Un témoin de l’accusation contre Assange explique ses affabulations (Stundin) — Bjartmar Oddur Þeyr Alexandersson, Gunnar Hrafn Jónsson

Un témoin de l’accusation contre Assange explique ses affabulations (Stundin) — Bjartmar Oddur Þeyr Alexandersson, Gunnar Hrafn Jónsson

Un témoin important dans l’affaire opposant le ministère de la Justice des États-Unis à Julian Assange jette un sérieux doute sur les déclarations figurant dans l’acte d’accusation contre le fondateur de Wikileaks.

Comme Stundin l’a précédemment rapporté, un témoin clé dans l’affaire contre Julian Assange a admis avoir menti et a ainsi jeté un sérieux doute sur les déclarations figurant dans l’acte d’accusation contre le fondateur de Wikileaks. Nous pouvons maintenant partager des enregistrements audio de ce témoin, Sigurdur Ingi (Siggi) Thordarson, dans lesquels il parle de son rôle dans l’affaire et de ce qui l’a conduit à l’origine à s’impliquer dans une enquête du FBI alors qu’il était un adolescent délinquant en proie à la criminalité.

Les extraits présentés ici sont tirés de plus de neuf heures d’enregistrements audio de Thordarson évoquant de son plein gré ses crimes et ses escroqueries.

L’une des questions soulevées dans l’acte d’accusation révisé contre Assange, présenté aux tribunaux britanniques en vue d’une demande d’extradition vers les États-Unis, est l’affirmation selon laquelle il a reçu des fichiers audio contenant des enregistrements secrets de membres du parlement islandais.

M. Thordarson, également connu sous le nom de Siggi, affirme aujourd’hui avoir remis une clé USB à Assange au début de 2010, sans savoir ce qu’elle contenait. Il ne savait même pas s’il y avait des fichiers audio sur la clé, et encore moins ce que ces fichiers pouvaient contenir. Cela semble contredire l’acte d’accusation, dans lequel Siggi Thordarson est cité comme source.

Journaliste : « Vous l’avez aussi envoyé à Julian ? »

Siggi : « Oui, je lui ai donné une clé USB. »

Journaliste : « Une clé USB avec les conversations ? »

Siggi : « Oui. »

Journaliste : « Il a donc reçu ces appels téléphoniques ? »

Siggi : « Du moins, il a reçu des fichiers. Je ne les ai jamais écoutés donc je n’ai aucune idée de ce qu’il y avait dessus. »

Journaliste : « Vous n’aviez pas envie de vérifier pour l’écouter ? Quelle était la taille de ce fichier ? »

Siggi : « Je ne me souviens pas, j’étais en train de faire quelque chose à ce moment-là, alors je me suis dit que j’allais le balancer à Julian pour qu’il l’examine. »

Journaliste : « OK, mais quelle était la taille de ce fichier ? Quelle était la taille de la carte mémoire, 16 gigaoctets ou 2 gigaoctets ? »

Siggi : « Non, non, elle devait être sur une clé de 34 ou 64 gigaoctets. »

Le juge britannique a cité cette partie de l’acte d’accusation dans le jugement sur l’extradition, disant que Thordarson a été demandé par Assange : « …de pirater des ordinateurs pour obtenir des informations, y compris des enregistrements audio de conversations téléphoniques entre des hauts fonctionnaires, y compris des membres du Parlement, du gouvernement du « pays de l’OTAN 1 » [Note : Ici, l’accusation affirme qu’Assange n’est pas accusé d’avoir reçu ou publié des informations qui lui ont été offertes, mais plutôt d’avoir activement recherché des informations. À titre d’exemple, l’accusation affirme que l’incident de l’enregistrement des appels au Parlement était une tentative d’obtenir les données par piratage informatique].

Lorsqu’on le confronte, Thordarson admet que c’est faux mais affirme qu’il n’est pas autorisé à expliquer pourquoi l’acte d’accusation ne correspond pas à son prétendu témoignage.

