Contribution à l'affaire Duhamel

Contribution à l'affaire Duhamel

Par ces trois textes complémentaires, E&R apporte sa pierre à l’édifice de la vérité politique autour de « l’affaire Duhamel ».

Affaire Duhamel – Analyse juridique
(Damien Viguier)

D’après un livre récent, en 1988 et 1989 le politologue Olivier Duhamel, alors âgé de 38 et 39 ans, aurait commis des actes sexuels sur « Victor », son beau-fils, âgé lui de 13 et 14 ans.

Cela a déjà suscité quelques réactions juridiques (je pense à mes confrères Jean-Marie Le Pen et William Goldnadel ou, plus timide sur un secteur qu’il ne maitrise pas, à Alain Finkielkraut). Et certaines de ces dernières réactions ont suscité comme un redoublement du scandale.

Je me cantonne à mon domaine de compétence et dans une optique de pédagogie casuistique je me propose d’étudier deux questions de droit, celle de la nature des faits et celle de leur prescription.

Nature des faits

Peu de domaines sont plus complexes que celui de la qualification de faits de nature sexuelle commis sur des mineurs. Pour avoir touché à ces questions dans deux de mes livres ( Pédophilie, viol et séduction , Kontre Kulture, 2019 et La Controverse de Ravenne, Kontre Kulture, à paraître courant 2021), j’irai droit au but.

Dans le cas Duhamel, les questions de la puberté et du consentement reviennent à nouveau au cœur du débat.

La puberté est la frontière objective et naturelle entre l’enfance et l’âge adulte (il ne faut pas brouiller les pistes, l’adolescent est un adulte). Cette frontière sépare deux mondes entre lesquels les contacts sexuels sont interdits (pédophilie).

Entre un enfant et un adulte il ne peut pas y avoir consentement, parce que l’enfant, en ce domaine, est privé de la base nécessaire pour se déterminer, à savoir le discernement. Et ce n’est pas une question d’âge. C’est une question physiologique.

Par conséquent, si, première hypothèse, « Victor » à 13 et 14 ans était encore impubère (incapable d’engendrer), les faits commis sur lui sont incontestablement des agressions sexuelles ou des viols (si pénétration passive).

La question du consentement ne se poserait que dans la seconde hypothèse, dès lors que l’on se trouverait en présence de deux adultes. À nouveau, le discernement peut être absent (drogue, alcool, sommeil), mais la contrainte, même seulement morale, ou l’abus de l’innocence peuvent suffire à établir qu’il n’y avait pas consentement, et donc agressions sexuelles ou viols. C’est question de fait de savoir s’il y a eu ou non consentement. Nihil hoc ad ius, ad Ciceronem.

Ce n’est que dans le cas où il y aurait consentement que l’on devrait envisager l’atteinte sexuelle. D’ailleurs, en l’occurrence, compte tenu de la position d’Olivier Duhamel, l’atteinte sexuelle pourrait valoir même après la quinzième année, jusqu’aux dix-huit ans de Victor. C’est la seule infraction qui soit incontestable.

Trois infractions possibles, en résumé : viol, agression sexuelle, atteinte sexuelle.

Circonstances des faits

À noter, infraction ou non, les quatre connotations dont ces actes sont affectés.

 1) Été 1988 « Victor » avait 13 ans, Olivier Duhamel était âgé de 38 ans. Je ne reviens pas sur l’hypothèse de pédophilie, mais compte tenu de la grande différence d’âge (25 ans) il y a peut-être hébéphilie (si l’on accepte cette notion) et certainement éphébophilie.

- 2) Les actes étaient de nature homosexuelle, ce qui permet pour Olivier Duhamel de parler de pédérastie, compte tenu du point précédent.

- 3) Olivier Duhamel commettait un adultère, son épouse étant toujours en vie.

- 4) Les actes étaient de dimension incestueuse, Olivier Duhamel étant le parâtre de « Victor ». À noter, à l’heure du mariage homosexuel, que l’union dans ce cas peut faire l’objet d’une dispense (article 161 du code civil) et qu’une filiation commune avec un enfant est permise (article 310-2 du code civil). L’inceste est circonstance aggravante de l’agression et du viol, pour l’atteinte sexuelle le code pénal n’emploie par le mot mais il y a aggravation. Dans cet inceste, Olivier Duhamel était en quelque sorte à la place de Bernard Kouchner (père de « Victor » et premier mari divorcé de la mère), et il mettait « Victor » dans le rôle de son épouse. Autre manière de voir : Olivier Duhamel jouait le rôle de l’épouse de « Victor ».

