Gunman n’a pas peur de mourir

Gunman n’a pas peur de mourir

1983. À 23 ans, Pierre est le criminel dangereux le plus recherché au Québec. Il s’est évadé encore une fois. Depuis ses 14 ans, les vols à main armée, les évasions, les séquestrations et les prises d’otages, c’est sa vie.

Quand il est arrivé dans la prison pour adultes, la toute première fois, à 18 ans, il avait fait une entrée héroïque : il revenait de l’hôpital, car il avait été tiré à bout portant par les policiers qui avaient eu trop peur de lui avec son « 12 pompeux » artisanal entre les mains et son révolver à la ceinture.

Pour les détenus, c’était Gunman. Un gars qui joue du gun. Un gars qui n’a pas peur de mourir.

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Photo : Courtoisie Pierre Racicot

Vers la fin de sa vie de criminel, Gunman se fichait pas mal de tout ; il braquait des banques sans gants ni cagoule. Qu’est-ce que ça pouvait bien faire si on savait que c’était Pierre Racicot ? Si on le chopait, de toute façon, il se suiciderait. Il l’avait toujours dit.

Le 1er septembre 1983, il l’a fait. Il s’était toujours juré de ne plus retourner en prison :

« Je me disais que ça finirait sur le trottoir, criblé de balles. Avec tous les crimes que j’avais faits, ma sentence serait trop lourde.

— Un peu à la Jacques Mesrine, quoi…

— C’étaient mes idoles, ces gars-là, quand j’avais 14 ans : Mesrine, Blass… Adulte, j’ai réalisé qu’ils étaient des minables, finalement. Des vies malheureuses. Jeune, je voyais ça comme une vie d’action. Aujourd’hui, je dis aux jeunes que je n’ai jamais été autant dans l’action que depuis que Jésus est dans ma vie ! Je leur dis que les apôtres, dans le temps, ils étaient comme eux, des jeunes prêts à changer le monde ! Comme eux ! »

Quand Pierre parle de l’amour de Dieu qui lui est tombé dessus au « Vieux Pen* » à Laval, des larmes lui roulent jusqu’au menton. Il s’essuie les yeux du revers de la main, ravale trois ou quatre fois, question de faire passer l’émotion, sourit, puis se met à rire de bon cœur.

« Je lisais la Bible et je ne comprenais pas comment ça se faisait que personne ne m’avait jamais parlé de ça ! »

« Ça me touche toujours quand je pense à l’amour que Dieu a eu pour un bandit comme moi ! Ça fait 20 ans, pis j’en reviens pas encore ! »

L’instinct de mort

En ce fameux 1er septembre 1983, il aurait dû rendre l’âme, mais la police est arrivée à temps pour le sauver.

« J’avais du stock que je mettais dans des bouteilles de Tabasco avec des seringues de 12 cc. Tu peux en mettre jusqu’à 14 cc dans une fiole. J’avais une autre fiole de 3 cc pour me finir.

— De quoi tu parles, là ? D’une injection létale ?

— Oui, c’est avec ça qu’on tuait les animaux du chenil où je travaillais, plus jeune. J’en avais gardé. Dans mon sac, quand je faisais des banques, j’avais toujours mes fioles pis mes grenades, au cas où je me ferais prendre, sachant que j’encourais une peine qui serait trop lourde. Ça m’a toujours habité. La vie, pour moi, c’était comme ça. Je ne connaissais rien d’autre. Me tuer, ça faisait partie de moi. Ça m’empêchait d’avoir peur de l’avenir. Je disais : “Vous ne m’aurez pas dans vos prisons !” »

C’est en prison pour adultes, à 18 ans, qu’il décide de braquer des banques : « Moi qui avais toujours eu peur de la prison pour adultes ! Ça n’a pas pris de temps que j’étais bien à l’aise, surtout quand tu passes pour un héros. J’ai rencontré plein de criminels connus, des voleurs de banques. On a planifié plein de coups. Les maisons privées, c’était terminé ! »

