se tromper, qu’ils ont voté avec leurs pieds contre la guerre.

Ce mouvement de fuite du pays ne cesse de croitre. Il est loin le temps où on s’émerveillait du patriotisme des ukrainiens et où on le comparait à l’absence de motivation des soldats russes. L’âge de la conscription a été abaissé de 27 ans à 25 ans. On veut l’abaisser encore à 22 ans et certains même 18 ans. Les besoins en chair à canon sont énormes et insatiables. En Ukraine, les autorités font désormais la chasse aux conscrits, souvent violemment. On évalue à 650 000 le nombre de jeunes ukrainiens ayant fui à l’étranger et susceptibles d’être appelés à l’armée le pouvoir ukrainien demande à ses alliés occidentaux de leur faire eux aussi la chasse. Certains États européens ont assuré de leur collaboration. On propose de les priver de documents d’identité consulaire. On veut tout simplement obliger les jeunes ukrainiens à se battre.

Des armes contre du sang et de l’argent

La propagande occidentale se refuse à tirer la seule conclusion logique. Cette guerre n’est pas populaire, elle n’est pas patriotique. Seuls les pays occidentaux, à part quelques exceptions mais qui paraissent ces derniers temps devenir plus nombreuses, veulent à tout prix s’auto-convaincre du contraire.
Les États-Unis et d’autres pays occidentaux tiennent à rester sur le respect du marché de départ : eux fournissent les armes et les ukrainiens leur sang, «pour la défense de l’Occident». L’Occident va-t’en guerre donne même à présent des leçons de patriotisme aux Ukrainiens. On clame désormais bien haut que les Ukrainiens doivent faire leur devoir. Dans les médias, on va jusqu’à magnifier «l’exemple héroïque» des générations de la guerre de 1914 «qui ne rechignaient pas à rejoindre l’armée et le front». «Oui, la guerre est dure mais c’est la guerre, et il faut la faire, on n’a pas besoin d’en avoir envie ou d’être un patriote». On reste songeur lorsqu’on entend désormais un discours aussi cynique, dit par des journalistes et même des intellectuels bien confortablement installés sur les plateaux ou chez eux par connexion Skype. Bref : «armons nous et partez !»
Entre temps, les dirigeants ukrainiens réclament sans arrêt des armes, de l’argent, surtout de l’argent. Leur soif d’argent est insatiable.

Le hold-up

La dette de l’Ukraine est égale à trois fois son PIB. Les États Unis et l’UE ne cessent de déverser sur les dirigeants ukrainiens un flot de dollars et d’euros, gratuitement, à fonds perdus, à tel point que l’ex président Trump demande aujourd’hui que cela soit considéré comme des prêts. C’est d’évidence un véritable racket. Alors on a eu recours à un autre racket : le G7 vient de décider un hol-dup up sur les intérêts des fonds russes gelés en Europe. Butin : 57 milliards d’euros.

Pourquoi l’Ukraine demande-telle autant d’armes s’il y a si peu, et de moins en moins d’hommes pour s’en servir. Ces aides financières énormes ne serviraient-elles pas à autre chose lorsqu’on sait la corruption régnant en Ukraine et aussi aux États-Unis, d’après les accusations réciproques des candidats aux élections présidentielles eux-mêmes ?

On a la surprise de constater que dans la dernière aide étasunienne, seulement le tiers concerne des équipements militaires, si, bien sûr, ce qui est annoncé est vrai et ne comporte pas des clauses secrètes. Il est étonnant en effet de voir comment on prend les déclarations étasuniennes, ou européennes au pied de la lettre, dans des médias complaisantes, sans exprimer des doutes à leur sujet. Il y a eu tellement de mensonges pour justifier toutes les expéditions guerrières.

Quoi qu’il en soit, il est annoncé officiellement que les deux tiers de l’aide, votée par le Congrès des États-Unis, va vers des subventions au fonctionnement de l’Etat ukrainien et des aides humanitaires. Les étasuniens, les européens paient tout en Ukraine : les fonctionnaires, les militaires, les services publics, la facture des importations etc. Bref, l’Etat ukrainien, ou ce qu’il en reste, fait la manche Il n’a plus rien, plus aucune souveraineté.
Les dirigeants ukrainiens ont un seul moyen de pression sur leurs alliés occidentaux, c’est de faire la grève de la guerre. Ils en menacent sans cesse, indirectement, en criant à une catastrophe militaire si les aides s’arrêtent. Aussitôt celles-ci reprennent. Chacun semble s’être mis d’accord pour faire durer la guerre, les dirigeants des EU comme les dirigeants ukrainiens, et de veiller sur la poule aux œufs d’or.