Puisqu’il s’agit d’un parâtre, ce cas pourrait apparaître comme un drame typique des familles recomposées. Cependant, le phénomène, qui se multiplie avec le divorce, n’est pas d’aujourd’hui. Le problème des secondes noces est un classique en histoire. Mais de nos jours il intervient dans le contexte d’une filiation troublée. C’est donc plutôt d’une crise de la paternité qu’il s’agit, provoquée de nos jours par une double négation.

a) Négation que la filiation soit un lien de sang, et uniquement de sang. On veut étendre le statut de « parent » aux beaux-parents, aux amis proches, on nous parle de « parent d’intention » avec l’adoption (qui est sortie du cadre dans lequel les Romains la concevaient) et les dons d’ovocyte ou de sperme.

b) Négation que la famille soit une institution de droit public et qu’il faille à ce groupe plus qu’une « autorité parentale ». C’est de pouvoir qu’il faudrait parler à nouveau, et de pouvoir paternel, une charge qui suppose une responsabilité, un contrôle et la possibilité d’en être démis si l’on en abuse. Restaurée, la patria potestas prendrait rang aux côté des deux autres charges publiques traditionnelles, celle du tuteur et celle du mari.

Prescription des faits

À peine moins complexe est la question de la prescription de l’action publique. Cela tient à ce que les lois ont beaucoup changé ces quatre dernières décennies.

Il faut distinguer selon qu’il s’agit d’un délit ou d’un crime − le viol est un crime, l’agression sexuelle et l’atteinte du même nom sont des délits.

Si c’est de délit qu’il s’agit, la prescription triennale est acquise en 1991 et 1992. Une fois acquise, la prescription ne peut pas être touchée par la loi du 17 juin 1998 qui a étendu aux délits sexuels la prescription décennale, pas plus que par les lois subséquentes.

Les choses sont plus complexes s’il s’agit de crimes.

La loi du 10 juillet 1989 a institué que le délai de prescription des crimes commis sur mineurs par ascendant ou personne ayant autorité commencerait de courir non à la date des faits mais au jour de la majorité de la victime – dans notre affaire le 18 juin 1993. Cette loi est entrée en vigueur le 15 juillet 1989. Il faut donc distinguer, compte tenu des règles de conflit de loi alors en vigueur, deux périodes.

Le délai de prescription décennale des faits commis jusqu’au 14 juillet 1989 à minuit commençait à courir immédiatement. Leur prescription, pour les plus tardifs, est acquise au soir du 14 juillet 1999.

Quant aux faits criminels commis après minuit, le 15 juillet 1989, la course du délai commence le 18 juin 1993 pour n’expirer que le 18 juin 2003. À une petite année près le délai tombait sous l’empire de la loi du 9 mars 2004 qui a prolongé le délai pour le porter à vingt ans. Nous aurions alors eu une prescription expirant le 18 juin 2013.

Mais quoi qu’il en soit elle échappait encore à la loi du 3 aout 2018 qui a fixé le délai à trente ans, ce qui nous conduirait à juin 2023.

Tous les faits sont donc prescrits. Néanmoins je précise que rien n’interdit au législateur de décider, primo, que de tels faits seront imprescriptibles (telle est peut-être le but de tout ce battage), et secundo que sa loi sera rétroactive. Il en est capable, on l’a vu pour les crimes contre l’humanité.

Damien Viguier

Le 17 janvier 2021


Anguille sous roche (de Solutré)
(René Perriot)

La mécanique est désormais bien huilée. Une femme, dans la fleur de l’âge, bourgeoise de gauche à profession libérale, commet un livre qui fait l’effet d’une bombe. Non que la qualité d’écriture soit exceptionnelle, l’ensemble étant généralement fort médiocre et passablement ennuyeux si ce n’était que comme dans une sorte de chocolat-Kinder littéraire, une surprise se trouve à l’intérieur.

On y livre en pâture un mâle, dominant, bien en vue, puissant quoique sur le retour et l’on fait le procès (non contradictoire) de sa sexualité. Sous la plume des écrivaines, cette sexualité n’est plus le privilège grivois d’un jouisseur argenté, mais une arme, qui blesse, qui oppresse, qui tue, symboliquement au moins.