Dès sa sortie, c’est ce qu’il fait. « Je me souviens de l’adrénaline… J’ai continué pendant un an, seul, toutes les deux ou trois semaines, quand j’avais besoin d’argent. Je changeais de cagoule, de révolver. Je faisais les banques près des métros… Le premier qui arrivait, j’embarquais. J’entrais dans les banques avec mon gun sans même regarder s’il y avait un gardien. Peur de rien. Si j’avais 10 000 $, j’étais heureux. Des fois, j’en faisais deux : une après l’autre. C’était des hold-upettes.

— Des quoi ?

— Des petits hold-up faciles… »

Puis, un gang l’approche pour attaquer un camion blindé. Pour organiser le coup, Pierre doit s’acheter quelques trucs. « Je fais un hold-upette de 4000 $ dans l’avant-midi, pis dans l’après-midi, je vais rejoindre la gang. Bang ! La police arrive ! J’ai eu sept ans. La peine était trop petite pour me suicider… Mais ça, ç’a été vraiment difficile. Ce n’était pas la même prison. Là, j’étais avec les durs, au “Vieux Pen”, avec les tough pis les tueurs. »

Paquet voleur

À cette époque, il y avait deux pénitenciers au Québec : Archambault et le « Vieux Pen ». « Il y avait au moins un meurtre par mois, chacun leur tour. Certains ne mouraient pas sur le coup, mais restaient maganés… Ça jouait vraiment dur.

— C’est là que t’as rencontré Jésus ?

— Non, je n’étais pas encore assez dans le trou… »

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Photo : Jeffrey Déragon

Pierre ne songeait même pas à cesser de voler ; c’était comme une drogue. Il en avait besoin. « C’était ma vie. En d’dans, tu penses juste aux coups que tu vas faire une fois sorti, quelle banque tu vas braquer. Tu passes tes soirées à penser à ça. Tu t’endors en pensant à ça. C’est la haine qui te garde en vie. Ça ne pouvait pas être l’amour ; je ne savais rien de l’amour. J’étais un tas de haine. Si tu me faisais quelque chose, je m’en souvenais. Même après deux ans, je te retrouverais et je te ferais payer, même si j’allais me faire prendre. Un policier, une fois, m’avait arrêté à Magog. Je m’étais évadé et j’étais allé lui défaire tout son chalet. Je me suis toujours vengé. En vieillissant, dans ce milieu-là, ta liste de vengeances s’allonge à l’infini, mais tu ne peux pas te venger parce que tu es toujours en prison… Alors, tu te dis que le prochain va payer pour tous les autres !

« Je savais que je faisais le mal… Des fois, je parlais à Dieu… Je lui disais : “Si tu existes, montre-toi ! Tu le sais, le mal que je vais faire !” J’étais quand même allé à l’école chez les sœurs… Il y avait un fond, mais comme il ne se passait jamais rien, je me disais qu’il n’existait pas. »

Lors de sa première sortie supervisée, Pierre s’évade en séquestrant un garde. Dès le lendemain, il braque une banque. Il devient le criminel le plus recherché de la province.

« Je devenais dangereux… t’sais, quand t’as peur de rien. Il m’en fallait toujours plus. Je me croyais invincible. Un jour, on fait une banque, Bill [son partenaire de braquage] et moi, et en sortant, le paquet voleur se met à bruler ! Je les avais toujours repérés avec mes mains, en les tâtant un peu, mais pas cette fois-là.

— C’est quoi, ça, un paquet voleur ?

— C’est un paquet d’argent dissimulant au milieu une boite métallique. Au bout de quelques secondes, la boite s’enflamme et brule tout… même le voleur. Ça fait de la grosse boucane rouge ou verte.

