Le but de la doctrine du « Donbass russe » est que la RPD fasse partie de la Russie

Le but de la doctrine du « Donbass russe » est que la RPD fasse partie de la Russie

Au cours de deux interviews accordées à des médias différents (Ukraina.ru et Novorosinform), Denis Pouchiline, le chef de la RPD (République Populaire de Donetsk), a expliqué que le but de la doctrine du « Donbass Russe » (qui est en cours d’élaboration) est l’intégration de la République au sein de la fédération de Russie (ce qu’il appelle « le retour à la maison »), et il a détaillé comment cette doctrine influencera la vie et la politique de l’État. Voici la compilation des questions et réponses des deux interviews.

Denis Vladimirovitch, en tant que l’un des dirigeants du Printemps russe à Donetsk et en tant que dirigeant de la RPD, vous avez toujours été un partisan public constant de l’adhésion du Donbass à la Russie. Un panneau d’affichage géant « Notre objectif est la Russie » est accroché au centre de Donetsk, et un drapeau russe est déployé sur la place centrale de la ville. Vous avez récemment proclamé la doctrine du « Donbass russe » lors d’un débat public dans la bibliothèque principale de Donetsk. Pourquoi cela arrive-t-il maintenant ?

La doctrine n’a pas encore été approuvée, le processus de discussion est en cours. Une fois que le public aura exprimé son opinion et que les experts auront travaillé sur le contenu, nous adopterons le document.

Pourquoi avoir décidé d’en faire un concept maintenant ? Il y a un temps pour chaque chose, les théories ne sont généralement pas élaborées pendant la période de changement des événements historiques clés et importants. Il faut du temps pour franchir certaines étapes, pour les comprendre.

En outre, il n’était pas évident que des vérités aussi claires et indiscutables pour nous nécessitent une déclaration particulière. Nous savons que le Donbass appartient historiquement au monde russe. En fait, les événements du printemps russe sur notre territoire se sont produits précisément parce que c’était une terre russe depuis des temps immémoriaux.

Et les autorités corrompues de Kiev et celles qui sont derrière elles ont commencé à arracher l’Ukraine, et avec elle le Donbass, de la Russie, à en faire un ennemi, à imposer la voie de l’intégration européenne et de l’adhésion à l’OTAN. Nous ne pouvions pas permettre cette trahison de notre patrie et nous ne l’avons pas permise sur notre terre.

Mais il ne suffit pas de nous sachions pourquoi le Donbass s’est rebellé en 2014. Les enfants grandissent, il faut leur enseigner ce savoir, nous avons besoin d’une approche scientifique systématique dans les méthodes éducatives, en termes d’histoire et d’autres sujets.

Il est important d’indiquer dans le document stratégique notre objectif de faire partie de la fédération de Russie.

En outre, la doctrine montre les racines historiques et culturelles de notre auto-identification, pourquoi nous nous considérons comme des Russes, quel rôle le Donbass a joué à différentes époques dans le développement de l’État russe et sa grandeur. Le Donbass était russe, s’est développé comme le cœur industriel d’abord de l’Empire russe, puis de l’Union soviétique, et s’est naturellement rebellé contre la rupture avec ses racines.

Ainsi, la doctrine est apparue au moment opportun – lorsque ce document était demandé par les habitants du Donbass. Et l’enthousiasme avec lequel les discussions ont débuté confirme sa pertinence.

Vous êtes né, vous avez grandi et vous avez vécu toute votre vie dans le Donbass. D’après vos observations et vos propres perceptions, cette région est-elle russe dans son identité ? Si oui, comment expliquez-vous le fait que l’un des plus terribles bataillons punitifs d’Ukraine, le bataillon Tornado, était dirigé par des personnes originaires de la région minière et n’était pratiquement composée que de telles personnes ? Pourquoi l’élite de Donetsk a-t-elle choisi Kiev plutôt que Moscou en 2014 ?

Du côté de mon père, mes racines viennent de l’oblast de Voronej, et du côté de ma mère de l’Ouzbékistan. Et si vous prenez n’importe qui dans le Donbass, il a des parents dans toute l’ex-Union soviétique. Nous sommes tous unis par le fait que nous nous sentons russes, que la Russie, son histoire et ses valeurs nous sont chères.

Mais il y a des exceptions à toutes les règles. Parmi les traîtres du Donbass, il y avait tout d’abord ceux qui avaient de l’argent et du pouvoir et qui ne voulaient pas les perdre. Je suis sûr que certains d’entre eux aimaient le Donbass et s’accrochaient à leur ancienne vie, aux anciennes opportunités, sans se rendre compte que ni l’Ukraine ni leur ancien mode de vie n’existaient plus – tout avait été détruit au nom d’intérêts étrangers extérieurs au pays. Et les résultats d’une telle myopie ne sont pas seulement la perte de « tout ce qui a été gagné ». L’effondrement est encore à venir, bien que les preuves de la politique destructrice de Kiev soient déjà évidentes.