C’est alors toute la machine médiatico-judiciaire qui se déchaîne, telle la déesse de la vengeance, souvent des dizaines d’années après les faits.

Notons que ce ne sont jamais des cas avérés de pédophilie qui provoquent l’ire de nos modernes Érinyes, y compris lorsque les accusés publics en auraient commis par ailleurs. Ce qui est jeté à la vindicte populaire, c’est une sexualité masculine, conquérante et transgressive, une sexualité de la limite certes, privilège de classe plus que de genre. Ce sont les rapports de séduction réciproques, complexes et contradictoires (de Springora et Matzneff, de Weinstein et d’actrices en devenir…), qui sont présentés comme autant de viols, d’actes de pédophilie, d’incestes objectifs.

Si l’objet de ces campagnes était la traque des pédophiles ou des violeurs, que la force publique ne va-t-elle s’emparer sur le champ M. Cohn-Bendit qui s’est allégrement vanté à la télévision de pratiquer une sexualité avec des enfants de cinq ans ? Pourquoi le parquet n’ouvre-t-il pas immédiatement une enquête à propos de faits de pédophilie commis au Maroc par un ministre français et dénoncés publiquement par le ministre Ferry ? Que ne pousse-t-on plus loin l’affaire Epstein, traitée dans les médias français uniquement sous l’angle bien guimauve de la « violence faite aux femmes » ?

Il n’y a qu’à écouter Jack Lang s’indigner de l’affaire Duhamel et charger ce dernier (Europe 1 le 18 janvier 2021), pour comprendre toute la tartufferie à l’œuvre.

Il est évident qu’Olivier Duhamel, professeur émérite à Sciences Po, proche de Robert Badinter et ex-vice-président du club Le Siècle est un ennemi idéologique objectif.

Cela ne nous dispense pourtant pas de comprendre ce qu’il représentait, au sein même de l’oligarchie. Puisque E&R est une association politique, ses militants doivent se garder de toute naïveté en ce domaine. C’est la dynamique politique à l’œuvre qui doit être comprise dans une affaire comme celle-là, indépendamment de qui en est l’objet.

Est-ce un hasard si cette figure, hier caution du système démocratique en tant que professeur de droit public libéral et de gauche, proche de la mitterrandie, dénonçant la dérive « monarchiste » de la Cinquième République et ardent défenseur de la réforme du Conseil constitutionnel qui permet désormais à tout justiciable de saisir ce dernier à l’occasion d’un contentieux ; se voit soudain couverte de boue au moment où se met en place une dictature de plus en plus explicite au prétexte de crise sanitaire ?

Judiciairement, si Olivier Duhamel doit répondre de ses actes, qu’il le fasse. C’est tant mieux.

Politiquement, l’affaire Duhamel sonne comme un avertissement envoyé à la bourgeoisie de gauche soixante-huitarde qui fait le substrat sociologique des grandes consciences libérales démocratiques : « La partouze est finie. Que ceux qui se sont roulés dans la fange et ont bénéficié de tous les honneurs, de tous les privilèges sous la Ve, ne viennent pas aujourd’hui en entraver la mutation en évoquant des sujets forts inconvenants comme les libertés publiques ou le droit constitutionnel. »

Nous assistons à un changement d’époque. 1968 et ses atours libertaires étaient le maquillage vulgaire et trop chargé sur la face hideuse de la dictature du Capital post-1945. Aujourd’hui le maquillage s’effrite. Sous nos yeux ébahis, c’est l’idéologie libérale-libertaire qui est en train d’être liquidée.

Certains peuvent s’en réjouir. Reste à affronter ce qui vient.

René Perriot

Le 18 janvier 2021


Rappel !
Pédophilie, éphébophilie et pédocriminalité – Mon analyse de l’affaire Matzneff
(Alain Soral)

D’abord une mise au point sur ma relation à Matzneff

Je ne le connais pas personnellement. Ma relation à lui se borne à deux faits et un constat.

Un. J’ai lu des lettres d’amour de lui à une jeune femme que j’ai connue au début des années 90 (je me souviens que son père était sculpteur) et qui avait été sa maîtresse quand elle avait 15 ans. C’était de très belles lettres et elle gardait de lui, à 20 ans, un très bon souvenir de son initiateur délicat à l’amour…

Deux. Il m’a soutenu, à distance, lors de mon expulsion de Sciences Po par l’ignoble Descoing. Il a été le seul à le faire avec Marie-France Garaud.