On en arrive donc à cette conclusion monstrueuse, mais qui s’impose d’évidence : l’Ukraine vit de la guerre, elle est nourrie par la guerre, elle se nourrit de la guerre. Mais c’est un équilibre qui ne peut durer indéfiniment. Il est de plus en plus difficile de faire fonctionner le discours néonationaliste des premiers temps de la guerre. Le pouvoir ukrainien va certainement vers de graves tensions sociales et civiles. L’argent ne peut tout faire, il creuse même l’écart entre ceux qui profitent de la guerre et ceux qui la payent avec leur sang. Un des signes de ces déséquilibres grandissant sont les protestations, dans la jeunesse, à l’égard du favoritisme, des passes droits dans la conscription. La nature même de cette guerre se révèle de plus en plus. Une guerre artificielle, en réalité civile. En Russie de même, beaucoup avaient jugé cette guerre fratricide. C’est ainsi, qu’au début du conflit, beaucoup de jeunes avaient aussi quitté le pays, fuyant les rumeurs d’une mobilisation. Un grand nombre est revenu. La différence, peut-être, est que l’opinion a changé lorsqu’elle a vu concrètement qu’il s’agissait d’une guerre de l’alliance occidentale de l’OTAN pour encercler son pays, l’affaiblir, le soumettre à l’hégémonie occidentale, et même, dans certains projets, le démanteler et le faire disparaitre en tant que grande puissance indépendante et souveraine, voire en tant qu’entité civilisationnelle.

La corde au cou du dollar

Les États-Unis ont une dette abyssale, bien supérieure à leur PIB. Et ils continuent de financer à fonds perdus l’Ukraine, ainsi d’ailleurs qu’Israël. Cela leur coûte l’impression du dollar. Et lorsque les intérêts de leur dette grandissent, ils procèdent de même. On se trouve devant un cercle vicieux où même les pays qui achètent de la dette américaine, la Chine, et d’autres pays non occidentaux, par exemple l’Inde, les pays du Golfe, se trouvent enchainés et risquent leur propre faillite si les États-Unis font faillite. Cette situation nourrit en même temps l’inflation mondiale. Les États- Unis ont toujours réalisé le tour de force de faire participer ainsi au financement de leurs guerres, même ceux qui y sont opposés. Au bout de la chaine, ce sont les peuples du monde qui financent le militarisme étasunien, à travers l’inflation et les prêts à taux élevés. Tant que la suprématie du dollar subsistera, ils seront dans la situation de celui qui va serrer toujours plus fort, lui-même, la corde à son cou. Le conflit en Ukraine amplifie les contradictions mondiales. La crise des États-Unis se mondialise. Les moyens auxquels ils ont recours pour la contenir, comme le hold-up décidé par le dernier G7, ajouté à la destruction et à la politisation des règles du commerce international, obligent les pays qui veulent avancer à sortir de cette dictature du dollar pour sécuriser leurs avoirs et intensifier leurs échanges.

Les EU ont perdu toutes leurs guerres, de l’Irak à l’Afghanistan, et avant au Vietnam. Ils n’ont gagné qu’une seule guerre : celle du dollar. On comprend qu’ils s’y accrochent de toutes leurs forces. Mais jusqu’à quand ?