La doctrine suggère que la RPD, comme la RPL, en raison de sa nature russe, devrait faire partie de la fédération de Russie. Mais cet objectif absolument légitime est en contradiction avec les accords de Minsk, qui stipulent que le Donbass, bien qu’ayant un statut spécial, reste une partie de l’Ukraine. Que faut-il faire dans un tel cas ? Se retirer des accords de Minsk ?

L’histoire du Donbass russe et les accords de Minsk sont des processus de durée différente et incomparable. Le Paquet de mesures vise à mettre un terme au bain de sang sur nos terres, mais il ne peut pas affecter ce que nous pensons être. Et c’est exactement ce que dit la doctrine – pourquoi le Donbass était et est toujours russe.

Dans un mois, six ans se seront écoulés depuis Minsk-2, et pendant toutes ces années, l’Ukraine n’a réussi qu’une seule chose : saboter les accords conclus. Même ce Noël – traditionnellement lors des fêtes orthodoxes – l’armée ukrainienne a tiré des obus de mortier sur le territoire de la République. Et les rapports de l’OSCE pour ces jours de fête font état de violations du cessez-le-feu par l’Ukraine. En outre, c’est Kiev qui a éludé les aspects politiques du règlement du conflit pendant toutes ces années.

La République vit depuis de nombreuses années dans un état suspendu de non-reconnaissance, et nos citoyens ont adopté la doctrine avec enthousiasme et espoir. Nous sommes toujours unis par une seule idée, forts comme des personnes partageant les mêmes idées, forts comme des compagnons d’armes, ce qui signifie que nous atteindrons certainement notre objectif.

En septembre 2020, Donetsk est devenu le lieu où les plus grands et les plus importants auteurs de fiction russes (une centaine d’entre eux étaient présents à l’événement) se sont réunis dans le cadre du festival littéraire « Étoiles au-dessus du Donbass ». Ce fut un événement majeur de la vie culturelle non seulement dans le Donbass, mais aussi dans le monde russe. Donetsk prévoit-elle de devenir une plate-forme pour d’autres sphères culturelles et innovantes importantes – poètes russes, gens de théâtre russes, journalistes russes, informaticiens russes, etc.

La valeur du festival que vous avez mentionné et de la doctrine elle-même est que l’initiative vient des gens. Les idées sont nourries et naissent dans divers domaines par ceux qui sont passionnés par leur travail et qui veulent partager leur vision, leur compréhension et leur expérience avec les autres.

Nous avons créé il y a longtemps la plateforme de communication que vous demandez – le centre russe fonctionne à Donetsk depuis plusieurs années. Il a été fondé afin d’aider les personnes partageant les mêmes idées à interagir dans différents domaines. Même aujourd’hui, pendant la pandémie, les spécialistes de la RPD et des régions russes continuent d’échanger leurs opinions sur l’éducation, les soins de santé et la culture par vidéoconférence. Lorsque la menace se dissipera, nous serons heureux de passer à la communication face à face – le Donbass russe est hospitalier, et c’est aussi un autre de nos traits traditionnels.

Léonid Koutchma, qui était votre interlocuteur lors des négociations à Minsk, a publié pendant sa présidence un livre intitulé « L’Ukraine n’est pas la Russie » qui a fait beaucoup de bruit. Avez-vous envie d’écrire un livre intitulé « Le Donbass est la Russie » ou « Le Donbass est le cœur de la Russie » (une telle affiche existait dans les années 1920), dans lequel vous présenteriez les principales dispositions de la doctrine du « Donbass russe » ?

Je ne sais pas qui a vraiment écrit le livre, mais le fait qu’à côté du faux slogan « l’Ukraine n’est pas la Russie » se trouve le nom de famille de Koutchma, montre qu’il a jadis mené et intensifié le processus de séparation entre l’Ukraine et la Russie et qu’il en est pleinement responsable.

En outre, il a trahi ses électeurs, qui ont voté pour lui lors des élections, notamment parce qu’il préconisait le développement d’une coopération étroite avec la fédération de Russie. Et selon la tradition du gouvernement ukrainien, il n’est ni le premier ni le dernier président de ce pays qui a trompé le peuple.

Quant à moi, je n’ai pour l’instant ni le désir ni la possibilité d’écrire des livres, et chacun doit faire son travail.

Je voudrais encore faire une remarque, essentielle, selon moi. Le titre du livre de Koutchma était un défi, une sorte de provocation, et c’est ainsi qu’une nouvelle vision du développement du pays a été imposée aux gens par le haut.

Dans notre cas, l’initiative de la doctrine vient du peuple : c’est sa position, sa force d’inspiration, son aspiration, sa vision des voies de développement du Donbass. Il ne reste plus qu’à formaliser l’opinion de ce peuple et à l’accepter comme base idéologique.