Deux gestes élégants.

Je l’ai aussi croisé plusieurs fois lors de salons du livre, à l’époque où j’y étais encore invité. Je me souviens d’un monsieur précieux, ni vulgaire, ni brutal, contrairement à l’époque. Voilà les trois raisons de mon avis favorable sur lui, sans vraiment le connaître.

Par ailleurs, je n’ai aucun avis sur son talent et son œuvre, je ne lis pas ses livres et sa conception de la littérature « au-dessus de tout » (et qui excuserait tout ?) n’est pas du tout la mienne.

Maintenant sur l’affaire Matzneff

À mon avis, il y en a deux.

Une où il est parfaitement condamnable : le tourisme sexuel dans le tiers-monde. Là, il a indubitablement un pied dans la pédocriminalité, mais un pied, là où beaucoup d’autres en ont deux, et qui l’attaquent aujourd’hui pour se défausser, sans jamais, eux, être inquiétés. Tout le monde a les noms…

L’autre affaire, qui a tout déclenché et qui nous amène ici : le livre de son ancienne maîtresse Vanessa Springora. La première affaire étant indéfendable, c’est de cette seconde affaire Matzneff dont je veux discuter, car elle contient, à mon avis, toute la schizophrénie et la tartuferie de l’époque sur les questions de l’amour, du sexe, de la séduction, de l’innocence et du consentement…

Dans cette histoire d’amour, de sexe et de séduction, que lui est-il reproché ? La différence d’âge.

Une jeune fille de 14 ans avec un – bel – homme de 50, à l’époque. Ces faits étant prescrits, en plus de ne pas clairement tomber sous le coup de la loi, il s’agit donc d’une discussion morale, voire culturelle… Mais qui est en train de tourner au tribunal populaire et au lynchage, sous la pression des médias, alors que des scandales d’abus sexuels et de pédophilie sortent en ce moment de tous côtés, au point de réveiller le grand public…

Comme je sais que des petits salopards, avec leur méthode de salopards, essayent de me mouiller dans l’affaire Matzneff, je vais déjà rappeler que personne ne peut me donner de leçons sur le sujet ! J’ai publié, dès 2002, des textes très explicites sur ces crimes, souvent couverts au plus haut sommet de l’État. J’ai été le seul à oser publier, chez Kontre Kulture, le livre de Jacques Thomet sur les procès d’Outreau et le rôle abject qu’y a joué Me Dupont-Moretti. J’ai aussi subi trois procès de feu Pierre Bergé pour avoir osé lui poser des questions dans un livre, condamné et interdit par décision de justice, et sa veuve continue à me persécuter encore aujourd’hui. Qui dit mieux ?

Revenons au sujet. Matzneff est aujourd’hui cloué au pilori par un livre et ce qu’y raconte une personne qui revient sur son consentement 35 ans après. Un retournement, présenté comme une prise de conscience, aidée par la psychanalyse (qui fonde pourtant sa psychologie sur le désir d’inceste). Un livre qui est aussi un coup d’édition d’une femme, devenue éditrice, au moment même de l’ouverture du procès Weinstein, coïncidence ! Un livre, soi-disant thérapeutique, et déjà vendu à 65 000 exemplaires, sans doute plus aux lectrices de Cinquante nuances de grey qu’aux lecteurs d’Otto Weininger… Sur le plan littéraire et même moral, je ne suis pas sûr que le livre de cette dame vaille tellement mieux que l’œuvre de Matzneff.

Un livre qui surfe d’emblée sur une confusion et dont l’objet, au-delà de la petite histoire personnelle, semble être cette confusion même : nous faire passer pour identique, sur le plan de la morale et du trauma, la séduction, dans un cadre bourgeois parisien, d’une jeune fille de bonne famille à la recherche d’un initiateur amoureux, par un écrivain mondain, et la consommation dans le tiers-monde et le quart-monde d’enfants loués et vendus pour y être violés, voire sacrifiés, lors de rituels pédo-satanistes dans lesquels sont impliqués les plus hautes instances oligarchiques. Cf. l’affaire Dutroux et en ce moment même l’affaire Epstein, scandaleusement négligée par les mêmes médias français qui s’acharnent aujourd’hui sur Matzneff…

À croire que cette petite affaire d’éphébophilie nous est offerte exprès pour cacher l’autre, en associant abusivement sous le même vocable pédophilie, éphébophilie et pédocriminalité de réseau. Voilà pour moi le fond crapoteux de l’affaire et la raison de ma non-participation au lynchage de Gabriel Matzneff en pleine affaire Epstein !