Les militaires font de la politique

Dans le contexte général du déclin de l’hégémonie occidentale, cette guerre peut avoir des conséquences inattendues. Elle peut nourrir les facteurs de graves tensions politiques et sociales, voire de guerre civile en Europe. Cette guerre est déjà larvée à voir la confusion politique qui règne en Occident.
Les militaires apparaissent de plus en plus sur la scène politique ou médiatique occidentale C’est un signe qui ne trompe pas des tensions politiques et sociales qui se développent dans le camp occidental. Aux États-Unis, le Pentagone, la CIA, l’armée interviennent de plus en plus souvent publiquement : le chef d’Etat major, le général Mark Milley, celui de l’armée de terre James, McConville, des officiers supérieurs en retraite, ont pris la parole. En Angleterre il y a l’implication politique, idéologique et médiatique intense du ministère de la Défense dans la guerre en Ukraine, il y a aussi les interventions nombreuses du général Sir Patrick Sanders, chef d’Etat major général. L’exemple s’est diffusé en France : Le général Pierre de Villiers, ancien chef d’état-major des armées, qui avait démissionné au début du mandat du président Macron par désaccord avec celui-ci, sort de sa réserve et déclare à la télévision, le 22 novembre 2022, «qu’il ne faut pas sous-estimer la capacité militaire de la Russie» et que» l’intérêt de la France est d’arrêter le guerre». Par contre, plus tard, le 19 mars 2024, le chef d’Etat-Major de l’armée de terre, le général de corps d’armée Pierre Schill signe une tribune dans le journal Le Monde suite aux différentes déclarations du chef de l’État français sur un éventuel envoi de troupes en Ukraine pour dire que «l’armée française se tient prête». Tout cela est inhabituel. Ceux qu’on appelle » les «généraux de plateau», apparus au départ pour commenter en experts, la guerre en Ukraine, font désormais carrément de plus en plus de la politique. Un exemple significatif en est le général Michel Yakovleff. Ancien haut dirigeant de l’OTAN, il a participé à la guerre du Golfe et à celle contre la Serbie. Il est devenu une figure médiatique majeure se faisant remarquer par des positions jusqu’auboutistes qui veulent séduire par une posture de guerrier franc et ne mâchant pas ses mots, dans la tradition et le style des généraux Bigeard et Massu. Il a publié, le 13 mai dernier, avec d’autres militaires et éditorialistes politiques de TF1, ce qui illustre bien le mélange actuel des genres et des rôles, lui aussi une tribune dans le journal Le Monde, appelant à l’escalade et à l’utilisation de missiles à longue portée sur le territoire Russe. Un autre général de plateau, ancien chef du renseignement militaire et des forces spéciales, le général Christophe Gomart, s’est porté lui, vêtu de sa tenue militaire, candidat aux élections européennes sur la liste d’un parti de la droite (Les Républicains).

Cette intervention de plus en visible des militaires, même «ex militaires et en réserves», dans la vie politique, est un signe des tensions politiques, et de la fragilisation de pays européens, singulièrement la France. Ces tensions peuvent s’exprimer à tout moment sous toutes les formes. La dissolution soudaine et brutale de l’Assemblée nationale française en est un exemple. Le président Macron subit une grave défaite aux élections européennes qui ont valeur de test de l’opinion publique actuelle et de la répartition des forces électorales. Pourtant, les semaines la précédant, le président Macron était célébré, à grands renforts médiatique comme un chef de guerre, ce qui pouvait donner l’illusion d’une popularité. Elle n’était que médiatique.

Et alors éclate la crise

Tout cela semble s’être estompé d’un seul coup à la faveur d’une crise politique qui a d’abord éclaté à partir des élections européennes, ce qui est très significatif, pour devenir une crise nationale. Soudain les projets guerriers du président Macron prennent bien moins de relief, et l’apparence, du moins pour le moment, de simples velléités. C’est bien la preuve qu’i devient bien difficile de détourner l’attention des peuples de leurs problèmes réels par une fuite en avant guerrière, et de les convaincre que leur existence se joue en Ukraine, comme essaient de les en convaincre les élites mondialistes dirigeantes des États-Unis relayées par leurs comparses européens.

