Moscou réitère ses menaces nucléaires sur fond de référendum

Moscou réitère ses menaces nucléaires sur fond de référendum

Moscou a de nouveau menacé mardi de faire usage de l’arme nucléaire, alors que les autorités prorusses des régions ukrainiennes de Donetsk, Zaporijjia, Kherson et Louhansk, où le Kremlin organisait des référendums d’annexion, ont revendiqué la victoire du « oui » d’un rattachement à la Russie. Ces votes sont dénoncés comme des « simulacres » par Kiev et ses alliés.

L’ancien président et numéro deux du Conseil de sécurité russe Dmitri Medvedev a assuré que Moscou défendrait ces nouveaux territoires qu’elle entend incorporer à l’issue de ces scrutins, « y compris avec les armes nucléaires stratégiques ».

« Je vais le répéter encore une fois pour les oreilles sourdes […] : la Russie a le droit d’utiliser des armes nucléaires si nécessaire », a-t-il ajouté.

Quand il lui a été demandé si ces déclarations représentaient la position officielle du Kremlin, son porte-parole Dmitri Peskov a rappelé la doctrine militaire russe, qui prévoit la possibilité de frappes nucléaires si des territoires considérés comme russes par Moscou sont attaqués.
 

Or, après les référendums, « dans ces territoires, il y aura des changements cardinaux du point de vue juridique, du point de vue du droit international et du fait de toutes les conséquences respectives [des mesures prises] pour assurer la sécurité », a indiqué M. Peskov.

Ces menaces nucléaires, qui sont prises au sérieux en Occident, sont intervenues au dernier jour des votes d’annexion organisés par Moscou dans les régions séparatistes de Donetsk et Louhansk (est) et dans celles sous occupation russe de Kherson et Zaporijjia (sud). Ces régions se sont toutes prononcées en faveur du rattachement à la Russie, selon leurs autorités prorusses.

Après le dépouillement de 100 % des bulletins de vote, la commission électorale de la région de Zaporijjia a affirmé que 93,11 % des électeurs avaient voté pour le rattachement à la Russie. La commission électorale centrale de la République populaire de Donetsk (DNR) a affirmé que 99,23 % des électeurs avaient soutenu le rattachement.

Dans la région de Kherson, l’administration d’occupation pro-Moscou a indiqué que 87,05 % des électeurs avaient voté en faveur du « oui », après le dépouillement de tous les bulletins.

Peu après, celles de Louhansk ont aussi annoncé la victoire du « oui ».

« Bienvenue à la maison, en Russie ! » a rapidement déclaré sur Telegram l’ancien président Dmitri Medvedev.

Référendums décriés

 

Les pays du G7 ont juré de ne « jamais reconnaître » leurs résultats, tandis que Washington a promis une réplique « sévère » par la voie de sanctions économiques supplémentaires.

L’Union européenne considère ces « reférendums » comme « illégaux » et toutes les personnes qui ont participé à leur organisation seront sanctionnées, a affirmé le porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Même la Chine, principal partenaire de la Russie, a formulé des critiques, sans aller jusqu’à dénoncer ces référendums.

Après l’annonce des « résultats provisoires », le Parlement russe devra voter un texte formalisant l’intégration des quatre régions à la Russie.

« Qu’attendons-nous de cet événement ? La stabilité, la stabilité économique et la confiance en l’avenir », a déclaré le dirigeant des séparatistes de Louhansk, Léonid Passetchnik.

La ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, était elle à Kiev mardi, en soutien à l’Ukraine pour, notamment, rencontrer le président Volodymyr Zelensky.

La Russie continue parallèlement de mener une mobilisation de ses réservistes afin de recruter 300 000 combattants pour son invasion de l’Ukraine, cherchant la parade à la contre-offensive des troupes ukrainiennes qui ont, fortes des livraisons d’armes occidentales, repris des milliers de kilomètres carrés de territoire début septembre.

Exode des Russes

 

Cette campagne de recrutement, menée par moments de manière chaotique, a poussé de nombreux Russes à quitter le pays, un exode confirmé mardi par deux voisins du pays, la Géorgie et le Kazakhstan, tandis qu’un afflux est également observé aux frontières de la Mongolie et de la Finlande.

La Géorgie a fait état de 10 000 Russes franchissant la frontière chaque jour depuis l’annonce de la mobilisation. Le Kazakhstan a lui fait état de 98 000 citoyens russes arrivés depuis le 21 septembre.

« Je ne suis pas de la chair à canon, je ne suis pas un meurtrier », a expliqué à l’Agence France-Presse Nikita, un jeune Russe de 23 ans passé du côté géorgien au poste-frontière de Kazbegui.

Le président kazakh, Kassym-Jomart Tokaïev, a promis de protéger les Russes fuyant vers le Kazakhstan, traditionnel allié de la Russie, mais qui a pris ses distances d’avec l’invasion de l’Ukraine.

Sur le terrain en Ukraine mardi, Kiev a revendiqué de nouveaux gains territoriaux avec la capture des localités de Borivchtchyna, sur la rive gauche de la rivière Oskil dans la région de Kharkiv, ainsi que le noeud logistique et ferroviaire de Koupinask-Vouzlovy.
 

Moscou continuait de son côté d’affirmer infliger de lourdes pertes à son adversaire.

Ces derniers jours, les attaques russes aux drones de fabrication iranienne se sont intensifiées, notamment au-dessus d’Odessa, grand port de la mer Noire, où deux engins « kamikazes » ont frappé des infrastructures militaires lundi, provoquant un important incendie et des détonations de munitions.

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