Sans parler de la petite manipulation féministe, nous y reviendrons…

Puisqu’à aucun moment il n’est question de défendre la pédocriminalité et le tourisme sexuel auquel s’est adonné Matzneff de son propre aveu, parlons du sujet discutable : l’éphébophilie, soit le goût des très jeunes femmes.

Rappel de quelques vérités physiologiques

Pour qu’il y ait amour consommé, c’est-à-dire physique, puisque ça finit toujours par ça, l’homme doit bander. Pour ça, sauf déviance pathologique (gérontophilie, nécrophilie), la femme doit être excitante, donc plutôt jeune : visage sans rides, seins hauts, fesses fermes. Et, autre vérité concomitante : comme plus l’homme vieillit, plus il a du mal à bander, plus il vieillit, plus sa compagne doit être excitante, donc jeune. C’est pourquoi les vieux messieurs – qui en ont les moyens – sont à la recherche de partenaires de plus en plus jeunes, comme on peut le constater dans tous les lieux culturo-mondains, sans que ça gêne personne ; sauf bien sûr les pauvres jaloux qui doivent se contenter de bobonne et YouPorn !

Autre rappel : les jeunes filles, en plein éveil du corps, sont celles qui pensent le plus au sexe et qui rêvent quasiment à plein temps (il suffit de surprendre une conversation entre deux lycéennes à la cafet’) d’un initiateur compétent, donc mature, pour le leur apprendre agréablement. Ce qui inclut aussi un volet social, l’initiation à l’amour, comme nous le rappelle Vanessa elle-même, étant plus agréable dans un grand hôtel que dans une cave.

En résumé : les hommes mûrs préfèrent les femmes jeunes et les jeunes femmes aiment souvent les hommes mûrs. Une loi générale de la nature confirmée par l’analyse psychologique et sociale !

J’ai lu aussi quelque part que Matzneff était un « vieux porc »

Là aussi, je rappelle qu’au moment des faits, Gabriel Matzneff était un bel homme mince et soigné, soit le contraire d’un porc. Il y a aussi des jeunes bien plus porcs à 20 ans que Gabriel Matzneff à 50. Et, c’est triste à dire, les femmes aiment souvent les porcs, je l’ai appris à mes dépens quand j’étais plus jeune. La sexualité féminine est un continent étrange, assez éloigné de la morale puritaine anglo-saxonne – nous y reviendrons – comme l’attestent certains textos d’amour reçu par « Weinstein le porc » après des rapports imposés, et ce par les femmes mêmes qui l’accablent aujourd’hui !

Vanessa Springora n’était-elle pas aussi follement amoureuse du porc rétrospectif Matzneff, même si elle en a honte aujourd’hui ?

Je lis aussi, çà et là, que Vanessa Springora était encore une enfant à l’époque

Autre mensonge : une enfant ne dévore pas Eugénie Grandet. Vanessa Springora, au moment de sa rencontre avec Matzneff, était une jeune fille précoce, une jeune fille à problèmes, telle qu’elle le décrit elle-même, mais une jeune fille quand même, à la recherche de l’initiation amoureuse… Et pourquoi pas l’écrivain raffiné Gabriel Matzneff pour cette littéraire précoce, plutôt qu’un jeune con ?

Là aussi, schizophrénie et tartuferie de l’époque : on veut abaisser le droit de vote de 18 à 16 ans, la majorité sexuelle de 15 à 13, mais quand ça arrange la féministe, la jeune femme redevient une enfant… qui demande bien sûr réparation pour crime rétroactif, bientôt imprescriptible.

Crime imprescriptible avec réparation, on sait d’où ça vient et on sait où ça mène !

Et Greta Thunberg ? Si elle peut, à 16 ans, en remontrer sur la façon de gérer la planète aux leaders politiques adultes, elle peut aussi sucer des bites ?