« Donc, cette fois-là, le paquet voleur prend feu dans mon sac. Je pense à mes grenades et je me dis que je vais sauter ! Mais non, je réussis quand même mon coup, sauf que ma seringue de 3 cc, elle, avait brulé… Là, je me disais que, quand je voudrais me suicider, il manquerait juste cette petite dose-là pour être certain d’y rester.

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Photo : Jeffrey Déragon

« Je rencontre une autre gang qui prépare un [braquage de] blindé. Cette fois-là, on me dit qu’il faudra tuer les gardes. Là, j’étais rendu loin. Je n’avais jamais tué personne ; j’avais eu de la chance.

« On décide de faire une banque la semaine précédente, question d’avoir de l’argent pour préparer le coup. Le vol tourne mal. Je prends un client en otage, mais ça ne fonctionne pas. On repart. Frustré, je décide de faire un hold-upette en après-midi avec Bill et un chauffeur. Je suis enragé d’avoir manqué le coup du matin. »

Dog Day Afternoon

Pierre et Bill feront comme d’habitude : braquer la banque et s’enfuir à vélo avec le butin jusqu’à la voiture et son chauffeur stationnée plus loin. Mais — contrairement à ce qu’on voit dans les films — rien ne se passe comme prévu : « J’entre, j’attends pour voir s’il y a un gardien, mais non. Je ne filais pas pour niaiser ; j’étais vraiment fâché. Je prends une femme qui attendait là, et en sortant mon gun, je crie : “L’argent sur le comptoir !” Le directeur me regardait en me faisant un sourire. Je lui tire une balle à côté de la tête. Je crie : “Tu te dépêches !” »

Un passant avait entendu le coup et avertit la police. « On arrivait à la voiture sur nos vélos. Bill me crie qu’il y a un policier en arrière. Je pense qu’il joke, mais j’en vois un juste devant ! Pour protéger notre chauffeur, on n’entre pas dans la voiture, on continue, et on entre dans la première maison qu’on voit. Une vieille dame arrive ; je la menotte en criant à Bill de prendre les otages dans la maison.

« La maison était vide ! On était fait. Je dis à Bill de se “ploguer des rouleaux de cents” pour avoir un peu d’argent en prison. Moi, j’en voulais pas, je savais que je n’irais pas en d’dans, que ça finirait là. »

Au bout d’une heure, la maison est cernée, les rues bloquées. Le téléphone sonne : c’est la radio, c’est CJMS ! Pierre s’adresse donc sur les ondes à la police de Montréal : « J’ai des bombes ! Si j’entends un grincement de vitre, je fais tout sauter avec mes otages ! »

« Je voulais dealer la peine de Bill avant de me tuer. Je suis sorti négocier avec l’enquêteur, grenade suicide à la main. Au bout d’une heure, l’avocat de la couronne accepte de ne donner que sept ans à Bill. Alors, je dis à l’avocat : “Quand je serai mort, Bill va sortir avec l’otage.” L’avocat me dit : “Qu’est-ce que tu fais là, Racicot ?” Je réponds : “Tu sais tout ce que j’ai fait ! Penses-tu que je vais passer le reste de ma vie en prison ?” Il me supplie : “Racicot, fais pas ça !” Je lui dis de ne pas s’occuper de moi, et j’entre à l’intérieur. Je m’en vais dans une chambre, Bill reste avec l’otage, prêt à sortir. J’ai ma seringue de 14 cc dans laquelle j’avais mis 16 cc… »

J’écoute Pierre sans dire un mot. Il ne dit plus rien lui non plus. Sa gorge est nouée. Je pense que c’est sa tentative de suicide qui le bouleverse comme ça, mais non, ce n’est pas pour ça que ses yeux sont pleins d’eau et qu’une larme se met à couler.

