L’Arménie veut entrer dans l’OTAN, malgré les destructions que celle-ci lui fait subir dans le Haut-Karabakh

L’Arménie veut entrer dans l’OTAN, malgré les destructions que celle-ci lui fait subir dans le Haut-Karabakh

par Valentin Vasilescu.

Avec le déclenchement de la dernière guerre au Haut-Karabakh, tout le monde s’attendait à ce qu’elle se déroule comme celle qui s’est terminée en 1994, avec la victoire écrasante de l’Arménie. Cependant, en termes d’armements et de leadership au combat, l’Arménie est restée au niveau de 1994. En outre, ces dernières années, l’Arménie s’est orientée vers un processus incertain et à long terme d’intégration à l’OTAN, réduisant ainsi à néant le système d’alliance militaire avec la Russie.

D’autre part, l’Azerbaïdjan se prépare à une invasion militaire du Haut-Karabakh depuis plus d’une décennie, rendant des services importants aux États-Unis, à Israël et à la Turquie. Ces services de l’Azerbaïdjan ont été récompensés par la livraison de matériel militaire moderne, capable de neutraliser les Arméniens, et par la formation des militaires azerbaïdjanais à leur utilisation.

Les vidéos sur les réseaux sociaux nous montrent que grâce à des frappes aériennes précises, exécutées avec des drones d’attaque israéliens Harop et turc Bayraktar TB2 ou avec des missiles anti-char israéliens Spike NLOS, l’Azerbaïdjan a réussi à neutraliser un nombre impressionnant d’équipements militaires arméniens. Cela a permis à l’armée azerbaïdjanaise de réaliser son objectif premier, conquérir près de 20% du territoire de l’enclave du Haut-Karabakh.

La façon dont les Azerbaïdjanais planifient et combattent semble très proche des normes de l’OTAN. Il y a beaucoup de preuves que l’armée turque, grâce aux systèmes automatisés les plus performants, est celle qui assure de facto la direction stratégique de l’opération de l’armée azérie au Haut-Karabakh. C’est aussi la raison pour laquelle la Russie a décidé d’observer très attentivement les actions de combat dans la région et aussi de tester ses nouveaux moyens électroniques de guerre.

Jusqu’à présent, on a eu tendance à s’extasier sur l’extraordinaire capacité des drones d’attaque azerbaïdjanais à exécuter, dans le cadre d’une même mission, la détection et la neutralisation des moyens militaires arméniens. Ce qui est faux, car c’est l’armée turque qui est responsable de la détection des cibles terrestres et aériennes arméniennes, indiquant ensuite leurs coordonnées GPS aux drones d’attaque azéris.

Quelques heures avant que le président Recep Tayyip Erdogan ne s’entretienne au téléphone avec le président russe Vladimir Poutine, une vidéo extrêmement intéressante attribuée au ministère arménien de la Défense est apparue sur les réseaux sociaux. Elle explique comment l’armée turque détecte les cibles militaires arméniennes et comment elle transmet leurs coordonnées aux drones azéris. Sur la carte ci-dessus, on voit  le chemin de l’avion turc E-7A AEW évoluant à 30-40 km de la frontière avec l’Arménie.


L’armée turque dispose de 4 avions E-7A AEW, boeing 737 sur lesquels Northrop a monté une antenne radar fixe dans la bande L (1 – 2 GHz) plutôt qu’une antenne qui tourne comme celle de l’E-3 AWACS. Lorsque l’E-7A vole à une altitude de 9000 m, le radar peut suivre 180 cibles et a une distance de détection des cibles aériennes de 600 km. L’équipement ELINT (Electronic Signals Intelligence) utilise la même antenne et peut détecter les radars ennemis à 850 km. Le E-7A AEW est similaire au Beriev A-100 russe (équipé d’un radar Vega Premier) et est utilisé comme poste de commandement volant. Dans le même temps, l’E-7A AEW est un hub informatique, transmettant et recevant la situation tactique, aérienne et terrestre aux pilotes dans leurs avions et aux unités au sol. Bien que cela soit négligé, le radar MESA (Multi-Role Electronically-Scanned Array) a également la capacité de détecter des véhicules blindés ou des navires de guerre jusqu’à une distance de 180-240 km. On suppose que l’avion E-7A a commencé les reconnaissances aériennes quelques mois avant le début de l’invasion azerbaïdjanaise. De cette façon, l’état-major de l’armée turque avait sur la carte l’emplacement de toutes les armes arméniennes dans le Haut-Karabakh. Par la suite, elle a complété la carte de l’opération avec les moyens de renforcement apportés par l’Arménie.