Journaliste : « Avez-vous dit au FBI que… »

Siggi : « Que je les avais piratés ? Non. »

Journaliste : » … qu’Assange vous a demandé de les pirater ? «

Siggi : « Non. »

Journaliste : « Alors pourquoi l’acte d’accusation dit que vous l’avez dit ? »

Siggi : « Je ne peux pas répondre à cette question. »

Journaliste : « C’est parce que vous ne voulez pas, ou c’est à cause du FBI que vous ne pouvez pas ? »

Siggi : « Je ne peux pas répondre à cette question. »

Journaliste : « Pourquoi ne pouvez-vous pas répondre ? »

Siggi : « Parce que je ne suis pas autorisé à le faire. »

Thordarson a récemment été appelé à fournir un nouveau témoignage sur l’affaire aux États-Unis. Il dit ne pas pouvoir entrer dans les détails de son voyage, mais la discussion a porté sur de nouvelles informations, plutôt que sur la confirmation de ce qu’il avait affirmé auparavant.

Siggi : « Il y avait beaucoup de questions qui n’avaient jamais été soulevées auparavant, donc cela n’aurait pas eu de sens. »

Journaliste : « Donc il y a eu une tentative d’ouvrir une nouvelle ligne d’enquête comme le prétendent mes sources ? ».

Siggi : « Une nouvelle piste ? »

Journaliste : « En d’autres termes, ils cherchaient d’autres sujets que ceux qu’ils avaient déjà abordés avec vous ? »

Siggi : « Oui. »

Journaliste : « Et ces sujets concernaient l’extension de l’enquête à des domaines différents de ceux contenus dans cet acte d’accusation ? »

Siggi : « Je ne saurais le dire. »

Journaliste : « Vous ne pouvez pas le dire ou vous n’êtes pas autorisé à le dire ? »

Siggi : « L’un ou l’autre. » *rire*

Journaliste : » Il faut choisir, Siggi ! »

Siggi : « Je ne peux rien dire à ce sujet. »

Journaliste : « Donc vous n’avez pas le droit de commenter ? »

Siggi : « Oui. »

Le FBI a eu accès aux communications entre Julian Assange et Chelsea Manning, car il a saisi du matériel informatique appartenant à cette dernière lors de son arrestation. Dans une conversation, Assange mentionne avoir reçu des documents relatifs à l’effondrement du système bancaire islandais. Cet effondrement était le résultat direct d’actions imprudentes, voire criminelles, de banquiers de haut niveau, et Wikileaks avait révélé des actes répréhensibles similaires dans une autre banque islandaise deux ans auparavant.

Thordarson s’est révélé être la source mentionnée dans les échanges entre Manning et Assange. Cependant, il a simplement ri et refusé de s’exprimer lorsqu’on lui a demandé comment il avait réussi à voler les documents sous le nez de la banque en faillite Glitnir.

Journaliste : « Le 5 mars 2010, Assange a dit à Manning qu’il avait obtenu d’une source des documents bancaires volés, cette source était en fait vous ? »

Siggi : « Oui. »

Journaliste : « De quels documents bancaires s’agit-il ? »

Siggi : « De Milestone et Glitnir et… »

Journaliste : « Ce sont les documents de Milestone que vous avez pris avec une clé USB que vous avez utilisée pour les prendre de leur ordinateur, non ? L’ordinateur était accessible, n’est-ce pas ? »

Siggi : « Je ne me souviens pas. Mais ce sont des documents qui se rapportent à… »

Journaliste : « Mais ce sont les documents que vous avez pris, chez Milestone… »

Siggi : « Oui, il en parlait. »

Journaliste : « Mais est-ce qu’il parlait de quelque chose d’autre ? Parce que…

Siggi : « Oui, parce que j’avais et j’ai toujours le registre des prêts de la banque Glitnir qui n’a jamais été publié. J’avais aussi un fichier qui était le registre des prêts de Landsbanki mais il était crypté. J’allais demander à David House de voir s’il pouvait utiliser le superordinateur du MIT pour le crypter… le décrypter. »

Journaliste : « Le décrypter. C’est le fichier qu’on voyait traîner un peu partout en ligne ? Tout le monde essayait de le décrypter, il avait déjà été téléchargé… »

Siggi : « En effet. »

Journaliste : « Et le registre des prêts de Glitnir, il vient d’où ? »

Siggi : « Ahaha… Je vous le dirai hors micro. »

Thordarson est un escroc bien connu en Islande et semble avoir gagné sa vie au fil des ans en mentant et en dévalisant une longue liste d’entreprises locales. Dans le cadre de ses projets frauduleux, il a tenu en 2010 une boutique en ligne proposant des produits Wikileaks et prétendant collecter des fonds pour l’organisation. En réalité, tout allait sur son compte bancaire personnel et il refuse de dire ce qu’il a fait de l’argent volé à Wikileaks.