Ce qui le bouleverse, c’est la réponse de Dieu : « Sans le savoir, avant de me shooter, je fais une prière de repentance… Je ne savais pas comment prier… J’ai dit : “Je sais pas si t’existes, mais si t’existes, reste avec ma femme pis mes enfants… Moi, je mérite l’enfer, mais reste avec eux…”

« Là, je me suis mis à pleurer. J’ai dit : “C’est quoi ce braillage-là avant de mourir ?” Maintenant, je sais que c’était le Saint-Esprit, mais dans ce temps-là, je ne le connaissais pas ! J’ai trouvé ça drôle d’avoir une émotion comme ça. Je n’avais jamais pleuré de ma vie.

« Je prends ma seringue, qui est censée être vidée en deux coups par intraveineuse, mais je sais que je n’aurai pas le temps de faire ma deuxième shot — j’ai peur de tomber avant la shot mortelle. Alors, je fais une intramusculaire dans la cuisse, et ensuite dans la veine. »

Pierre se réveille aux soins intensifs après quatre jours de coma.

Le réveil

À son réveil, il ne comprend pas ce qu’il fait encore sur cette terre. Il délire et hallucine pendant trois jours. Il passe en cour sur son lit d’hôpital et reçoit une peine de 22 ans d’emprisonnement. De retour au « Vieux Pen », il fait encore, sans le savoir, sa prière de repentance… et se tranche la gorge.

Le lendemain, il se réveille à l’infirmerie. On l’avait sauvé juste à temps.

« J’étais enragé. J’allais faire regretter au monde entier de m’avoir laissé en vie. J’étais devenu comme les autres : une brute. »

Deux années s’écoulent. Alors qu’il planifie une autre évasion, un certain Joe, lui aussi voleur de banque, l’invite au groupe chrétien du « Pen » en lui disant qu’il est un bon gars… « Ha ! ha ! Je comprends qu’il me trouvait bon, je venais de lui vendre encore une fois du hach à crédit ! Tout d’un coup, il se met à me parler de Jésus et à prier sur moi. J’entends : “Jésus est mort à ta place sur la croix !”

« Et là, bang ! À l’instant même, j’ai cru ! Aussitôt qu’il m’a dit ça ! J’étais complètement bouleversé… Comme je ne voulais pas me mettre à pleurer devant lui, je lui ai dit d’arrêter ses niaiseries pis de s’en aller…

— Qu’est-ce qui te touchait comme ça ?

— Que Jésus… c’était vrai ! Tout était vrai ! »

Pierre est vite rentré dans sa cellule, et là, il se met à pleurer comme un enfant. Tout d’un coup, Dieu existait, et personne n’aurait pu le contredire. Il est resté là trois jours sans voir personne. «J’étais rempli de l’amour de Dieu ! Mon cœur était ouvert à Jésus ! L’Esprit Saint était en moi et je pleurais à chaudes larmes. J’étais incapable de me montrer aux autres comme ça. Je n’étais plus le même homme, et je me disais qu’on allait s’en apercevoir et venir me battre !

« Mais non ! Quand j’ai commencé à fréquenter le groupe chrétien, à suivre les enseignements bibliques et à prier, les détenus disaient que je jouais au chrétien pour avoir ma libération conditionnelle ! Ils ne me croyaient pas ! Pourtant, je n’avais jamais souri de ma vie, et là, je souriais tout le temps ! Ils venaient m’acheter de la dope et je répondais que je n’en avais pas. On ne me croyait pas !

« Je lisais la Bible et je ne comprenais pas comment ça se faisait que personne ne m’avait jamais parlé de ça ! Tout d’un coup, le temps que j’avais à faire en prison n’avait plus aucune importance ! Je savais que je passerais l’éternité avec Dieu et que les années ici n’étaient rien !

« Ma vie était totalement changée. Je savais que je devais cesser de faire le mal. Alors, je me suis dit que je ne m’évaderais plus. J’acceptais tout ! »

Le miracle

Un soir, alors qu’il priait dans sa cellule, Pierre entend une parole un peu folle : « Tu vas être libéré. » Libéré dans le sens de libéré de prison. Dans le sens concret des choses.