À ce sujet, je lis aussi ailleurs que « la bite d’un homme de 50 ans n’a rien à faire dans la bouche d’une jeune femme de 14 ou 15 ans »

Certes. Mais la bite d’un mec de 20, c’est bien ? Et de 30 ? À partir de quel âge la bite n’a-t-elle plus le droit d’entrer sans que ce soit mal ? En dessus de quel écart d’âge ? Il va falloir établir des grilles, des barèmes… Autre petite remarque physiologique : de tous les membres et organes du corps masculin, la bite est ce qui change le moins (mises à part les couilles qui ont tendance à descendre) et je mets au défi quiconque de dater un homme à partir de sa bite. Au repos ou en érection.

Quant à Matzneff, osons expliquer son goût des gamines, comme il l’admet lui-même – Matzneff est peut-être un salaud, mais, contrairement à d’autres, ce n’est pas un menteur – pour des raisons tout aussi physiques. De ce que je me suis laissé dire, ce petit monsieur délicat et précieux en a une petite (comme souvent ceux qui sodomisent facilement). Il n’est bien que dans du 14 ans, plus vieille, il ne touche plus les bords ! Injonction de la nature là aussi, même si la morale réprouve…

Le sexe, le plaisir et la morale, nous voilà au cœur du sujet

Ou plutôt les morales, changeantes, selon les époques, les cultures et les lieux, comme on a pu le constater en revisionnant Apostrophes, l’émission avec Matzneff et celle avec Cohn-Bendit, même si, curieusement, celle avec Cohn-Bendit a fait moins de foin…

Drôle d’époque que la nôtre où la pornographie est partout, au nom de l’émancipation, de la libération et du progrès, et où gagne en même temps le puritanisme le plus tartuffe. Puritanisme anglo-saxon qui fait bon ménage avec le commerce, mais en totale rupture avec notre tradition et notre culture française de l’érotisme. Érotisme français – très catholique – fait de raffinements et de transgressions : amour courtois, libertinage… dans une connaissance fine des femmes, de leur psychologie changeante, à mille lieues de la grossièreté et des gros mensonges d’un féminisme de masse en quête de pouvoir et d’argent.

Et le livre de Springora pue tout ça !

La vengeance féministe, appuyée par la tartuferie et le calcul oligarchique. La négation de la logique du phallus, l’hystérie et la castration. Les ravages de l’égalitarisme abstrait avec, absurdité, la séduction autorisée par la séduite et la subtile question du consentement réduite au contrat.

En résumé, dans notre belle France, pays de l’amour : la lente montée de la méchanceté et de la connerie féministe à l’américaine. Avec en perspective le protocole négocié en quatre dates : un, dîner bla-bla, deux, abouchage, trois, pipe et quatre, pénétration si contrat de mariage (comptez 100 000 dollars) !

Qui en France veut vraiment de ça ?!

Abordons maintenant la dimension purement politique de l’affaire Matzneff

Dimension politique qui passe, à mon avis, très au-dessus de la tête de la mère Springora et de son livre tardif, les psychanalystes ayant mis 35 ans à lui faire admettre que son initiation, somme toute classique, avait été un traumatisme.

Forcément traumatisant, l’homme, puisque se faire pénétrer, que ce soit par la bouche, le sexe ou le cul (en général avec les filles on procède dans cet ordre) recèle intrinsèquement une dimension de violence. Mais être pénétrées est le destin des femmes et leur plaisir passe aussi par là ! Alors décider, rétroactivement, que le plaisir après lequel on courait, suppliait, était en fait souffrance non sue, parce qu’entre-temps l’époque a changé, voilà qui ressort plus sérieusement de l’idéologie.

Politique encore. Et là, on sort totalement de la petite histoire de séduction bourgeoise du VIe arrondissement pour rentrer dans le dur du sujet.

Par la multiplication des abus et le travail d’alerte des gens comme moi (cf. mes articles, mes livres et mes procès), le bon peuple français commence à prendre conscience du lien étroit existant entre élite et pédocriminalité organisée, et forcément la colère monte, puisque personne, à part les détraqués, les sadiques, n’aime qu’on fasse du mal aux enfants…

Affaires Polanski, Woody Allen, Epstein… qui réveillent les vieilles affaires Cohn-Bendit, Polac… Les rumeurs sur Jack Lang, les aveux de Frédéric Mitterrand, de feu Me Thierry Lévy et autres sorties de Luc Ferry sur… Douste-Blazy ? (Pas beaucoup d’orthodoxes russes dans tout ça !) Sans oublier notre président dégénéré, dévoyé par sa vieille prof de femme !