Journaliste : « Je suis un peu curieux de savoir où il est allé… »

Siggi : « Je vous le dirai dès que je le saurai, haha ! » 

Journaliste : « Donc l’argent a été déposé sur votre compte en banque, c’est ça ? »

Siggi : « En effet. »

Journaliste : « On peut parler hors-micro si vous voulez… »

Siggi : « Ce n’est pas grave, je l’ai admis au tribunal. Mais la boutique était et a toujours été à mon nom. »

Les membres de l’organisation Wikileaks ont fini par se rendre compte de ce qui se passait et ont tenté désespérément de retrouver Thordarson et de récupérer l’argent. Il était également recherché pour divers autres délits en Islande, notamment pour fraude financière et abus sexuels sur mineurs. C’est à ce moment-là qu’il a décidé de se rendre à l’ambassade des États-Unis à Reykjavík et d’offrir un témoignage contre Assange en échange d’une protection. Cependant, cette décision l’a involontairement mis dans une situation encore plus délicate.

Thordarson avait déjà été en contact avec le tristement célèbre collectif de pirates informatiques connu sous le nom de Lulzec, dirigé par une personne utilisant le pseudonyme Sabu. Ce que Thordarson ne savait pas à l’époque, c’est que Sabu avait été arrêté par le FBI et était devenu un informateur un mois plus tôt seulement. En demandant à Sabu de pirater les sites du gouvernement islandais, Thordarson s’était tellement incriminé que les autorités américaines le tenaient. Il dit que les fonctionnaires lui ont dit qu’il risquait une longue peine de prison s’il ne coopérait pas pleinement.

Journaliste : « Ils vous disent simplement, voici la situation, et ils vous la présentent. »

Siggi : « Ouaip. »

Journaliste : « Et ce n’était pas un joli tableau selon mes sources. »

Siggi : « En effet. »

Journaliste : « Ils ont peut-être même souligné que vous alliez être envoyé en prison de façon imminente si vous ne répondiez pas aux questions du FBI et si vous ne travailliez pas avec le FBI sur cette affaire. Vous avez paniqué à ce moment-là. »

Siggi : « Je ne le vois pas comme une menace. Dire l’évidence n’est pas nécessairement une menace. »

Journaliste : « Ecoutez… on dirait que la police islandaise vous a dit qu’elle ferait disparaître les charges en Islande. »

Siggi : « Oui. »

Journaliste : « …et que le FBI ferait disparaître les charges américaines ? Donc, en passant un accord d’immunité avec les Américains, vous seriez tiré d’affaire pour tout ce qui pourrait vous causer des problèmes dans votre pays ? »

Siggi : « Euh… C’est la première fois que j’entends ça. »

Il semble que l’accord prévoyait que Thordarson fournisse des déclarations qui pourraient renforcer l’acte d’accusation contre Assange, en échange d’une immunité totale. Il s’en tirerait avec ses crimes, comme il l’a dit lui-même.

Journaliste : « Vous étiez le menu fretin, vous saviez qu’ils voulaient le gros poisson, et vous leur avez tout donné pour les aider à l’attraper. » 

Siggi : « Oui, je suis d’accord avec ce portrait, c’est comme ça que ça s’est passé. Mais c’était pas ça l’idée quand j’étais là-bas à l’été 2011 ou dans les environs. Je me suis retrouvé au pied du mur et j’ai craqué. »

Journaliste : « Mais vous pouvez voir que de mon point de vue, cette histoire est pleine de trous. » 

Siggi : « Bien sûr. »

Journaliste : « La pression que vous subissez, mentale et physique, de la part du FBI. Si vous ne coopérez pas à 110%, vous êtes tout simplement foutu. »

Siggi : « Ils auraient déjà révoqué cet accord d’immunité si j’avais menti. »

Journaliste : « C’est vrai ? » 

Siggi : « Oui ! »

