Dernières grâces présidentielles aux Etats-Unis : Julian Assange pourrait-il en bénéficier ?

Dernières grâces présidentielles aux Etats-Unis : Julian Assange pourrait-il en bénéficier ?

Donald Trump pourrait-il gracier Julian Assange ? Alors que le président des Etats-Unis passe sa dernière journée à la Maison Blanche avant de laisser sa place à Joe Biden, les nombreux appels à abandonner les poursuites contre le fondateur de Wikileaks seront-ils entendus ? Le 29 décembre 2020, cinq lauréats de prix Nobel ont adressé une lettre à Donald Trump, lui demandant d’accorder la grâce présidentielle. Leur requête concerne les poursuites enclenchées suite à la publication par Wikileaks en 2010 de documents militaires révélant des crimes de guerre commis par les Etats-Unis en Irak et en Afghanistan.  

L’activiste pour la paix en Irlande du Nord Mairead Maguire, le défenseur des droits de l’Homme Adolfo Pérez Esquivel, la féministe Rigoberta Menchú, l’activiste iranienne Shirin Ebadi et l’écrivain autrichien Peter Handke déclarent : «Nous écrivons afin de vous demander de marquer votre héritage présidentiel en accordant le pardon à Julian Assange ou en cessant son extradition».

La missive poursuit : «Assange s’est battu pour la vérité et la justice. Son travail avec Wikileaks a ouvert la voie de la responsabilité des médias et exposé de la corruption, des violations des libertés civiles aux Etats-Unis et autour du monde, et le vrai prix de la guerre».

Selon les cinq signataires, le fait de poursuivre Julian Assange «menace les protections constitutionnelles chères aux Américains». Ils suggèrent qu’en «offrant la grâce, en mettant fin aux poursuites d’Assange, votre présidence sera retenue pour avoir sauvé les protections pour tous les Américains du Premier amendement».

Les Etats-Unis demandent l’extradition de Julian Assange, c’est-à-dire que celui-ci soit jugé aux Etats-Unis puisqu’il se trouve à Londres, incarcéré à la prison de Belmarsh. Le 4 janvier 2021, la juge britannique Vanessa Baraitser a rejeté cette demande d’extradition, mettant en avant l’état psychologique du fondateur de Wikileaks et le risque qu’il se suicide en prison. «Face à des conditions d’isolement quasi total […] je suis convaincue que les procédures [esquissées par les autorités américaines] n’empêcheront pas M. Assange de trouver un moyen de se suicider», a-t-elle fait valoir. Les Etats-Unis ont notifié au tribunal leur intention de faire appel de la décision. «Nous continuerons à demander l’extradition de M. Assange vers les Etats-Unis», a précisé un communiqué du département de la Justice le jour du jugement.

Deux jours après sa décision, la juge a refusé une mise en liberté sous caution, avançant qu’il existait «des motifs sérieux de croire que si Julian Assange était libéré aujourd’hui, il ne se rendrait pas au tribunal pour faire face à la procédure de recours».

Aux Etats-Unis, Julian Assange est passible de 175 ans de prison. Washington souhaite le juger pour espionnage après la publication sur Wikileaks en 2010 des «War Logs», des dizaines de milliers de documents secrets américains faisant état de crimes de guerre commis par les Etats-Unis en Irak et en Afghanistan.

Wikileaks lutte contre le secret et la corruption dans le monde entier

D’autres demandes de grâce présidentielle ont été formulées ces dernières semaines.

Le 22 décembre, le rapporteur de l’ONU sur la torture Niels Melzer a lui aussi adressé une lettre ouverte au président américain Donald Trump. Il y dit considérer que le lanceur d’alerte n’est pas un «ennemi du peuple américain». «Son organisation, Wikileaks, lutte contre le secret et la corruption dans le monde entier et, par conséquent, agit dans l’intérêt public tant du peuple américain que de l’humanité tout entière», écrit-il.

A son tour, Edward Snowden, un autre lanceur d’alerte qui a révélé le scandale de la NSA (un système d’écoutes illégales par l’organisation américaine à l’échelle planétaire), a apporté sa voix à la cause de Julian Assange. Réfugié en Russie, car lui aussi passible de poursuites aux Etats-Unis, Edward Snowden s’est adressé à Donald Trump le 3 décembre 2020 sur Twitter : «Monsieur le Président, si vous accordez un seul acte de clémence durant votre mandat, s’il vous plaît : libérez Julian Assange. Seul vous pouvez sauver sa vie».

En 2010, Joe Biden parlait d’un «terroriste high-tech»

S’il est pour l’heure impossible de savoir si Joe Biden pourrait gracier Julian Assange, le président des Etats-Unis qui entrera en poste le 20 janvier qualifiait en 2010 − alors qu’il était vice-président − Julian Assange de «terroriste high-tech». «Cet homme a fait des choses qui ont nui, mis en péril la vie et le métier de certaines personnes dans le monde. Il a rendu plus compliquée la conduite de nos affaires avec nos alliés et nos amis», rapportait alors l’AFP.

Source : Lire l'article complet par RT France

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