On assiste même à un phénomène inédit historiquement et qui laisse les analystes songeurs faute de précédent. Au fur et à mesure qu’ils perdent leur souveraineté et leur indépendance sous l’action brutale des élites mondialistes etatsuniennes, certaines forces dans les pays occidentaux se trouvent désormais des accents libérateurs tiers-mondistes. Cela touche autant les forces traditionnellement classées à droite qu’à gauche. Elles se découvrent même des sympathies avec le projet d’un monde multipolaire proposée en Europe par la Russie. Face à ce phénomène, les élites mondialistes ne savent plus quelle attitude adopter, entre la lutte contre ce courant opposé à elles, ou l’alliance avec sa partie la plus autoritaire, celle du parti de l’ordre, face à la montée de la protestation populaire. C’est très visible dans les hésitations de la droite déchirée entre le soutien à la gauche ou à l’extrême droite conquérante, qui se présente en garantie de l’ordre dans le pays. Mais la partie mondialiste de la droite et du centre n’est même pas sûr qu’elle en est une garantie, se méfiant des tendances souverainistes de cette extrême droite, et lui reprochant ses sympathies envers la Russie. La confusion politique est grande et se manifeste par des renversements incessants d’alliance, qu’elles soient objectives ou formalisées politiquement, comme le montre les élections dans de nombreux pays européens.

Le dilemme du sionisme

Le sionisme, mondialiste par définition, se trouve dans la même expectative, une partie s’alliant avec la partie des courants de l’extrême droite qui soutient Israel, et l’autre s’en méfiant, par crainte de l’histoire chargée d’antisémitisme des courants nationalistes européens.

En fait, il vit un dilemme qu’on pourrait formuler ainsi : sa base historique est occidentale. Elle est dans la sphère occidentale, culturellement, économiquement, financièrement, militairement, politiquement. Il est un élément de d’hégémonie occidentale. Il y a participé et en a bénéficié. Il s’est installé au fur et à mesure dans la partie qui dominait le monde, celle la plus riche. Il s’est profondément imbriqué dans les élites mondialistes actuelles. Mais, aujourd’hui, il a le risque de s’isoler du monde non occidental, de l’Histoire en marche, de la progression qui se fait en dehors de l’Occident avec la montée irréversible des pays émergents, en Asie, en Afrique, en Amérique latine. Il risque de perdre donc le contact avec le reste du monde, l’essentiel du monde, et donc d’isoler la communauté juive. C’est d’ailleurs la raison en profondeur pour laquelle une partie de plus en plus importante de cette communauté critique le sionisme de façon de plus en plus résolue, et prend ses distances avec lui, et même s’y oppose, de façon grandissante, activement. Pour maintenir son emprise sur elle, il ne reste plus au sionisme que de s’appuyer sur la peur, sur la dénonciation de l’antisémitisme. C’est ce qu’on voit dans la rhétorique d’Israel et dans les pays où il y a les communautés juives les plus importantes : États Unis, France, etc. Mais il risque ainsi de faire de l’antisémitisme un slogan creux, hors de propos, ethniciste, essentialiste, et finalement vide de sens, qui singularise dangereusement les juifs et en définitive les isole.

Deux tendances se manifestent alors au sein du sionisme : l’une, pourrait-on dire «canal historique», continue de s’appuyer sur la sphère occidentale. Elle défend avant tout bec et ongles Israël, indépendamment de toute autre considération, inconditionnellement, y compris dans les aspects génocidaires de sa politique. Cette tendance s’est manifestée dernièrement en France par le soutien au parti du Rassemblement national dès qu’il a annoncé son soutien au sionisme et malgré les antécédents antisémites marqués de ce parti. L’autre tendance veut concilier ce soutien à Israël sans perdre le contact avec le monde en évolution, et notamment avec la Russie, clé de l’Eurasie du futur. Cela s’est bien illustré dans la tentative de réunir une conférence de paix en Suisse avec le monde non occidental, mais avec un succès mitigé en l’absence de la Russie et des principaux représentants du monde émergent. Mais surtout, cette autre tendance se manifeste par à la fois un soutien critique à Israël, et à la paix en Palestine, d’une part, et à la volonté d’autre part de garder de bonnes relations avec la Russie en soutenant la solution diplomatique d’un dialogue de paix en Ukraine.

Bref, on est en face de développements géopolitiques considérables

Quel avenir ?

En tout cas, ce qui est très probable c’est que les tensions économiques, donc sociales, donc politiques, vont aller s’accroissant. La raison en est simple et claire, au-delà des analyses économiques sophistiquées : la part des pays occidentaux dits «riches» ne va cesser de diminuer dans la production et la répartition des richesses mondiales, du fait de la montée en puissance irrésistible d’un nombre croissant de pays émergents et du déclin de l’hégémonie occidentale. Il ne pourra plus y avoir à un pôle l’extrême pauvreté et l’autre la richesse. Les flux migratoires entrainés par cette situation deviennent eux-mêmes intenables.