Journaliste : « Parce qu’ils se basent beaucoup sur votre seule parole. »

Siggi : « Il est stipulé à plusieurs reprises dans mon accord que si je devais être pris en train de mentir, un seul mot, l’accord d’immunité serait révoqué. Et ils pourraient continuer à me poursuivre. Il n’y a rien dans l’acte d’accusation sur les preuves qu’ils ont, le système judiciaire n’exige pas que cela soit rendu public. » 

Journaliste : « En fait, cela fait partie de la découverte… »

Siggi : « Quand ça passe au tribunal. »

Journaliste : « Bien sûr, mais… »

Siggi : « Là vous avez un acte d’accusation qui sera complété plus tard.

Journaliste : « Oui, mais quand même, s’ils n’arrivent pas à l’extrader du Royaume-Uni, ils n’ont pas de dossier. »

Siggi : « Le juge [britannique] n’a pas refusé l’extradition sur la base des preuves de l’affaire, mais pour des raisons de santé. »

Journaliste : « Exactement. »

Siggi : » Vous essayez de me dire qu’ils ne demanderaient pas immédiatement son extradition de tout autre pays où il se rendrait ? La seule chose qui puisse sauver Julian à présent, c’est que Joe Biden laisse tomber tout ça. »

Journaliste : « Que vous arriverait-il dans ce cas ? »

Siggi : « Je ne sais pas. »

Journaliste : « Je veux dire que si le procureur général des États-Unis dit que l’affaire est close et qu’ils arrêtent tout, à la demande de Biden, qu’est-ce qui vous arrivera ? »

Siggi : « J’ai un accord d’immunité qui ne sera pas révoqué. »

Journaliste : « Même si l’affaire est classée ? »

Siggi : « Oui. »

Journaliste : « Donc vous vous en sortez avec tous vos crimes ? »

Siggi : « C’est ce que j’ai compris. »

Il n’est pas clair dans quelle mesure les autorités islandaises ont été informées de ces arrangements, si tant est qu’elles l’aient été. En effet, Thordarson affirme que le FBI lui a assuré qu’aucune information ne serait partagée avec la police islandaise sur les crimes qu’il a commis en Islande, notamment les tentatives de piratage contre les institutions islandaises.

Siggi : « Mon inquiétude était que si je leur disais qui a été piraté et comment, comme Landsvirkjun et le site web du gouvernement et tout ça, je deviendrais une cible des autorités islandaises. »

Journaliste : « Pourquoi ? »

Siggi : « Finalement, j’ai demandé s’ils [les autorités islandaises] auraient accès aux données dont j’ai parlé et ils [le FBI] ont simplement dit non, que cela n’arriverait jamais. C’est la seule discussion que j’ai eue avec le FBI au sujet des autorités islandaises. »

Thordarson a maintenant 28 ans, mais il était adolescent lorsqu’il s’est porté volontaire pour travailler pour Wikileaks il y a dix ans. Il affirme n’avoir aucune rancune personnelle envers Julian Assange, mais regrette de s’être engagé dans « cette aventure », comme il le dit. M. Thordarson dit souffrir d’une anxiété extrême et d’insomnie à la suite de ses expériences et ne fait pas entièrement confiance au FBI ou au ministère américain de la justice pour respecter leur part du marché, mais il a bon espoir qu’ils le feront. 

Siggi : « Bien sûr qu’ils peuvent me bousiller ! Bien sûr qu’ils le peuvent. Dans ce cas, c’est juste un problème que j’aborderai quand il se présentera à moi, je ne peux pas m’embêter à y penser avant. »

Journaliste : « C’est un sacré problème, Siggi ! »

Siggi : « C’est sûr ! Je ne vais pas le nier, pas du tout. Mais est-ce que ça m’aide de m’en inquiéter maintenant ? Non. »

Journaliste : « Est-ce que vous avez peur que l’affaire [Assange] soit abandonnée ? »

Siggi : « De ce qui pourrait arriver après ? »

Journaliste : « Oui. »

Siggi : « Oui. »

Journaliste : « Donc la perspective que Julian soit un homme libre vous angoisse ? » 

Siggi : « Qu’il soit libre ? Je fêterais ça. »

Journaliste : « Ok, mais… »

Siggi : « Pour ce qui est de l’impact sur moi personnellement, on verra bien. »