La vidéo montre également qu’à la suggestion de la Turquie, l’armée azerbaïdjanaise a organisé des zones de service aérien avec des drones, tout comme l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Afin de raccourcir le temps de réaction pour frapper les cibles. La carte montre également la zone de service dans l’aire No. 1, dans laquelle il y a en permanence un drone de reconnaissance et d’attaque azéri, prêt à intervenir. La zone est située à la frontière avec l’Arménie, très proche de la base militaire russe 102, à Gyumri et Erevan, où se trouvent la base aérienne russe 3624 et le 988ème régiment de missiles S-300V4. Avant d’attaquer des cibles arméniennes dans le Haut-Karabakh à partir des zones de service aérien N° 2 et N° 3, les drones d’attaque azéris reçoivent les coordonnées de ces cibles, envoyées par l’avion E-7A AEW.

À mon avis, l’Arménie ne dispose pas d’un tel équipement de reconnaissance radio-électronique aussi performant pour effectuer une analyse aussi approfondie. La Russie, très probablement, grâce à l’équipement de la base militaire 102 à Gyumri, a obtenu ces informations et les a fournies à l’Arménie. Dans le but qu’une fois diffusées, le président Erdogan réfléchira au fait que Poutine sait absolument tout ce qu’il fait, pas seulement ce qu’il dit.

Valentin Vasilescu

Traduction Avic : Réseau International

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À propos de l'auteur Réseau International

Site de réflexion et de ré-information. Aujourd’hui nous assistons, à travers le monde, à une émancipation des masses vis à vis de l’information produite par les médias dits “mainstream”, et surtout vis à vis de la communication officielle, l’une et l’autre se confondant le plus souvent. Bien sûr, c’est Internet qui a permis cette émancipation. Mais pas seulement. S’il n’y avait pas eu un certain 11 Septembre, s’il n’y avait pas eu toutes ces guerres qui ont découlé de cet évènement, les choses auraient pu être bien différentes. Quelques jours après le 11 Septembre 2001, Marc-Edouard Nabe avait écrit un livre intitulé : “Une lueur d’espoir”. J’avais aimé ce titre. Il s’agissait bien d’une lueur, comme l’aube d’un jour nouveau. La lumière, progressivement, inexorablement se répandait sur la terre. Peu à peu, l’humanité sort des ténèbres. Nous n’en sommes encore qu’au début, mais cette dynamique semble irréversible. Le monde ne remerciera jamais assez Monsieur Thierry Meyssan pour avoir été à l’origine de la prise de conscience mondiale de la manipulation de l’information sur cet évènement que fut le 11 Septembre. Bien sûr, si ce n’était lui, quelqu’un d’autre l’aurait fait tôt ou tard. Mais l’Histoire est ainsi faite : la rencontre d’un homme et d’un évènement. Cette aube qui point, c’est la naissance de la vérité, en lutte contre le mensonge. Lumière contre ténèbres. J’ai espoir que la vérité triomphera car il n’existe d’ombre que par absence de lumière. L’échange d’informations à travers les blogs et forums permettra d’y parvenir. C’est la raison d’être de ce blog. Je souhaitais apporter ma modeste contribution à cette grande aventure, à travers mes réflexions, mon vécu et les divers échanges personnels que j’ai eu ici ou là. Il se veut sans prétentions, et n’a comme orientation que la recherche de la vérité, si elle existe. Chercher la vérité c’est, bien sûr, lutter contre le mensonge où qu’il se niche, mais c’est surtout une recherche éperdue de Justice.

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