“On découpe comme Samuel Paty, sans empathie” : 15 mois de prison ferme pour le rappeur Maka

“On découpe comme Samuel Paty, sans empathie” : 15 mois de prison ferme pour le rappeur Maka

Depuis la tragédie du 16 octobre 2020 devant un collège de Conflans-Sainte-Honorine, la socioculture s’est emparée de la marque « Samuel Paty », le professeur d’histoire-géographie qui a été érigé en symbole par les gardiens – présumés tels, ou autoproclamés – de la République, de la laïcité, et donc de la franc-maçonnerie qui les sous-tend.

Les uns chantent la gloire de Samuel, les autres raillent cette obligation bien-pensante, car rendre hommage à Samuel Paty revient curieusement à chanter les louanges du Système. Un Système dont les agents ne se gênent pas pour récupérer et exploiter le drame. La preuve avec ces représentants de la dominance culturelle (nous passerons ensuite aux agents des dominés) :

Dans la veine des anti-Paty, à ne pas confondre avec ceux qui haïssent dans le désordre l’école, les profs, les Français et les chrétiens, ou même les laïcards, il y a les rappeurs qui chantent pour leur public, c’est-à-dire les mômes de banlieue. Qui ont besoin de transgresser (Samuel, vérifie si la racine du mot a un rapport avec trans-graisser, grouille !), car c’est dans l’ordre des choses chez les dominés.

Le dernier en date à vouloir se faire un nom sur le dos du symbole Paty, c’est le rappeur du 94 Maka (ne pas confondre avec l’avocat sioniste Malka, même si ce dernier est le défenseur de Charlie Hebdo, entre autres), âgé de 18 ans et qui est allé directement en prison sans passer par la case départ.

Son tort ? Avoir chanté « on découpe comme Samuel Paty, sans empathie », ce qui n’est pas très fort d’un point de vue poétique, mais à 18 ans, en banlieue, on n’est souvent pas très bon en français. Le talent viendra, à force de travail et de patience. La patience, Maka en aura besoin, car il vient de prendre 21 mois de prison donc 15 ferme pour « apologie du terrorisme, port d’arme prohibé et recel de destruction par moyen dangereux pour les personnes » (il brandissait ou faisait brandir machettes et scies dans son clip qui a été éjecté de YouTube). Aujourd’hui, on ne rigole plus avec les rimes pauvres.

Dans cette vidéo, un très court extrait du chef d’œuvre artistique du XXIe siècle :

La condamnation rapide a été un choc pour Maka et ses proches. On attend que SOS Racisme réagisse mais pour l’instant, rien sur nos téléprompteurs. La gauche antiraciste pleurnicharde, prise au piège de ses principes contradictoires, n’a pas encore pétitionné pour la libération de Maka. Ses potes ont quand même pondu un tweet :

 

Pas sûr que « Libérez Maka » dans les années 2020 fasse le tabac de « Libérez Mandela » dans les années 80. L’hebdomadaire people Closer nous fait comprendre que Maka s’attendait à être relaxé en invoquant, à la manière du tocard Nick Conrad, la liberté d’expression (artistique). Mais le chanteur-découpeur avait quelques antécédents…

En plus la voiture du clip était volée et elle a été brûlée au 3e degré

« Selon Le Parisien, Maka est déjà connu des services de police pour avoir participé, en septembre 2018, à un règlement de compte s’était déroulé à Orly Parc. Pour cela, il avait purgé une peine de prison.

“On s’attendait à cette garde à vue, assure l’un de ses proches. La France est un pays qui tourne à deux vitesses, la liberté d’expression n’est pas utilisée pour tous. On vit ça comme une injustice. Maka ne s’attendait pas à être arrêté.”
“Lors du jugement, on attend que les juges soient compréhensifs, continue-t-il. C’est de l’art, ce n’était pas pour porter préjudice à Samuel Paty ni provoquer. Mais on savait que ce ne serait pas compris.”

De son côté, la mairie de la ville où le rappeur habite explique savoir que “ce n’est pas du terrorisme” mais ne veut pas laisser passer. “Il est hors de question que des gens s’amusent à faire n’importe quoi, explique-t-on au Parisien. On applique une tolérance zéro sur les bêtises.”

Ce mercredi 25 novembre, quatre autres collégiens ont été mis en examen dans l’enquête sur l’assassinat du professeur. Trois d’entre eux, âgés de 13 et 14 ans, ont été mis en examen pour complicité d’assassinat terroriste, soupçonnés d’avoir désigné la victime du terroriste devant leur collège de Conflans-Sainte-Honorine. Le dernier pour dénonciation calomnieuse. En tout, quatorze personnes sont actuellement mises en examen. »

Le rappeur a été interloqué par la sentence du jeudi 26 novembre. Mais le président du tribunal n’a rien lâché, à part ce jugement à la Félix (Dzerjinski) :

« Il s’agit de faits extrêmement graves, avec un clip qui peut susciter des vocations. Vous êtes sous contrôle judiciaire, en sursis probatoire, avec un clip tourné le 30 octobre au soir, dans une période de couvre-feu, soit une logique de confrontation à l’État. »

La défense du rappeur de Seine-et-Marne est il est vrai un peu légère : « Je veux être un artiste, il fallait un petit coup de boost ». Sauf que ce n’est pas le « coup de boost » qui fait l’artiste, mais le talent, et le travail.

« J’ai écrit ma chanson en une soirée. Dans mes clips, je prends toujours un rôle. Le clip est violent, c’est vrai. Je n’avais pas fait attention à toutes les conséquences », assure-t-il. Mais il dit ensuite qu’il chante qu’il « b*** la France » car il savait « qu’en disant cette phrase », il allait « attirer des gens, faire le buzz ». « Ma phrase, on découpe comme Samuel Paty, ça voulait dire qu’on découpe la musique (sic). Quand mon clip est sorti, j’ai vu les critiques et je l’ai supprimé. Je tiens à m’excuser, j’ai tenu des propos très choquants. Je veux être un artiste, il fallait un petit coup de boost. » (Le Parisien)

La jurisprudence Charlie n’a pas joué en sa faveur. Selon que vous serez puissant ou misérable… À la phrase de La Fontaine, on pourra ajouter : selon que vous serez talentueux ou minable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. Car il en est d’autres, qui ont mille fois plus d’influence, qui appellent à la guerre civile tranquillement, sans brandir de machette…

Source: Lire l'article complet de Égalité et Réconciliation

À propos de l'auteur Égalité et Réconciliation

« Association trans-courants gauche du travail et droite des valeurs, contre la gauche bobo-libertaire et la droite libérale. » Égalité et Réconciliation (E&R) est une association politique « trans-courants » créée en juin 2007 par Alain Soral. Son objectif est de rassembler les citoyens qui font de la Nation le cadre déterminant de l’action politique et de la politique sociale un fondement de la Fraternité, composante essentielle de l’unité nationale. Nous nous réclamons de « la gauche du travail et de la droite des valeurs » contre le système composé de la gauche bobo-libertaire et de la droite libérale.

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