Comme sa libération était tout simplement impossible — on avait tout de même affaire à un criminel dangereux —, il était persuadé que c’était le Malin qui voulait le tenter, lui enlever la paix qu’il avait trouvée dans l’acceptation de sa sentence.

« C’était une émotion très forte qui m’avait pris lorsque cette parole était montée en moi. Le jour, quand je parlais de ça, on riait en me faisant comprendre qu’on ne me laisserait jamais sortir. Même mon agent de libération me disait de revenir sur terre avec mes histoires de Jésus. Alors, je me disais que c’étaient des tentations… Pourtant, le soir, seul dans ma cellule avec mon Dieu, ça revenait encore plus fort ! »

Une femme du groupe, avec qui il s’était lié d’amitié, ne voyait pas les choses de la même manière. Elle dit à Pierre qu’elle irait rencontrer personnellement l’enquêteur des vols à main armée de Montréal pour lui parler de sa conversion. Pierre refusa de la laisser faire. Elle ne l’écouta pas et se pointa là, sans rendez-vous.

« Que puis-je faire pour vous, madame ? » lui avait-il demandé.

« Bonjour ! Je suis la sœur en Jésus Christ de Pierre Racicot. Il a changé sa vie. Il l’a donnée à Jésus ! Il est transformé », avait-elle répondu candidement.

Le matin de sa comparution devant les commissaires, on pose mille-et-une questions à Pierre. Pas une seule fois il ne tente de les persuader de le laisser sortir. Il ne parle que d’une seule chose : Dieu.

« Pourquoi je n’aurais pas volé, avant, hein ? Donnez-moi une seule bonne raison ! Je ne croyais pas en Dieu ! La seule raison pour laquelle je ne vole plus, c’est parce que je crois en Dieu. J’ai trouvé la paix en Jésus !

« Je leur disais que je m’en fichais maintenant d’être en prison pour le reste de ma vie, parce que je croyais en Dieu. Que tout ce qu’il y avait, c’était que j’étais admissible à une libération conditionnelle et que, s’ils voulaient me laisser sortir, ils pouvaient le faire. Moi, ma vie de criminel, c’était fini !

« L’enquêteur des vols à main armée avoua qu’il n’avait pas d’objection. Il s’était fait dire que ma foi était vraie et il était venu vérifier. Il y croyait. Après 30 minutes de délibération, ils ont dit… »

Pierre ne parle plus, encore une fois. Ses yeux brillent encore plus fort. Il prend une grande respiration et, avec son doux sourire, il dicte les paroles qu’il a apprises, on dirait, par cœur :

« D’après votre dossier, Pierre Racicot, vous êtes un criminel irrécupérable. Vous avez eu toutes les chances possibles et imaginables dans votre vie. Cependant, à cause de votre foi, on vous laisse une dernière chance dans la société. »

* * *

Il est transféré à la prison de Cowansville. À son arrivée, ils étaient deux chrétiens parmi les détenus. Quelques semaines plus tard, à sa sortie pour la maison de transition, il en laisse 18 derrière lui.

Sa vie de chrétien libre a été un combat de chaque instant. Souvent, il a dû repousser la tentation du vol de banque. Ce qui le tenait, c’était l’évangélisation auprès des jeunes avec le groupe Prévention Action Jeunesse. Aujourd’hui, il anime un petit café chrétien au sous-sol de la paroisse Saint-Bonaventure, rue Saint-Zotique à Montréal. Il est aussi l’homme à tout faire.

Pendant cet après-midi que j’ai passé à ses côtés, Pierre n’a jamais pleuré sur lui-même ou sur son passé de misère. Il n’a pleuré que sur ce qu’il y a de plus beau en lui, l’amour de Dieu pour le bandit repenti.


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* Le pénitencier Saint-Vincent-de-Paul est un pénitencier fédéral ouvert en 1873. Fermé en 1989, il est désigné lieu historique national du Canada le 23 février 1990.

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