Vous pensez que le Donbass devrait déjà être traité comme l’une des régions de la Russie. Le 15 décembre dernier, lors de votre séance de questions-réponses, vous avez même fixé un objectif : amener la RPD au niveau de la région de Rostov en termes d’indicateurs économiques, c’est-à-dire qu’en fait qu’une région russe serait en concurrence avec une autre. Dans quelle mesure une telle tâche est-elle réaliste, compte tenu du blocus économique imposé par l’Ukraine et de la non-reconnaissance de la République ?

Les habitants du Donbass ont confirmé à plusieurs reprises par des actes qu’il n’y a pas de tâches irréalistes pour eux. Cela étant, tout comme pour les Russes en général, c’est le cas surtout en période de difficultés.

Il n’est pas encore question de concurrence entre les républiques du Donbass et les régions de la fédération de Russie, nous sommes dans des conditions inégales pour des raisons bien connues.

Oui, historiquement, mentalement, en plus d’une proportion considérable des résidents de la République qui ont obtenu la citoyenneté russe, nous faisons partie de la Russie. Nous rétablissons la coopération entre les entreprises, nous harmonisons la législation, nous introduisons des normes russes et nous nous fixons des plans pour au moins égaler le niveau des salaires dans le secteur public et celui des retraites avec la région de Rostov.

Cette tâche est réaliste, mais il est prématuré de comparer complètement la qualité de vie. Notre économie est trop épuisée par la guerre, le statut de non-reconnaissance ne permet pas aux entreprises d’être compétitives, et le niveau de revenu de nos citoyens en dépend.

Néanmoins, nous avons un but, il est indiqué dans la doctrine, nous nous en rapprochons, et la route, comme vous le savez, sera conquise par celui qui avance, surtout s’il est fort d’esprit et confiant dans son bon droit.

Si la doctrine est adoptée officiellement dans la République, que signifiera-t-elle concrètement dans les domaines politique, économique, culturel et éducatif pour les citoyens de la République ?

La doctrine influencera le processus décisionnel dans toutes les branches du pouvoir et à tous les niveaux. Il est évident que ses dispositions seront reflétées dans les méthodes d’enseignement. Elle aura également un impact sur la jurisprudence. Les parlementaires tiendront compte de ces principes lors de l’élaboration des lois, tandis que le gouvernement les prendra en considération dans ses textes réglementaires. Comme une idée est le prototype de l’action, les idées et les intentions de la doctrine formeront la base des buts et objectifs de toutes les sphères d’activités de la République.

traduit par Christelle Néant pour Donbass Insider

via http://www.donbass-insider.com/fr/

Source: Lire l'article complet de Réseau International

À propos de l'auteur Réseau International

Site de réflexion et de ré-information. Aujourd’hui nous assistons, à travers le monde, à une émancipation des masses vis à vis de l’information produite par les médias dits “mainstream”, et surtout vis à vis de la communication officielle, l’une et l’autre se confondant le plus souvent. Bien sûr, c’est Internet qui a permis cette émancipation. Mais pas seulement. S’il n’y avait pas eu un certain 11 Septembre, s’il n’y avait pas eu toutes ces guerres qui ont découlé de cet évènement, les choses auraient pu être bien différentes. Quelques jours après le 11 Septembre 2001, Marc-Edouard Nabe avait écrit un livre intitulé : “Une lueur d’espoir”. J’avais aimé ce titre. Il s’agissait bien d’une lueur, comme l’aube d’un jour nouveau. La lumière, progressivement, inexorablement se répandait sur la terre. Peu à peu, l’humanité sort des ténèbres. Nous n’en sommes encore qu’au début, mais cette dynamique semble irréversible. Le monde ne remerciera jamais assez Monsieur Thierry Meyssan pour avoir été à l’origine de la prise de conscience mondiale de la manipulation de l’information sur cet évènement que fut le 11 Septembre. Bien sûr, si ce n’était lui, quelqu’un d’autre l’aurait fait tôt ou tard. Mais l’Histoire est ainsi faite : la rencontre d’un homme et d’un évènement. Cette aube qui point, c’est la naissance de la vérité, en lutte contre le mensonge. Lumière contre ténèbres. J’ai espoir que la vérité triomphera car il n’existe d’ombre que par absence de lumière. L’échange d’informations à travers les blogs et forums permettra d’y parvenir. C’est la raison d’être de ce blog. Je souhaitais apporter ma modeste contribution à cette grande aventure, à travers mes réflexions, mon vécu et les divers échanges personnels que j’ai eu ici ou là. Il se veut sans prétentions, et n’a comme orientation que la recherche de la vérité, si elle existe. Chercher la vérité c’est, bien sûr, lutter contre le mensonge où qu’il se niche, mais c’est surtout une recherche éperdue de Justice.

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