Journaliste : « Je sais que vous et Julian étiez très proches. »

Siggi : « Mmm. »

Journaliste : » Vous réalisez que ce témoignage pourrait lui coûter la vie. «

Siggi : « Je le sais. »

Journaliste : « Qu’est-ce que ça vous fait ? »

Siggi : « Ce dont il s’agit ici, c’est qu’on ne devrait pas impliquer un garçon de 17 ou 18 ans dans ce genre de choses. »

Journaliste : « Vous êtes en colère contre lui ? »

Siggi : « Non. »

Journaliste : « Est-ce que vous vous sentez blessé ? »

Siggi : « Non. »

Journaliste : « Quels sont vos sentiments envers Julian aujourd’hui ? »

Siggi : « Je… je ne sais pas. »

Il développe, disant que tout cela semblait irréel et ressemblait plus à une simulation informatique qu’à la vraie vie à cette époque.

Siggi : « Ce n’est pas un secret que j’avais une peur bleue. Comme je l’ai dit plusieurs fois, un adolescent de 18 ans n’a aucune idée de ce qu’il fait. Tu ne joues pas à un putain de jeu vidéo, tu ne joues pas aux Sims ou à Black… quel est… quel est celui, je ne joue pas aux jeux vidéo et je ne connais pas les noms. Call of Duty ? »

Journaliste : » Il est vraiment très bon. «

Siggi : « OK ! Mais ce que je veux dire c’est que tu ne t’en rends pas compte. Et c’est ça le pire, je ne le comprends toujours pas aujourd’hui. Ce n’était pas comme si on publiait quelque chose dans le journal de l’école. »

Journaliste : « Non, ce que vous avez publié était du sérieux. »

Siggi : « Exactement. Et c’est ce qu’on ne réalise pas. »

Journaliste : « Mais est-ce que vous avez l’impression d’avoir fait quelque chose de mal en publiant ces documents ? Est-ce que vous pensez que c’était mal ? »

Siggi : « Hmm. Aujourd’hui, je dirais oui. »

Thordarson estime qu’il a le droit de parler aux médias, malgré son accord avec les autorités américaines. Il accepte la culpabilité de ses propres crimes, mais dit qu’en fin de compte, Assange devrait être tenu responsable de ces crimes en tant que chef de l’organisation Wikileaks à l’époque.

Siggi : « Il n’y a rien dans mon accord qui stipule… »

Journaliste : « Que vous ne pouvez pas parler aux médias ? »

Siggi : « Non, la seule chose qu’ils ont pu me demander, c’est de ne pas divulguer mes conversations avec eux. »

Journaliste : « Mais comme je l’ai dit, c’est évidemment une affaire très sérieuse et vous avez clairement fait beaucoup de choses. »

Siggi : « Mhm. »

Journaliste : » Pensez-vous que vous devriez être inculpé dans cet acte d’accusation aux côtés de Julian ? «

Siggi : « Oui. »

Journaliste : » Vous le pensez ? «

Siggi : « Oui. »

Journaliste : « Et si Julian avait décidé de se sauver en vous dénonçant ? Parce que c’est vous qui avez accepté la plupart de ces documents. Vous étiez l’homme de paille. »

Siggi : « Mmm. »

Journaliste : » Vous ne trouvez pas étrange que c’est lui qui est puni pour des choses que vous avez faites ? «

Siggi : « Des choses que j’ai faites ? Il était le rédacteur en chef, c’est évident que si vous êtes le rédacteur en chef, vous êtes responsable, non ? »

Outre sa fraude financière considérable et bien documentée à l’encontre de Wikileaks et de nombreuses entreprises en Islande, il a également été condamné pour des crimes sexuels sur neuf garçons mineurs qu’il a dupés et contraint à lui accorder des faveurs sexuelles. Cinq autres affaires similaires ont été abandonnées en raison du manque de preuves. L’une des victimes s’est suicidée après que les procureurs ont abandonné les charges spécifiquement liées à ses abus. Thordarson, qui a été diagnostiqué sociopathe par un psychiatre nommé par le tribunal, affirme être hanté par ces événements.

