Julian Assange souhaite sa libération

Julian Assange souhaite sa libération

Une victoire qui en fait espérer une autre. Après le refus lundi de la justice britannique d’extrader Julian Assange vers les États-Unis, les avocats du célèbre lanceur d’alerte espèrent désormais voir leur client libéré cette semaine de la prison à haute sécurité de Londres où il est détenu depuis avril 2019.

« À partir du moment où la justice a reconnu que des problèmes de santé étaient un motif pour refuser son extradition, il est possible de formuler l’espoir d’une mise en liberté de Julian Assange », a indiqué en entrevue au Devoir lundi Antoine Vey, un des avocats de l’Australien traqué par les États-Unis depuis la publication en 2010, sur le site WikiLeaks, de documents secrets américains. Les tribunaux britanniques doivent se prononcer mercredi sur cette demande de libération sous caution.

Lundi, une juge britannique a refusé la demande d’extradition de Julian Assange réclamée depuis plusieurs mois par le gouvernement américain en estimant que cette décision serait « oppressante » pour le lanceur d’alerte. Vanessa Baraitser, du tribunal pénal central d’Angleterre et du pays de Galles, s’est appuyée sur des rapports médicaux pour qualifier le lanceur d’alerte d’homme « déprimé et parfois désespéré » et justifier sa décision en raison de « l’état mental de M. Assange », dont les idées suicidaires pourraient être encouragées par une extradition.

« C’est un immense soulagement, a lancé M. Vey au téléphone, et c’est aussi une décision inespérée puisque tous les signaux politiques laissaient croire que la justice britannique allait céder sous la pression des États-Unis. »

Les avocats du lanceur d’alerte qualifient depuis des mois de « politiques » et de fondées sur des « mensonges » les procédures d’extradition intentées contre leur client par la justice américaine.

Ces accusations ont toutefois été rejetées par le tribunal britannique, qui a estimé « insuffisantes » les preuves de pressions du gouvernement Trump « sur les procureurs » dans ce dossier. Le tribunal dit n’avoir eu que « peu ou pas de preuves évoquant une hostilité du président Trump envers M. Assange ou WikiLeaks ».

Par ailleurs, même si la juge britannique a rejeté l’extradition, elle a donné raison aux avocats du gouvernement américain qui estiment que les activités de Julian Assange — à l’origine des poursuites en cours — ne relèvent pas du journalisme, mais tiennent plutôt du piratage et de l’espionnage.

Julian Assange fait face à une peine pouvant atteindre 175 ans de prison aux États-Unis pour avoir diffusé entre 2010 et 2011 plus de 700 000 documents secrets révélant des activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan.

« Moment d’espoir »

Sous la présidence de Barack Obama, les États-Unis avaient renoncé à le poursuivre. Les procédures en cours ont été lancées après l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche.

« Le combat n’est pas terminé », a résumé le rédacteur en chef de WikiLeaks et journaliste islandais, Kristinn Hrafnsson, en qualifiant toutefois la décision de la justice britannique de « moment d’espoir pour commencer la nouvelle année ».

L’avocate Stella Morris, avec qui Julian Assange a eu deux enfants durant une réclusion qui a duré sept ans entre les murs de l’ambassade d’Équateur à Londres, a salué ce « premier pas vers la justice » et a appelé le gouvernement américain à mettre fin aux procédures d’extradition visant, selon elle, à « punir Julian [Assange] » en le faisant « disparaître dans le trou le plus profond et le plus sombre du système carcéral américain ».

Les avocats des États-Unis ont fait part lundi de leur intention de porter en appel le rejet de l’extradition de l’Australien par la justice britannique.

Rappelons que M. Assange avait réclamé l’asile dans l’ambassade d’Équateur à Londres pour éviter une extradition tant vers les États-Unis que vers la Suède, où il a fait face à des poursuites pour viol. Le pays scandinave a abandonné la cause en 2019.

Les conditions de détention actuelles de Julian Assange ont été vivement dénoncées par le rapporteur de l’ONU sur la torture, Nils Melzer. Dans une lettre ouverte adressée à Donald Trump le 22 décembre, il avait demandé au président sortant d’accorder un pardon au lanceur d’alerte avant de quitter la Maison-Blanche.

« Il faut admettre que cela manquerait un peu de logique, puisque c’est son gouvernement qui est à l’origine des procédures en cours, a résumé Antoine Vey. Mais, en même temps, l’ensemble du mandat de Donald Trump n’a pas été marqué par la cohérence. »

Lundi, après la décision du tribunal lui évitant l’extradition, Julian Assange a été renvoyé dans sa cellule de la prison de haute sécurité de Belmarsh, à l’est de Londres. Le Mexique, par la voix du président, Andrés Manuel López Obrador, a offert l’asile politique au célèbre lanceur d’alerte.

Avec l’Agence France-Presse

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