Face à la colère qui monte, il devenait urgent d’en sacrifier un et, si possible de faire coup double avec, en prime, un beau coup d’édition ! Jeter un lampiste en pâture au tribunal des médias, pile à l’ouverture du procès Weinstein (à prononcer Weinstine, comme Poutine…).

Et pourquoi pas Matzneff le vantard ?

Ou plutôt pourquoi Matzneff

Russe blanc, orthodoxe, pauvre, en fin de vie, pro-serbe, pro-russe et pro-palestinien, le journal Libération – en pointe dans le militantisme pro-pédophile depuis les années 70 – nous en fait même un ami de Le Pen ! Ça y est, après la colonisation, la Collaboration et le totalitarisme, la pédophilie judéo-gauchiste devient aussi d’extrême droite. Magnifique tour de passe-passe !

Alors, que ce soit clair, rien à foutre de Matzneff. Comme le marquis de Sade qui s’est beaucoup plus vanté qu’il n’a agi, qu’il assume. Mais ne comptez pas sur moi, qui dénonce depuis des années la pédocriminalité d’élite, pour me repaître du cadavre d’un Matzneff qu’on pousse aujourd’hui au suicide.

Matzneff envoyé au sacrifice par les mêmes salauds qui l’ont soutenu, voire accompagné hier, quand c’était la mode : les Pivot, les Kouchner, les Rosenczveig…

La pédophilie est un crime ? Alors, allons plus loin, allons jusqu’au bout ! Donnons la parole à Maïwenn, sortie du lit de Johnny à 14 ans, où l’y avait poussée sa mère, pour passer à Luc Besson à 15. Déterrons l’intouchable Yves Montand, parlons de Gérard Louvin et des pratiques bien connues du show-biz. Intéressons-nous sérieusement à l’affaire Epstein…

Et si Matzneff le littéraire est une ordure, quid du cinéphile Rocco Siffredi ?

Qu’est-ce qui est plus ravageur pour l’amour et la jeunesse, les livres confidentiels d’un Matzneff chez Gallimard, qui le lâche aujourd’hui, ou l’industrie du X, promue par Canal+, qui déferle sur Internet ? Pourquoi cet acharnement sur l’un et cette validation de l’autre ? Parce que l’un est un provocateur, adepte de l’acte gratuit, affichant une arrogance aristocratique surannée, tandis que l’autre, tâcheron de la bite, est un nouveau riche à la tête d’un florissant commerce ? D’un business encadré par consentements sur papier timbré, donc légal ?

Le consentement, c’est le titre du livre… Et, effectivement, c’est toujours à contextualiser un consentement. Que ce soit celui changé depuis en abus rétroactif par une éditrice en cour, quand il était validé par tout un milieu, ou celui de la pauvre Hongroise qui se fait défoncer sous contrat par Rocco sous les applaudissements du public ! Si on laisse de côté l’esbroufe psychanalytique, qu’est-ce qui les différencie ? À bien y réfléchir, le milieu social, la misère… Libertinage bourgeois d’un côté, exploitation sexuelle de l’autre. Et, pour revenir à Matzneff, appel au lynchage d’un vieux dandy littéraire porté sur la gamine qui ne fait plus vendre, contre best-seller féministe, tournant également autour du cul, mais en pleine mode Me Too ! et Balance ton porc  !

Soit, pour conclure : la double logique puritaine anglo-saxonne de la morale et du profit, portée par les idiotes utiles du féminisme, pour finir de liquider ce qui ressort aussi, sur le terrain gratuit du désir, de l’exception française…

Alors crève Matzneff, mais vive Rocco, Springora et la GPA !

Alain Soral

Le 16 janvier 2020

Source: Lire l'article complet de Égalité et Réconciliation

À propos de l'auteur Égalité et Réconciliation

« Association trans-courants gauche du travail et droite des valeurs, contre la gauche bobo-libertaire et la droite libérale. » Égalité et Réconciliation (E&R) est une association politique « trans-courants » créée en juin 2007 par Alain Soral. Son objectif est de rassembler les citoyens qui font de la Nation le cadre déterminant de l’action politique et de la politique sociale un fondement de la Fraternité, composante essentielle de l’unité nationale. Nous nous réclamons de « la gauche du travail et de la droite des valeurs » contre le système composé de la gauche bobo-libertaire et de la droite libérale.

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