Le couvre-feu pourrait être prolongé, laisse entendre Legault

Le couvre-feu pourrait être prolongé, laisse entendre Legault

Le premier ministre, François Legault, instille le doute sur la levée du couvre-feu — et sur d’autres mesures de confinement — dans le Grand Montréal le lundi 8 février, à 23 h 59.

Le chef du gouvernement a fixé grossièrement jeudi trois critères incontournables à respecter avant de mettre fin aux mesures sanitaires additionnelles annoncées en début d’année pour ralentir l’épidémie : « un, réduire le nombre d’hospitalisations ; deux, arrêter le délestage puis ; trois, commencer à réduire nos listes d’attente. »

Malgré le fléchissement observé au fil des derniers jours, le nombre d’hospitalisations demeure « beaucoup trop élevé » pour envisager à ce moment-ci un retour à la normale. « 1453 “patients COVID” dans nos hôpitaux, c’est beaucoup trop élevé, pour qu’on puisse d’abord arrêter de faire du délestage d’activités, de chirurgies, de traitements, puis même éventuellement commencer à faire du rattrapage [et] à diminuer nos listes d’attente », a fait valoir M. Legault en conférence de presse. « Tant que le nombre d’hospitalisations va être aussi élevé que ça, on ne peut pas penser, dans les prochaines semaines, qu’on va tout rouvrir et qu’on va être capables de permettre des contacts. Donc, c’est vrai en particulier à Montréal et à Laval, là, c’est vrai dans le Grand Montréal », a-t-il ajouté.

La « situation demeure fragile » également aux yeux de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). « Un relâchement global de l’adhésion aux mesures sanitaires — distanciation physique, lavage des mains, port du masque — pourrait grandement réduire l’impact des nouvelles mesures du 8 janvier » dans la mesure où « un nombre important de personnes infectées à la suite d’une transmission communautaire soutenue pendant la période des fêtes » se trouve au sein de la population, avertit-il. Les différents modèles d’évolution de la COVID-19 mis à jour par l’INSPQ montrent un rebond des nouvelles infections, des nouvelles hospitalisations et des nouveaux décès dès la mi-février, soit au lendemain de la levée prévue du couvre-feu et des autres mesures de confinement.

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Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a rappelé jeudi son « objectif » de « revenir [au] code de couleurs ou aux niveaux d’alerte », qui prévoient des mesures à la hauteur de la situation épidémiologique, du contrôle de la transmission et de la capacité du système de soins dans chacune des régions, ce qui laisse penser que les restrictions les plus sévères pourraient perdurer au-delà du 8 février à Montréal, en Montérégie et à Laval où 60 % des nouveaux cas de COVID-19 ont été recensés dernièrement.

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, s’est dit persuadé de l’efficacité du couvre-feu de 20 h à 5 h en vigueur depuis le samedi 9 janvier dernier. « Il y a moins eu de contacts, on le voit. Puis, ces contacts-là ont généré moins de cas. Donc, je pense que ça marche », a-t-il dit, se fiant à ses « observations » des couvre-feux décrétés ici et à l’étranger. « Ça marche parce que l’effet du couvre-feu, c’est de dire au monde : “Je ne sortirai pas parce que, là, si je me fais pogner, je vais avoir une grosse amende, puis, etc.” », a-t-il poursuivi.

Campagne de vaccination

Par ailleurs, le Dr Arruda s’est montré intrigué par les rapports d’hôpitaux israéliens selon lesquels à peine 33 % des personnes vaccinées étaient immunisés contre la COVID-19, 14 jours après avoir reçu une première dose du géant pharmaceutique Pfizer. L’état-major de la campagne de vaccination prendra connaissance des publications scientifiques sur le sujet et fera une enquête sur chacune des personnes déclarées positives à la COVID-19 après s’être vu inoculer le vaccin depuis le lancement de l’opération au Québec, le 14 décembre dernier, a-t-il indiqué.

Le programme de vaccination pourrait être « réajusté », à la lumière de ces « découvertes » — « ce qui pourrait vouloir dire, pour certaines clientèles, de donner deux doses plus tôt, et puis pour d’autres [clientèles], d’attendre », a ajouté le sous-ministre adjoint à la santé. Pour le moment, la stratégie québécoise consiste à donner une première dose du vaccin à un maximum de personnes quitte à repousser l’administration de la deuxième dose. « On pense encore qu’une dose à plus de monde, ça sauve plus de vies que deux doses à moins de gens », a-t-il répété.

Les équipes de vaccination ont quitté les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) après avoir vacciné environ 90 % des personnes vulnérables et en grande perte d’autonomie qui y résident, a indiqué le ministre Christian Dubé jeudi après-midi. Les travailleurs du réseau de la santé en contact avec des usagers ainsi que les personnes autonomes ou en perte d’autonomie qui vivent en résidence privée pour aînés (RPA) sont désormais au centre de la mire des vaccinateurs.

1624 nouveaux cas, hospitalisations en baisse

Source : Lire l'article complet par Le Devoir

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