Les pays occidentaux seront de plus en plus obligés de vivre selon leurs moyens, tout simplement, comme les autres nations. Cela va dans le sens de l’aplanissement des inégalités entre nations. Jusqu’à présent les classes dirigeantes occidentales avaient pu maintenir leur pouvoir en achetant la paix sociale, et même parvenir, ainsi, à entrainer, grosso modo, leurs peuples dans les aventures coloniales et néocoloniales, en cédant aux classes populaires et moyennes une part du gâteau, du butin, ce qu’on appelait dans la littérature internationaliste «les miettes de la table». Cela va être de moins en moins possible. Le choc historique est dur et explique le désarroi, la panique, toute la palette des ressentiments et des frustrations dans les pays occidentaux, de classes populaires et moyennes apeurées par un avenir qu’elles ne perçoivent plus.

Cela se manifeste, dans un premier temps, en grande partie, par des sentiments nationalistes négatifs à travers la concentration des luttes politiques autour du thème des migrants et de ses thèmes dérivés : islamophobie, questions sécuritaires, racisme, suprématisme etc., et par un sentiment intolérable de déclin. Cela durera plus ou moins longtemps. Mais il va être de plus en plus difficile de détourner ainsi l’attention des peuples européens dans ces directions, vers de faux ennemis, vers des boucs émissaires. Les revendications, les luttes internes autour de la répartition du revenu national et des richesses vont être donc de plus en plus aigües, de plus en plus graves. Les élites dirigeantes ont de plus en plus de peine à les contenir et à trouver, pour cela, le personnel politique adéquat.

L’essentiel des changements viendra évidemment du monde non occidental, c’est-à-dire de la transformation du rapport de forces dans les relations internationales. Mais les pays occidentaux ne manquent pas de traditions de liberté et de progrès, de grands leaders humanistes et internationalistes, qui ont toujours tenté d’éloigner leurs peuples de l’égoïsme national. C’est désormais le moment où jamais qu’ils se manifestent.

Il semble qu’il y a des forces qui dans les pays occidentaux ont relevé ce défi malgré l’hostilité incroyable contre elles dans le système médiatico-politique. Il y a l’extraordinaire mouvement de solidarité avec la Palestine aux États Unis, au sein même du parti démocrate et de la communauté juive, ainsi qu’en Europe, il y a certaines forces souverainistes et indépendantistes européennes qui allient revendications nationales et sociales, il y a le parti de «la France insoumise» en France qui est devenu la force centrale de la gauche en France.

Dans cette période de transition, si fragile, si dangereuse pour la planète, espérons seulement que les élites mondialisées, enfermées souvent dans le nihilisme, l’inhumanité de leur vision abstraite et désincarnée de l’homme, des cultures, des nations, et souvent même dans leur absence d’empathie pour les souffrances des peuples, n’entrainent pas, avec leur chute, l’humanité toute entière dans la guerre. Telle est l’enjeu principal actuel.

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Source: Lire l'article complet de Le Grand Soir

À propos de l'auteur Le Grand Soir

« Journal Militant d'Information Alternative » « Informer n'est pas une liberté pour la presse mais un devoir »C'est quoi, Le Grand Soir ? Bonne question. Un journal qui ne croit plus aux "médias de masse"... Un journal radicalement opposé au "Clash des civilisations", c'est certain. Anti-impérialiste, c'est sûr. Anticapitaliste, ça va de soi. Un journal qui ne court pas après l'actualité immédiate (ça fatigue de courir et pour quel résultat à la fin ?) Un journal qui croit au sens des mots "solidarité" et "internationalisme". Un journal qui accorde la priorité et le bénéfice du doute à ceux qui sont en "situation de résistance". Un journal qui se méfie du gauchisme (cet art de tirer contre son camp). Donc un journal qui se méfie des critiques faciles à distance. Un journal radical, mais pas extrémiste. Un journal qui essaie de donner à lire et à réfléchir (à vous de juger). Un journal animé par des militants qui ne se prennent pas trop au sérieux mais qui prennent leur combat très au sérieux.

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