Journaliste : « Nous parlons d’un garçon qui avait l’impression que vous aviez abusé de lui. »

Siggi : « Oui. »

Journaliste : « L’affaire a été classée. »

Siggi : « Oui. »

Journaliste : « On lui a refusé la justice. »

Siggi : « En effet. »

Journaliste : « Il s’est ensuite suicidé. Je ne dis pas que vous êtes le seul responsable de ça mais vous avez une part de responsabilité. »

Siggi : « Je le sais. Croyez-moi, je le sais. 100%. J’ai même essayé de parler au procureur de la République et j’ai demandé si cette affaire pouvait être instruite jusqu’au bout. Ils ont dit non. »

Journaliste : « Pensez-vous que vous auriez dû être condamné pour les cinq charges qui ont été abandonnées ? »

Siggi : « Eh bien, certaines de ces accusations étaient tout simplement ridicules. L’une d’entre elles concernait un message que j’avais envoyé à quelqu’un sur MSN pour lui demander s’il voulait avoir des relations sexuelles. Mais le garçon qui s’est suicidé, son affaire aurait dû être instruite. »

Journaliste : « Vous lui avez fait des promesses extravagantes, vous ne vous souvenez pas ? Vous lui avez promis un salaire mensuel d’un million de couronnes [7 800 dollars]. Tout ce qu’il avait à faire était de coucher avec vous. »

Siggi : « Oui. »

Journaliste : « Et s’il ne voulait plus coucher avec vous, il pouvait garder l’argent, vous signiez un contrat à cet effet. Vous vous en souvenez ? »

Siggi : « Oui. »

Journaliste : « Vous lui avez raconté des conneries, vous n’aviez pas cet argent. »

Siggi : « Non, mais cela reste de la prostitution. C’est ce que c’est, sur le plan légal. »

Journaliste : « Je n’ai pas demandé la définition légale. »

Siggi : « Mais selon ma conviction, c’est… »

Journaliste : « Je le sais. Mais je vous demande ce que vous ressentez à ce sujet, personnellement. »

Siggi : « En ce moment ? Je pense que c’est ridicule. »

Journaliste : « Cela va au-delà de la prostitution, n’est-ce pas ? Je ne veux pas dire au sens juridique, je parle juste de ce que ça fait à un niveau personnel. Vous faites pression sur ce jeune garçon, qui économisait pour s’acheter un appartement. «

Journaliste : « Vous lui avez promis un ordinateur, que vous lui avez effectivement fourni. Mais vous lui mettiez beaucoup de pression et il n’est même pas gay. »

Siggi : « Non, mais il avait le choix de dire non. »

Journaliste : « Il a dit non. »

Siggi : « OK. »

Journaliste : « Mais vous avez insisté. »

Siggi : « OK. C’est comme ça qu’on drague, vous savez… »

Bjartmar Oddur Þeyr Alexandersson, Gunnar Hrafn Jónsson

Traduction, « oui, vous avez bien compris (ou pas) : les Etats-Unis s’appuient sur un prétendu piratage en ISLANDE (pays de l’OTAN) pour incriminer Assange… » par Viktor Dedaj avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles

»» http://stundin.is/grein/13910/his-own-words-assange-witness-explains-f…

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Source: Lire l'article complet de Le Grand Soir

À propos de l'auteur Le Grand Soir

« Journal Militant d'Information Alternative » « Informer n'est pas une liberté pour la presse mais un devoir »C'est quoi, Le Grand Soir ? Bonne question. Un journal qui ne croit plus aux "médias de masse"... Un journal radicalement opposé au "Clash des civilisations", c'est certain. Anti-impérialiste, c'est sûr. Anticapitaliste, ça va de soi. Un journal qui ne court pas après l'actualité immédiate (ça fatigue de courir et pour quel résultat à la fin ?) Un journal qui croit au sens des mots "solidarité" et "internationalisme". Un journal qui accorde la priorité et le bénéfice du doute à ceux qui sont en "situation de résistance". Un journal qui se méfie du gauchisme (cet art de tirer contre son camp). Donc un journal qui se méfie des critiques faciles à distance. Un journal radical, mais pas extrémiste. Un journal qui essaie de donner à lire et à réfléchir (à vous de juger). Un journal animé par des militants qui ne se prennent pas trop au sérieux mais qui prennent leur combat très au sérieux.

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